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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 11:38
Syngué sabour (Pierre de patience)*** de Atiq Rahimi

Dans la mythologie perse, la "syngue sabour" est une pierre magique à qui l'on confie tous ses secrets les plus profonds (et les plus inavouables). La pierre absorbe comme une éponge jusqu'à ce qu'elle éclate, et, ce jour là, on est délivré.

Une femme, un homme (appelés la femme et l'homme), dans un pays islamiste, en guerre.

L'homme est un combattant du Djihad, blessé grièvement, réduit à un état végétatif, ne pouvant ni bouger, ni se nourrir, encore moins parler ou répondre.

La femme est son épouse, changeant la perfusion, tenant les enfants à l'écart, priant en égrenant son chapelet, suivant les conseils du Mollah.

Et puis la fatigue, le manque de tout, les tirs qui se rapprochent, la peur, ce face à face avec l'homme, fait que la femme tout doucement se rapproche de la folie et "utilise" son époux comme d'une "syngue sabour" au mépris de toute retenue et de toute prudence.

Un huis-clos terrible, un récit rythmé, mêlant phrases courtes et monologues, la place de la Femme dans ces pays régis par des lois faites par des hommes, pour les hommes.

Atiq Rahimi a réalisé un film éponyme de son livre en 2013.

Eveline

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 17:43

Une fascinante galerie de personnages, plongés dans la vie citadine et moderne d’aujourd’hui

Autour de la chute de Vernon, un ancien disquaire parisien qui lâche prise, tous ceux qui ont pu le côtoyer depuis sa jeunesse se retrouvent un à un, puis ensemble, face à leurs souvenirs, à la réalité du temps qui passe et confontés à ce qu'est devenue leur existence.

Pour ceux qui, comme moi, suivent Virginie Despentes depuis quelques romans et notamment ceux qui ont apprécié l'évolution de son style, jusqu'au dernier voyage ("Apocalypse bébé" dont la critique est sur ce blog), quel plaisir de retrouver cette auteure hors norme dans ce qui pourrait s'avérer être son CHEF -D'OEUVRE.

A travers l'évocation de Vernon et de ses pairs, proches et connaissances, c'est une peinture de toute une génération qui s'esquisse. C’est un roman donc, peut-être générationnel, dans lequel on retrouve, la nostalgie des années 80/90, ainsi que le désenchantement d’aujourd’hui, peint avec une acuité assourdissante. Les années ont passé, et il faut bien l'avouer, la réalité n'est pas toujours belle à voir : lâchetés du quotidien, trahisons des idéaux de jeunesse, ex-jeunesses pimpantes aujourd’hui défraîchies …

Comme d’habitude, Virginie Despentes met les pieds dans le plat, sans souci du politiquement correct. L’islam, l’assistanat social, l’homme qui bat sa femme, le célibat et la solitude des femmes, tout y passe, avec une morve fulminante, pleine d’énergie. On peut être d’accord ou pas. Mais c’est dit, et avec quel aplomb, quelle énergie !

Ce qui m'a laissée admirative, c'est la maestria de l'auteure pour donner chair inlassablement, à chaque personnage qui entre dans la danse, sans jamais nous lasser. Ce qui fait du bien, c'est que sous la plume de Virginie Despentes, chacun existe sous plusieurs facettes, plus ou moins avouables ou attirantes. … Cette bienveillance de l’auteure sur sa troupe de personnages m’a fait du bien, parce que je ne supporte pas la désespérance cynique et morbide d’un Houellebecq ou plutôt je n’en n’ai pas envie.

Ainsi et malgré tout ce qui est souligné et dénoncé, on se rend à l’évidence ; finalement, et sans niaiserie aucune, très naturellement, on comprend ce désir, ce besoin d’être ensemble, de partager quelque chose. Parce que tout le monde n’a pas la force d’être seul.

Alors n’hésitez pas plongez dans le double volume qui se lit vraiment d’une traite (enfin 2 si on se fait une p'tite pause).

