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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 10:13

Destins en miroir...http://www.livredepoche.com/sites/default/files/styles/cover_book_focus/public/media/imgArticle/LGFLIVREDEPOCHE/2013/9782253175568-T.jpg

 

Aujourd'hui dans une banlieue bourgeoise d'Helsinki une femme, Elsa, se meurt. Elle a soixante-dix, est une pédopsychiatre renommée, mariée à un peintre qui, lui aussi, a marqué sa génération au delà des frontières finlandaises.  Ils ont une fille chirurgienne, elle même mère et femme comblée. Beau tableau, que Martii le patriarche n'a jamais pu peindre et pour cause... Sous ce brillant vernis se cache un secret de famille pesant, comme c'est souvent le cas!

Au soir de sa vie, Elsa sait que sa petite fille Anna revient de loin, elle qu'il lui faut, dans l'empressement des choses qui doivent être faites avant de dire adieu, lui donner la clé qui lui manque pour essayer de s'abandonner au bonheur, enfin.

L'occasion se présente par un bel après-midi lorsqu'Anna et Elsa décident de se réapproprier un jeu de l'enfance: le déguisement. Anna trouve, dans une armoire qu'elle n'avait jamais ouverte auparavant, une robe et se faisant, devient Eeva.

Quarante ans plus tard, Anna découvre donc la véritable histoire de ses grands parents et de sa mère, constate que la passion à laquelle elle s'est elle même abandonnée est une histoire sans fin, mais qu'elle peut accéder au bonheur auquel Eeva n'a pas eu droit.

Ce roman, outre la beauté de son écriture, est touchant dans ce qu'il dit de la complexe relation mère-fille, de la perte inéluctable et de la faiblesse des hommes.

 

"[...] J'avais déjà oublié la confiance que les enfants reçoivent en partage parce qu'ils ne connaissent rien d'autre: la foi, reçue en naissant, que tout ira bien. A une période de sa vie, on la perd un instant, inévitablement. Si on a de la chance, elle revient. Viennent des gens pour vous prendre dans leurs bras sous la couverture, pour vous tendre la main par dessus des tables, et avec eux, vous réapprenez ce qu'il vous avait fallu perdre en même temps que l'enfance."

 

 

Isabelle-Sabine

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 13:34

Roman multi primé, prenant mais ...51vyCAnQUVL.jpg

 

New York, 2008, Marcus Goldman est victime du syndrome de la page blanche après le succès d'un premier roman. Pressé par son éditeur, son délai pour rendre un nouveau récit se réduit comme peau de chagrin. C'est alors qu'il apprend que son ancien professeur d'université et maître à écrire, Harry Québert est accusé du meurtre de Nola Kellergan, 15 ans, avec laquelle il a entretenu une relation amoureuse. Il se rend dans le New Hampshire pour faire la vérité sur cette affaire et rédiger le livre de cette aventure.

 

Je suis partagée sur ce roman qui a connu un grand succès. Celui-ci est en grande partie mérité car il est construit avec habileté mêlant les époques et des thèmes dignes d'intérêt. De même, il se clôture de manière spectaculaire laissant le lecteur KO.

Chaque chapitre est titré d'un commentaire d'Harry Québert et ses réflexions sont pour quelques-unes bien vues :   "Un bon livre est un livre que l'on regrette d'avoir terminé." par exemple. 

Mais elles ont le même défaut que ce roman, elles manquent d'originalité et surtout de style. Car c'est là que le bât blesse selon moi ! L'écriture est à ce point banale qu'elle gêne l'empathie avec les personnages. Je n'ai rien ressenti de cet amour si extraordinaire entre Nola et Harry, pas un frisson, rien! Et je m'étonne que l'Académie Française l'ait récompensé. Afin que vous ne me trouviez pas trop sévère, voici un exemple extrait du "chef d'oeuvre" dédié à Nola et censé être étudié en fac : "Dès aujourd'hui, il n'y aura plus de "nous". Les amoureux se séparent et ne se retrouvent plus, et ainsi se terminent les histoires d'amour. Ma chérie, vous me manquerez. Vous me manquerez tant. Mes yeux pleurent et tout brûle en moi. Nous ne nous reverrons plus jamais ; vous me manquerez tant. J'espère que vous serez heureuse. Je me dis que vous et moi c'était un rêve et qu'il faut se réveiller à présent. Vous me manquerez toute la vie. Adieu. Je vous aime comme je n'aimerai jamais plus." 

