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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:24

Une oeuvre importante à découvrir et à offrir! mario-vargas-llosa-tante-julia-scribouillard--L-1.jpg

Dernier Prix Nobel de littérature, Mario Vargas Llosa écrivit en 1977 cette curiosité intitulée : La tante Julia et le scribouillard. Outre l’atmosphère propre à la littérature latino-américaine (magique !!!), il s’agit d’une curiosité, tout d’abord, en ce qui concerne la construction de l’oeuvre.

 Des chapitres autobiographiques alternent avec d’autres chapitres totalement fictifs pour former un récit  à la fois perturbant et réjouissant  donc vivifiant pour l’esprit. On se dit, au bout de quelques chapitres, que la vie de « Varguitas » est un vrai roman et plus précisément un roman de formation digne du XIX siècle. C’est l’histoire d’un jeune homme de 18 ans qui tombe amoureux d’une femme de 32, la Tante Julia (aïe !). Cette  dernière l’aidera à procéder à ce difficile passage à l’âge adulte ! Par amour il devra se battre contre la société entière (passages d’anthologie bien plus savoureux que chez Balzac, Flaubert, Stendhal et autre Goëthe).

Quant aux chapitres consacrés à la fiction, chacun raconte une histoire à part entière, laissée en suspend sur une série d’interrogations. Elles invitent le lecteur à l’extrapolation. C’est dans ces possibles narratifs que l’exercice de style devient jubilatoire. On comprend très vite que les histoires en question sont la production  d’une autre personne clé dans la vie de Vargas : le Scribouillard (figure du mentor ?), écrivain ascétique qui ne vit que pour créer des personnages. Mais une telle production n’est pas sans risque et, à un moment donné du récit, le « scribouillard » devient fou.

Qu’advient-il des personnages à votre avis ?

Isabelle

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 18:12

Un récit d'une intensité prenante, un personnage de femme hors du commun...Ron-Rash-Serena.jpg

 

 

Aux abords du XIXème, un couple d'exploitants forestiers américain, amoureux et sans état d'âme,  bâtit son empire, se confronte à la nature,  aux hommes qu'il emploie (et exploite), ainsi qu'à la société politique et sociale moderne en développement..

 

C'est un roman original, âpre, passionnant. 

 

On y apprend des tas de choses : sur la société américaine de l'époque, sur l'exploitation forestière primaire et brute (on est loin de l'écologie et des principes d'écosystèmes!!!) et les droits sociaux du travail...

 

C'est également une histoire humaine, celle d'un couple qui s'aime et qui est prêt à tout pour réussir, celle de quelques personnages haut en couleurs qui les entourent (le shérif, la fille de cuisine, le contremaître dévoué....).

Mais c'est aussi et surtout le portrait de Serena, une femme hors du commun, égoïste, forte, intelligente, cruelle et moderne pour son époque.

 

L'écriture est tout simplement magnifique, avec des passages d'un lyrisme et d'une force rare : la vie misérable,  les affres puis la fuite de la fille de cuisine et de son fils, le dressage d'un aigle, l'évocation du rapport des hommes à la nature,  sont autant de moments où l'on reste littéralement cramponné au livre.

 

Sans temps mort, le récit nous emmène vers une fin au suspense haletant, et nous laisse abasourdi.

 

Binh

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 15:19

Sidérant, glaçant, haletant...

 

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La  jeune Zara trouve refuge dans la ferme d'une vieille femme, Allide, dans l'Estonie des années 1990, alors que l'Union soviétique s'effondre.

Au travers de l'histoire de chacune de ses 2 femmes, un lien indéfectible issu d'un lourd secret de famille, va se révéler.

 

C'est un roman annoncé comme un chef d'oeuvre et il est sûr qu'il ne peut laisser indifférent.

 

C'est, tout d'abord, un récit au suspense haletant, lié à l'histoire en elle-même (ce qui relie les 2 protagonistes, ce qui leur est arrivé, ce qui va se passer...) qui s'appuie sur une construction narrative  parfaitement orchestrée au travers d'allers-retours entre le présent (les 2 femmes dans la ferme) et le passé (ce qui est arrivé à chacune d'entre elles).

 

Ensuite, l'intérêt repose sur  un roman foisonnant, et il est possible que chacun y trouve des thèmes qui l'intéresseront. Parmi tous les thèmes abordés : le bloc de l'Est et ses incroyables histoires nationales et internationales (le communisme, les purges, et ses incidences sur le quotidien des peuples), le trafic d'êtres humains et la prostitution, l'amour passionnel et la jalousie...