 

Binh

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 22:21
L'étoile noire**** de Michelle Maillet

Bordeaux, 1943. Une rafle. Sidonie et ses jumeaux de cinq ans sont arrêtés. Ils sont français, mais noirs, ils vont être déportés.

Commence le long voyage dans les wagons à bestiaux, dans la promiscuité, le manque d'hygiène, la chaleur et la peur vers Auschwitz. Dès leur arrivée, Désiré, son fils, est emmené seul chez les hommes tandis que sa fille Nicaise meurt rapidement. Sidonie est ensuite déportée à Ravensbrück.

Dans cet univers de folie, de privations et de mort et alors qu'elle a tout perdu, elle "s'évade" dans son pays la Martinique pour y retrouver ses couleurs, ses odeurs et sa douceur d'y vivre. Elle, qui n'a jamais eu à souffrir de sa couleur de peau, elle dont les ancêtres africains ont été esclaves, lutte contre cette ignominie en invoquant un dieu qu'elle se crée, Agénor. Privée de tout, avilie, on ne pourra pas lui enlever ses souvenirs. Il y a aussi Suzanne la compagne rencontrée dans le premier convoi, qui sait, elle.

Ce roman bouleversant, le premier de M. Maillet, n'est pas un livre de plus sur la déportation, il traite de la déportation des noirs. Avant tout c'est l'histoire d'une femme, Sidonie, touchante, tolérante, aimante, à terre mais pas résignée.

"Je veux bien mourir. Mais je ne veux pas aller au néant, à l'inexistence, au rien, au grand rien. La terre a porté mes pas. Elle n'est pas comme si je n'avais jamais existé. ( ...) Je veux dire à mes enfants, aux enfants de mes petits-enfants, qu'il est toujours possible d'être libre. Dire non aux hommes, et oui au dieu que l'on s'est choisi."

Eveline

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 20:42
Autour d'un auteur : Rachid Boudjedra
Autour d'un auteur : Rachid Boudjedra

Les funérailles*

En 1995 : Sarah, de la brigade anti-terroriste d'Alger, et Salim de la brigade scientifique luttent ensemble contre la violence et la barbarie de fanatiques extrémistes. Une histoire d'amour naîtra entre ces deux personnages, avec pour toile de fond des crimes particulièrement odieux (dont on ne nous épargne aucun détail) qui n'épargnent pas même les enfants.

Malgré un roman bien écrit, je n'ai pas accroché avec cette histoire et les invraisemblances, principalement avec le comportement de Sarah, qui malgré son poste, n'a aucun recul et s'identifie à ces victimes, allant jusqu'à conserver à titre personnel des traces macabres des meurtres (dont je vous épargne les détails ici). Le personnage de Salim serait plus attachant, lui qui communique ses états d'âme par écrit.

Je ne suis pas suffisamment rentrée dans ce roman pour y être sensible ?

La vie à l'endroit

Alger, mai 1995, les supporters du club de football fêtent la victoire de leurs joueurs en bravant le couvre-feu en vigueur. A leur tête, Yamaha, un "nain hideux en guenilles", un peu le bouffon du roi et qui sera assassiné, coupable d'apporter trop de gaieté au peuple algérois. Tout est observé du haut du balcon de Rac, intellectuel engagé et obligé de vivre reclus. Il a été marié à Flo, une médecin française, et l'ancien couple a encore de la tendresse l'un pour l'autre.

J'avoue que je n'ai pas fini ce roman, vraiment trop compliqué et "alambiqué" pour moi.

Une déception, moi qui voulais entrer dans l'univers de R. Boudjedra.

Eveline

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 17:34
A Suspicious River ** de Laura Kasischke

Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Elle est belle, intelligente, ...et se prostitue pendant son service. Elle vend son corps à des hommes de passage, brutaux parfois (des représentants de commerce qui se "recommandent" entre eux le motel), sans passion, sans tristesse (comme un état de fait) ni nécessité de cet argent qu'elle conserve sans avoir de projet.

