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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 22:25

Kerry Hudson : La couleur de l’eau (****)

Ça ressemble à une banale histoire d’amours entre 2 écorchés de la vie, sur fond de prostitution venue de l’Est et de misère sociale dans les quartiers Anglais.

Ce roman se révèle un petit bijou. Rien n’efface, rien n‘élude les difficultés de la vie, mais la magie de ce roman réside dans la délicate description de 2 êtres qui vont s’épauler, s’apprivoiser ; à travers l’autre, chacun va apprendre à grandir, à s’accepter tel qu’il est, voire à se pardonner.

Une écriture subtile, précise et très délicate, qui décrit tout aussi bien les malentendus, la complicité, les mots qui font mal sans le faire exprès, et gâchent inéluctablement la magie d’un instant.

Ça paraît simple et idiot dit comme ça, mais comment dire… j’ai adoré.

Une histoire difficile, mais des couleurs pâles qui s’irisent progressivement, vers la lumière.

Anna Hope : Le chagrin des vivants (****)

1920. Londres. La destinée de 3 femmes, durant les 3 jours qui précèdent la cérémonie d’hommage national au Soldat inconnu britannique.

Même si rien ne les relie en dehors de l’époque, ce livre m’est apparu comme un écho au roman de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut ». En effet, on est aussi ici dans les mois qui suivent la Grande Guerre, une société en lambeaux, qui a perdu beaucoup de ses pères et de ses fils, doit reprendre une vie en temps de paix. Là aussi, on voit la désorganisation nationale, une économie à redémarrer, des destins et des familles brisés. Une différence majeure : ces hommes sont partis se battre et ont trouvé la mort de l’autre coté de la mer, sur le continent européen, loin des leurs. Pour une guerre du coup, plus lointaine, moins concrètement vécue par les civils.

Ces femmes, que le destin a, d'une façon ou d'une autre, brisées, sont à la fois fortes, mais aussi et comme toujours, fragilisées, par le regard et la place que la société leur laisse.

Au fur et à mesure que leur histoire se dévoile, les liens sont délicatement instillés, pour que le roman devienne choral, chacune de ces femmes étant présente, de près ou de loin pendant la cérémonie nationale.

C’est prenant, poignant, émouvant, romantique, désespéré.

Une écriture ciselée, des histoires bouleversantes.

A lire absolument, notamment par les amateurs de… romanesque.

Astrid Eliard : Danser (***)

Chine, Delphine et Stéphane, ont 13 ans, et en cette rentrée, ils entrent à l’école de danse de l’Opéra de Paris.

Que ceux qui ne sont pas intéressés par la danse classique et la discipline de l’Opéra ne détournent pas leur chemin. Si la danse est bien un personnage à part entière du roman, c’est comme un objet de passion, d’espoir, de frustration, de jalousie…

Cette histoire est ainsi et avant tout, d’une évocation juste et poignante de l’âge adolescent avec ses espoirs, ses attentes, ses doutes, ses relations ambivalentes aux parents, aux adultes, la recherche de soi, de son identité, notamment avec et au travers des autres.

Ce roman est tendre et effarouché, comme le sont les ados, et il nous apprivoise très vite.

Une histoire brève, finalement aussi quotidienne, logique et surprenante que peut l’être parfois la vie.

La trilogie d’Olivier Norek :
Code 93 (***), Territoires (***) et Surtensions (**)

Olivier Norek est, dans la vie, inspecteur de police en Seine St Denis. Il est devenu la nouvelle coqueluche des médias parisiens, grâce à cette trilogie, débutée en 2013 et finalisée avec la sortie du 3ème opus en 2016, retraçant les aventures du Commissaire Coste et de son équipe.

Je me suis plongée avec appétit dans ses livres et n’ai pas été déçue.

C’est prenant, noir glauque à souhait, mais il est sûr que ça respire le quotidien des équipes de police dans les quartiers, dont certains secteurs sont devenus sinon des ghettos, du moins des zones où le droit, la politique et la justice se jouent avec des règles à part.

Si les 3 romans m’ont tenue en haleine, j’ai une petit préférence pour le 2ème volume (Territoires), qui est peut être (un tout petit peu) moins violent, et met en scène une Mairesse et des compromissions bien proches de ce que j’ai pu croiser dans la vraie vie.

Ames sensibles accrochez-vous, la banlieue hors des caricatures, des a priori, et de la bien pensance, ça secoue !

Binh

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Published by Nénettes-on-net
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commentaires

Eveline 22/10/2016 10:39

Avec "le chagrin des vivants", j'ai découvert un pan de l'Histoire de la guerre 14/18. J'ignorais également le lourd tribu payé par nos alliés anglais ... De l'Histoire à travers l'histoire de trois femmes touchantes et émouvantes, un pur plaisir que ce roman !

Inès 30/09/2016 13:06

Des quatre auteurs présentés, j'en ai lus deux et je les ai beaucoup aimés. Kerry Hudson pour les mêmes raisons que Binh et pour avoir dévoré "Tony Hogan ..." après la critique ici d'Eveline, j'ai vu son talent confirmé.
Quant au "Chagrin des vivants" j'ai beaucoup appris sur l'impact de la Première Guerre Mondiale dans un autre pays que la France (ce que j'ignorais c'est à quel point l'Angleterre elle aussi en était sortie exsangue, marquée, ...) et au travers de destinées féminines ce qui a accru mon plaisir de lectrice. Inès

Eveline 28/09/2016 20:45

Après "Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman", je n'ai pas été déçue de "La couleur de l'eau" ! Kerry Hudson a pour moi cette faculté d'écrire sur la misère humaine et d'en faire une belle histoire. Il n'y a pas plus de concessions dans ses descriptions sociales, culturelles, ... mais il y a de l'amour. Comme j'ai vibré avec Janie et sa maman, j'ai suivi Dave et Alena !