Pour ma part, j'en retiendrais une évocation implacable de la violence faite aux femmes, dans notre dur monde (eh oui, on ne se refait pas)....que ce soit en temps de conflit ou en temps de paix,  les femmes, se retrouvent parfois à la merci d'hommes qui exercent alors sur elles un pouvoir sans faille, s'appuyant sur une violence psychologique et physique qui annihile toute volonté, ou détruit jusqu'à la personnalité de leurs victimes.

Le roman décrit avec une précision glaçante plusieurs situations et notamment celles des tortures infligées aux femmes au moment des purges communistes, et celle de la prostitution des femmes de l'Est. On assiste à la fois à l'avilissement de ces femmes, mais aussi aux conséquences de ce qui leur arrive sur la suite de leur existence : une panique intérieure permanente, la quasi perte d'humanité, l'oubli des autres, et de soi-même.

 

Ajoutons que c'est un roman finlandais, ce qui assez rare pour le souligner et y ajouter une élément de curiosité, sur ce qui se passe de ce côté-là de l'Europe, et que le roman est très très bien écrit (et traduit apparemment).

 

C'est un livre qu'il est difficile de lâcher en cours de route, même si la complexité de l'histoire et la violence et la dureté de certains passages appellent des pauses salutaires pour reprendre ses esprits.

Lu quasiment en une traite, ce livre continue de me hanter, quelques jours après en avoir lu les dernières pages.

 

 

Binh

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 18:31

Succès populaire ô combien mérité ! couv42857339-copie-2.jpg

C'est un roman à deux voix dont les narratrices ne sont pas ce qu'elles donnent à voir aux autres. La première Madame Michel, 54 ans, concierge dans un immeuble bourgeois et Paloma, 12 ans, vivant dans un de ses vastes appartements. Quand Renée Michel mijote des plats conformes aux fumets censés envahir la cage d'escalier avec TF1 en fond sonore, c'est pour tromper le monde et nourrir son chat  Léon (comme Tolstoi !) Quant à la jeune collégienne, elle dissimule son intelligence brillante aussi bien que la concierge autodidacte, son amour du cinéma japonais qu'elle regarde sur un deuxième poste en secret.

 

Ces deux personnages qui, en apparence, n'avaient aucune raison de faire connaissance vont grâce à l'arrivée d'un japonais plus ouvert et perspicace que les autres habitants du 7 rue de Grenelle se révéler et revenir à la vie.

 

C'est une histoire touchante sur l'amitié. Une histoire qui se lit facilement mais qui sait être profonde quant  aux fêlures de ses personnages auxquels on s'attache énormément.

 

Sortie cette année en poche chez Folio, je le conseille aux lectrices qui aiment les romans sensibles et l'ai offert à mes amies après l'avoir lu.

 

Eveline

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 13:27

Un livre coup de poing qui vous agrippe dès les premières pages, pour ne plus vous lâcher.

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Un père en pleine crise de vie,  et son fils adolescent  qu'il connaît peu, partent vivre une année dans une cabane isolée au Sud de l'Alaska. Ils devront subvenir à leurs besoins seuls et chasser pour vivre. Mais très vite, l'isolement, la rigueur de la vie en pleine nature et les défaillances du père vont rendre la vie quotidienne plus difficile que prévu.

 

Le décor est planté en moins d'un chapitre. La première partie est racontée du point de vue du jeune fils, la deuxième de celui du père. Le style est précis, tranchant, et le tout est incroyablement imagé et crédible à la fois.

 

On a souvent parlé, pour ce livre, d'un "Into the wild" pour un père et son fils. Pourquoi pas?

 

Mais il s'agit avant tout et surtout d'une incroyable aventure, en pleine nature, et aux tréfonds des mystères de l'âme humaine.

Les rigueurs de la nature sont rapidement supplantées par les méandres incontrôlables et imprévisibles de ce drôle de père.

 

J'ai lu ce livre d'une traite, et ne l'ai lâché qu'au bout de la nuit, horrifiée et exténuée. J'ai même dû en relire certaines parties le lendemain, pour en redécouvrir d'autres facettes.

 

C'est une histoire dure, édifiante, maléfique, parfois malsaine, très triste et regrettable. 

Un roman que je ne suis pas prête d'oublier, et que je vous conseille vivement!