Leila vit tout ceci avec détachement, observatrice de cette descente aux enfers, à laquelle l'histoire tragique de sa mère n'est pas étrangère, comme si elle voulait se punir de ce drame. "Moi, j'étais calme, planant en permanence à trois mètres au dessus de mon corps. Peut-être qu'avec moi ce n'était pas différent qu'être tout seul. Vous pouviez être aussi rustre que vous le vouliez, après. C'était sans doute ça qui plaisait chez moi."

Victime volontaire de son autodestruction, la narratrice nous livre son histoire glauque et oppressante, dont on pressent, impuissants, le dénouement.

Le premier roman de L. Kasischke (adapté au cinéma en 2011) est violent, cru et dérangeant, et le désespoir qui s'en dégage est plus ressenti par le lecteur que par le personnage principal.

Eveline

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 09:13
Toute la lumière que nous ne pouvons voir - Anthony Doerr (****)

Une histoire superbement racontée

De 1942 et 1944, les aventures parallèles et finalement chorales d’une jeune fille aveugle refugiée à St Malo, d’un jeune orphelin Allemand enrôlé dans les jeunesses hitlériennes et d’un Nazi chasseur de diamant.

Au-delà des histoires individuelles perdues dans la grande histoire du monde, ce roman, se révèle être une belle surprise. C'est un grand roman populaire, plutôt facile à lire, et ce, grâce à un style limpide et à une narration très rythmée, découpée en chapitre très courts, alternant les aventures des héros ; il se passe toujours quelque chose !

Peu à peu la tension monte, et on finit, happé par le suspense. Les derniers chapitres se lisent d’une traite, et tous les fils se rejoignent, sans céder à la facilité. La fin est ainsi à la fois réaliste (on y croit), et presque naturelle, comme la vie.

On se rapproche notamment des 2 personnages principaux, jeunes personnes, entraînées, bien malgré elles, dans un tourbillon historique sur lequel il est si difficile de prendre prise, et surtout, de se positionner.

De très belles parenthèses agrémentent le récit : la rêverie obstinée de Frederick, l’ami de classe militaire féru d’oiseaux, les attentions ingénieuses et l’amour infini du père de Marie-Laure, qui cherche à la fois à la gâter, la protéger, et lui apprendre à se débrouiller seule, la sourde et tenace rébellion des femmes de St Malo contre l’occupant.

Ce qui intéresse également, c’est la description d’un moment historique devenu presque familier, mais avec le regard d’un non-Européen.

On ne doute pas que ce roman et cette histoire très efficace trouvent rapidement un cinéaste pour en faire une épopée hollywoodienne.

Mais pour vivre ces aventures intenses avec votre propre imaginaire, ne boudez pas votre plaisir et plongez sans hésitez …

Binh

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 12:42
 BILQISS *** de Saphia Azzeddine
Un roman féministe et tellement d’actualité !

Bilqiss est jugée en audience publique dans un pays islamique, pour être montée en haut du minaret en interprétant à sa manière l’appel à la prière.

On comprend très vite que son crime est d’être une femme forte, veuve et libre dont cette société ne sait que faire.

Alternant leurs points de vue, ce roman raconte la relation qui se créé entre Bilqiss, le juge, et une jeune journaliste américaine venue assister au procès.

Saphia Azzedine a pris le parti d’une écriture simple et vivante sans oublier l’humour.

Par la voix de son héroïne, ce roman dénonce, au travers des scènes très réussies du procès, l’absurdité d’une société où la religion est interprétée par des hommes bestiaux, incohérents et cruels. Au contraire de Bilqiss profondément croyante qui connait bien les textes sacrés du Coran et les interprète avec l’intelligence du coeur.