 

Entre polar, roman naturaliste et drame psychologique, ce roman écrit par un jeune Américain, a reçu des critiques très élogieuses de par le monde, puis le Prix Médicis étranger en France.

 

Binh

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 21:11

Le Goncourt (avec dix ans de retard) et alors? 9782081246331.jpg

 

Il importe peu, finalement, que Houellebecq ait obtenu le Goncourt pour son dernier opus.

Une fois n'est pas coutume, la critique avait fait son travail  en reconnaissant à cet écrivain les qualités qui ont toujours été les siennes dès sa sortie.

Certes, ces dernières avaient, semble-t-il, disparu avec La possibilité d'une île (2005) sans parler de la lamentable "non promotion" qui entoura la sortie dudit roman. Mais tout le monde a le droit de merder sévèrement au moins une fois.

Histoire ancienne donc et nous retrouvons un auteur cette fois, à en croire les chiffres, qui a été lu. A-t-il été compris, c'est un autre problème...

 

Pour reprendre une expression de Houellebecq lui même ses personnages "traversent une vie à laquelle ils n'adhèrent pas vraiment", Jed Martin et Houellebecq (personnage) sont un nouvel aspect de cet archétype élaboré dès Extension du domaine de la lutte en 1994.

Alors quoi de nouveau? Pas grand chose fondamentalement du point de vue de la forme: la structure du roman est assez proche de celle des précédents.

Sur le fond, l'auteur poursuit son observation du non sens qui caractérise, à bien des égards, notre époque avec moins de cynisme peut-être? Cette observation est pointue même si le regard est désabusé car Houellebecq est un homme cultivé pour ne pas dire érudit (il n'aime pas beaucoup l'hyperbole).

C'est ce regard que l'on retrouve dans le titre de l'ouvrage: "La carte est plus intéressante que le territoire" parce que le point de vue est omniscient et permet d'observer ,grâce aux images satellites ,que "le libéralisme redessine la géographie du monde en fonction des attentes de la clientèle".

Il est intéressant de penser à lui comme à un ethnographe du XXI siècle voire un visionnaire!

Les derniers mots du roman sont: "Le triomphe de la végétation est total"... à méditer!

 

Isabelle



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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 11:22

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Une analyse psychologique précise et passionnante de la genèse de l'attentat du Petit Clamart, dans le contexte de la fin de la Guerre d'Algérie

 

Fan de la première heure d'Alice Ferney, j'avoue avoir peu accroché à sa phase "analyse des relations de couples et de famille", qui m'avait peu passionnée, c'est le moins que l'on puisse dire.

 

Ce nouveau roman semble annoncer un nouveau volet dans l'oeuvre littéraire d'Alice Ferney, qui nous propose ici son interprétation et son analyse de ce qui a pu amener  un (des) hauts cadre de la hiérarchie militaire à se retourner contre De Gaulle, pourtant leur héros.

 

Ce court récit propose ainsi une analyse psychologique de 2 des principaux intéressés, dans ce moment crucial de l'histoire de France que fut le dénouement de la guerre d'indépendance de l'Algérie, et qui s'est soldée par l'attentat raté du Petit Clamart :

- d'un côté un chef charismatique, qui, à la sortie de la "traversée du désert" est rappelé pour gérer la sortie du conflit, et va s'y atteler en mettant dans la bataille, à partir de son analyse réaliste de la situation et de sa lecture de l'histoire moderne, toute sa force de conviction, son sens de la politique et son aura. 

- de l'autre, un haut cadre du Ministère, fils de résistant, qui passe de l'admiration sans borne à la haine pour ce qu'il considère comme une pure trahison. A travers lui, c'est le regard de milliers de militaires combattant sur place, qui ont pu se sentir abandonnés ou trahis, et qui ont été amenés à abandonner à leur tour ceux qui leur avaient fait confiance.

Ce roman décortique les méandres de la pensée, qui poussèrent cet homme à placer la Patrie au-delà se sa propre vie et de son amour pour sa famille.


Il  analyse très concrètement le malentendu, plus ou moins entretenu par le pouvoir,qui est parti de cette fameuse phrase : "Je vous ai compris ! " : en effet, chacun pouvant interpréter à sa guise cette déclaration, selon sa situation personnelle et ses attentes... pouvait-on à la fois satisfaire les Algériens indépendantistes, les pro-français, les colons, les Français de métropole???

 

Il montre enfin,dans son dénouement, comment aurait été traité le procès et la fin de cet événement, à la limite de l'absence totale de justice tout de même.

 

Le style d'Alice Ferney est toujours aussi lyrique et précis ; le début du roman, propose notamment quelques pages magnifiques sur la place de l'individualité (le soldat, ses petites victoires ou trahisons, son quotidien), au sein d'un conflit dans son ensemble.

 

Un roman qui se lit assez vite, et qui éclaire un passage relativement méconnu de notre histoire récente,en proposant un un angle "psychologique" original, et qui nous change des analyses historiques plus classiques et plus consensuelles.

Très intéressant.

 

Binh

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 11:29

Violence, haines et relations sociales au coeur d'une cité d'Ile de France... Un2020682710.jpg polar réaliste, glaçant et désespérant

 

Une jeune professeure de français entame sa première année d'enseignement au coeur d'un collège de la banlieue parisienne, ni plus protégé, ni plus désintégré qu'un autre. Elle va être rapidement confrontée à la dure réalité de la vie au coeur de cette cité, et à la difficulté d'enseigner dans un tel contexte. En parallèle  à la vie du collège, nous croisons la destinée de 3 jeunes de la cité, dont l'un, plutôt doué pour l'école est confronté à une terrible erreur médicale qui va faire basculer sa vie.
Nous croisons également les trafiquants qui oeuvrent au sein des quartiers, des groupes islamistes en action, ainsi que le travail souterrain de la police.

 

Ce livre de Thierry Jonquet (récemment décédé) a été écrit à la suite des émeutes de 2005.... et avant l'affaire Ilan Halimi.

 

Il décrit avec un réalisme terrifiant l'ambiance délétère qui règne au sein de certaines cités,  avec ses désespérances, ses injustices, ses violences, ses manipulations, ses espoirs et ses engagements peu récompensés, et, au final, le quotidien noir noir noir des habitants lambda.

 

La violence est  physique, mais aussi psychologique. Et il y a très peu de place pour l'espoir.

 

Ce livre vous prend les tripes, et illustre tout le désespoir de la situation actuelle en France, de l'abandon de certaines zones par l'Etat, du fossé qui se creuse ineluctablement, et d'une génération peut-être perdue.

 

Le titre du livre s'appuie sur cet extrait de Victor Hugo (qui parlait à l'époque de la désespérance des communards en 1871) qui m'émeut et me terrifie en même temps. Je ne peux m'empêcher de vous le recopier en entier :

 

Etant les ignorants, ils sont les incléments
Hélas combien de temps faudra-t-il vous redire
A vous tous que c’est à vous de les conduire
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité
Que votre aveuglement produit leur cécité !
D’une tutelle avare, on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin.
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe,
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte.
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.

  Comment peut-il penser, celui qui ne peut vivre ?

 Victor Hugo - 1871

 

 

Voilà, en résumé, un livre passionnant, prenant, pessimiste, mais jamais pleurnichard, qui vaut vraiment le coup.

 

Binh

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Published by Nénettes-on-net - dans roman policier
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 22:33

Une saga familiale dont on n'est pas près d'oublier les personnagesprince.jpg

 

Tom vient au chevet de sa soeur suicidaire. Il évoque au long d'entretiens avec la psychiatre qui la suit, l'enfance de leur fratrie. Au travers de ceux-ci, il va finalement se sauver autant qu'il tente d'aider sa soeur.

 

Un livre contrasté entre l'évocation poétique d'une enfance se déroulant dans une île paradisiaque de Caroline du sud et d'un quotidien aux relations familiales âpres et violentes qui scelleront une union indéfectible entre Luke, le frère aîné,Tom et Savannah, les jumeaux.

 

Prises par la découverte des événements qui ont brisé la destinée des personnages, 3 nénettes ont adoré ! 

C'est une lecture qui ne laisse pas indemme. La justesse et la précision des descriptions peut même devenir insupportable. La violence, présente tout au long du livre, est autant physique que psychologique.

 

Il y a du John Irving dans les méandres de cette l'histoire à la galerie de personnages secondaires haut en couleurs voire loufoques pour certains. C'est un roman riche à bien des égards notamment pour sa vision d'une Amérique aux clivages sociaux bien ancrés.

 

Certaines vous conseilleront  d'être un tant soit peu disponible pour vous y jeter corps et âme. Et, ne vous laissez pas rebuter par sa longueur plus que respectable (1000 pages dans la version poche) car le Prince des marées est un véritable trésor qui habitera longtemps votre imaginaire. 