Quant à son visage, nous l’avons assimilé à ce portrait qui a fait le tour de monde dans les années 2000 : celui d’une très jeune femme aux yeux perses et dissimulés sous un foulard rouge.

Ce roman, résolument féministe, raconte les destinées d’autres femmes victimes des interdictions insensées, des représailles iniques. La vie dans l’intimité de leur maison peut se révéler différente de celle à l’extérieur. Quelques hommes donnent un peu d’espoir notamment ce père qui laisse ses enfants se baigner ensemble dans son patio : « Si mes fils ont chaud, mes filles ont chaud aussi. » Mais désespérante est la résignation face au châtiment qui attend Bilqiss !

Au contraire du livre qui manque parfois de subtilité, les nombreux personnages ne sont pas manichéens : le juge est un bourreau mais il a des sentiments pour Bilqiss, la femme du juge est soumise mais règne dans sa cuisine, Bilqiss est une forte tête, intelligente mais manipule ses interlocuteurs… Quant à la journaliste, pur produit de la société américaine, elle est certes pétrie de bonnes intentions mais aussi la plus ouverte et prête à comprendre les autres.

Si certains personnages nous ont indéniablement touchées comme Bilqiss dans son entièreté et son entêtement, fidèle à ce qu’elle croit, dusse-t-elle en mourir ou la première femme du juge, érudite à la destinée tragique ; en revanche, celui de la journaliste nous a paru mal amené par l’auteure, contribuant même pour certaines nénettes à brouiller le discours.

Trois d'entre nous ont tout particulèrement aimé ce livre parce qu’il donne sa voix aux femmes victimes des lois fondamentalistes. Les autres ont pu regretter son aspect trop démonstratif. Peut-être les personnages auraient-ils gagné à être creusés davantage… Aussi, il reste une légère impression de superficialité. La fin nous a également partagées.

Nous étions toutes d’accord sur les passages qui nous ont marquées: la froide mécanique du choix des pierres avant la lapidation et lors du procès, la rhétorique vive et insolente de cette femme indisciplinée (on a envie de l’applaudir). Un bon livre, court qui se lit d’une traite.

Les Nénettes

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 15:47
Chronique d'été (2)

Isabelle-Sabine a également lu...

Hypothermie et La rivière noire d'Arnaldur Indridasson, respectivement sixième et septième opus des enquêtes d'Erlendur, célèbre inspecteur islandais, avec une nette préférence pour Hypothermie. Pour en savoir plus, parcourez le site et lisez les articles de Binh concernant cet auteur ainsi que les commentaires qui les accompagnent.

La vie en mieux d'Anna Gavalda, deux histoires "Mathilde" & "Yann" pleines de bons sentiments: on ne change pas la recette, avec une très nette préférence pour "Yann"! Soirée détente assurée. A recommander à ceux qui se trouvent actuellement face à un choix amoureux compliqué...

Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela: un long chant d'amour pour l'Afrique (pas seulement RSA) et pour ses cultures et un témoignage historique & politique d'importance. Où l'on se rend compte que l'on ne sait pas grand chose sur l'Apartheid finalement... Toujours juste, jamais complaisant ni larmoyant. Magistral!

Temps glaciaires de Fred Vargas qui accompagne parfaitement les lectures d'Indridasson car l'enquête s'enracine dans un drame islandais. On retrouve ici une intrigue mieux ficelée que les deux précédentes et un commissaire Adamsberg dont on avait un peu perdu le caractère complexe qui fait son charme. Pas mal du tout!

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 15:17
L'amour aux temps du choléra****de Gabriel Garcia Marquez

Cinquante trois ans, sept mois et onze jours...

C'est le temps qu'aura mis Florentino Ariza pour conquérir définitivement Fermina Daza et la faire sienne les onze dernières nuits.

On a tout dit sur Gabriel Garcia Marquez, disparu il y a un an, et on a beaucoup qualifié ce roman d'être le pendant de Cent ans de Solitude. Certes, comme ce dernier, L'amour aux temps du choléra ne peut se soumettre au schéma narratif pas plus qu'au résumé.