 

 

Les Nénettes

 

Le pardon puisqu'il le faut...

 

Un livre éblouissant, dont la longueur ne permettrait aucune faille stylistique; une galerie de personnages atypiques, souvent violents et monstueusement intéressants; des lieux mythiques: Pat Conroy est le digne héritier des écrivains du Sud et aurait plu à Zola!

 

Deux îles: Melrose, Caroline du Sud et Manhattan, New-York. Cette dernière était appelée Sodome et Gomorrhe par John Lennon. A contrario, chez Pat Conroy il s'agira du lieu de la rédemption.

Deux époques: l'après guerre pour l'enfance et la fin des années 80 pour l'affronter, enfin. Ces lieux et ces époques ont un intérêt particulier car ils permettent à l'auteur de situer le noeud du problème dans un espace-temps où peu de choses ont évolué depuis des siècles: le Sud profond et de situer sa résolution à New-York à une époque de "transition intellectuelle". Les personnages principaux: Tom et Savannah Wingo sont d'ailleurs des artistes.

Savannah, poétesse new-yorkaise d'adoption, vient pour la énième fois de faire une tentative de suicide et sa psychiatre, Susan Lowenstein, consciente des limites du traitement, fait appel à son jumeau,Tom, pour l'aider à explorer par "psyché interposée" un passé terrifiant. S'en suivront de nombreux allers et retours entre ce passé et le présent. On découvre  alors dans le récit de Tom l'aîné de la fratrie, Luke (le prince des marées), décédé quelques années auparavant parce que sacrifié à la cause d'une mère "anthropophage", dont seules la cupidité et l'ambition sociale lui ont permis de survivre à ses enfants!

L'instinct de conservation, somme toute très classiquement masculin, a permis à Tom d'enfouir un drame au plus profond de lui pour ne pas avoir à l'affronter et continuer à vivre avec, fondant famille etc... Mais le passé est la seule chose réelle que nous possédions et si nous ne pouvons le chérir, nous n'existons qu'avec difficulté.

A la charge de Tom de mener une véritable quête introspective pour sauver cette soeur qu'il aime tant, redevenir un mari et  un père (de trois filles!) concerné et pardonner: faculté sans laquelle nous ne pouvons être totalement humains.

 

Isabelle


 

 


 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 12:25

 

"Mais il n'y a pas d'hiver

L'hiver, la mort

Juste un instant

Entre l'automne et le printemps"

 

9782243044577En ce mois de novembre propice à la mélancolie, je trouve dans la poésie un réconfort certain. Alors, j'ai eu l'envie de partager avec vous le bel univers d'un poète que j'ai eu la chance de rencontrer et d'écouter lire des textes d'Il n'y a pas d'hiver. Lui qui dit avoir connu trois vies, que la maladie et ses souffrances "ont fait poète" offre une vision du monde qui tend au delà de l'horizon à s'unir au spirituel.

 

Robert Notenboom rime pour moi avec élégance et délicatesse. Ce recueil chante les fleurs et les oiseaux, la vie et  la mort, l'amour et la sensualité, les faiblesses du corps et  la force de l'âme par touches sensibles. Ses mots limpides parlent au coeur et j'ai choisi un poème que j'aime particulièrement pour vous le présenter : "Je pose mon regard sur ton front"

 

   

Je pose mon regard sur ton front

Sans rien vouloir

Restant au seuil de ton âme

 

Laissant tes yeux libres

D'aller, de venir

De vivre

 

Je ne veux rien de toi que tu ne me donnes

 

Mon regard n'agit pas

Il se laisse pénétrer

Il te reçoit

 

Et j'écoute sans parler

Ce que me dit ton coeur dans le silence

 

 

On peut se procurer ses poèmes Librairie-Galerie Racine à Paris, à la FNAC et auprès de lui  (je me ferai une joie d'être votre messagère si vous ne les trouvez pas dans des rayons manquant de choix.)  Vivre de la poésie dans une société de profit et de consommation ne doit pas être aisé, pourtant la poésie est un Art majeur qui aide à mieux vivre !

Et pour finir sur ce qui est essentiel quand on aime les mots, la poésie unit les hommes et enrichit la vie. Delphine nous avait fait part ici de la douceur de la lire le soir.

Dans mon cas, elle m'a offert une amitié précieuse. J'espère que je vous aurais donné envie d'en lire.

 

Inès-Marie

 

 

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Published by Nénettes-on-net - dans recueil de poèmes
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