Qu'écrire alors? Tout d'abord, que le style de G. Marquez n'a pas vraiment d'équivalent en littérature et que pour l'aimer, il faut aimer l'épopée.

Ensuite, qu'ici, encore plus que dans ses autres romans, l'auteur va chercher à définir l'essence même de l'amour, lui opposer le désir, lui opposer le besoin, le soumettre à l'épreuve du temps et aux vicissitudes de la multitude de personnages qui peuplent le roman. Et miracle, au fil de la lecture se dessine dans notre esprit la forme du véritable amour. On veut réellement y croire et c'est toute la magie de ce roman et de son énigmatique titre ;)

"De sorte qu'il était raisonnable de penser que la femme qu'il aimait le plus au monde, qu'il avait attendue d'un siècle à l'autre sans un soupir de désenchantement, aurait à peine le temps de le prendre par le bras au détour d'une rue parsemée de tombeaux lunaire et de parterres de coquelicots brassés par le vent, pour, de l'autre côté l'aider à atteindre sain et sauf, le trottoir de la mort."

Isabelle-Sabine

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 14:16
Ce qui reste de nos vies****de Zeruya Shalev

Un état de la "terre promise", de la famille, du couple...

Ce qui reste de nos vies est un roman polyphonique où chaque membre d'une même famille est arrivé à un moment charnière de sa vie.

Hemda, l'aïeule veuve depuis longtemps, se meurt. Alitée et inconsciente la plupart du temps, elle laisse son esprit régresser progressivement jusqu'à sa prime enfance, avant la fondation de l'état d'Israël. C'est l'époque des pionniers et des premiers kibboutz. Séparée par la collectivité, comme le veut la règle, d'une proximité maternelle, Hemda s'attache à un lac magique situé non loin de la "maison des enfants" qui sera progressivement asséché pour les besoins des plantations. Dans son immobilité de fin de vie, Hemda laisse son cerveau se remplir des eaux magiques, aujourd'hui disparues, dans lesquelles elle plonge pour retrouver les traces de son passé et par la même du passé contesté de son pays. Cette corrélation lui permet aussi de revisiter les rapports qu'elle a entretenus avec ses deux enfants aujourd'hui quadragénaires.

Avner, fils adulé, est un avocat de gauche qui défend les Bédouins et les Palestiniens (c'est la figure politique du roman). Il est piégé dans un mariage qui décline mais qu'il supporte pour l'amour de ses deux fils et...par devoir. Un jour, qu'il est au chevet d'Hemda, à l'hôpital, il croise la route d'un couple dont l'homme vit sa dernière journée. L'amour qu'il sent entre ces deux êtres sur le point de se perdre bouleverse tellement Avner qu'il comprend que le sens qu'il devra dorénavant donner à sa vie sera de retrouver la femme afin de découvrir ce qui lui a échappé toute sa vie. Commence alors sa quête.

Dina, fille incomprise, est également arrivée à l'heure des choix professionnels et familiaux: une thèse à terminer, une fille qu'elle doit laisser partir pour son épanouissement personnel, le début de la ménopause... (elle symbolise la modernité du pays). Le couple qu'elle forme avec Amos, célèbre photo-reporter, n'est pas brillant non plus et elle se persuade que l'adoption d'un enfant serait la condition au renouvellement de la source d'amour et d'énergie qui se tarit. Malheureusement Amos et leur fille lui opposent un refus catégorique. Commence alors une autre quête.

Et, pendant qu'Avner et Dina se confient leurs désillusions au chevet de leur mère, celle-ci, dont l'esprit remonte parfois à la surface des eaux du souvenir, les écoute et laisse de temps à autre, échapper une phrase fulgurante pour les aider à savoir quel chemin parcourir pour "ce qui reste de leur vie"...

Isabelle-Sabine

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