Sans compter les passages que l'on a envie de corriger ("bientôt" et "aussitôt" dans la même phrase, etc...)

 

Reste une enquête bien prenante et des rebondissements à foison auxquels on se laisse prendre. C'est un bon thriller à lire comme tel !

 

NB à mon frère : le roman duquel il s'est inspiré est "La Tâche" de P. Roth mais ne souffre pas la comparaison quant à l'écriture.

 

Inès-Marie

 

 

... Et un peu de "Lolita" également mais là non plus Nabokov ne souffre pas la comparaison.

 

D'accord avec l'ensemble des remarques de l'article précédent. La fin du roman est très réussie. Très réussie aussi est l'interrogation sur la "vérité" et ce que nous en faisons.

Malheureusement, ce roman, qui repose entièrement sur une maladie mentale, n'accorde que trop peu de psychologie à ses personnages et, de ce fait, ergote beaucoup. On sent la tentation chez Joël Dicker d'écrire à "l'américaine" (les lieux, notamment, et les thématiques sont autant de références à des maîtres) mais une langue est tout un univers, toute une culture: cela n'est pas interchangeable.

Reste que ce fait divers aurait pû être un bon polar à condition de le réduire d'un tiers (au moins) et de donner chair aux personnages!

 

Isabelle-Sabine

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 21:36

A partager en famille !

August, âgé de 11 ans, rentre en 6ème. Auguste est un garçon différent. Cette rentrée est sa première rentrée à l'école.Wonder

« Je m’appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire. »

Va-t-il être heureux dans cette nouvelle expérience ? Quel soucis sa mère se fera-t-elle ? Sa soeur, va-t-elle toujours le soutenir ? Ses camarades vont-ils accepter sa différence ?

Au travers des yeux de plusieurs personnages, nous allons suivre l'année scolaire d'August, ses joies, ses peines, ses réussites et ses échecs... avec émotion.

=> J'ai beaucoup aimé ce livre car il était triste et en même temps joyeux. On comprend que c'est parfois difficile pour lui, mais aussi pour les gens qui l'entourent. J'ai aussi aimé le partager avec mes parents.

Jade-Iris (11 ans)

=> "Wonder" est vraiment un beau livre; Ne passez pas à côté de ce bouquin qui offre beaucoup plus qu'une histoire triste sur un enfant handicapé. L'auteur nous propose un panel d'émotion tellement large, qu'il me paraît difficile de ne pas y succomber.

Jan-Luc (40 ans)

=> Ce joli livre parle, aux grands comme aux plus petits, grâce à une écriture vivante et moderne, d'amour et de tolérance. Avec des mots simples et une histoire quotidienne, l'auteur transmet des valeurs, que l'on aime partager en famille et entre amis.

Caroline (41 ans)

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 01:21

    "Est-ce, au ciel, un crime, d'aimer trop fort ?" Alexander Pope, Elogy to the Memory of an Unfortunate Lady.imagesCAXLPHX7.jpg

 

    Pour l'amour de Willard, Vienna quitte, dans les années 30 New York, son milieu aisé et cultivé pour s'installer à Winsville en Virginie sur les terres de son mari. Les habitants de cette province étriquée n'accepteront jamais cette femme trop belle et indépendante. L'étrangère étrange ne se plie pas à leurs règles hypocrites, ils la rejettent. Cela tuera l'amour de l'époux superficiel qui l'abandonne, avant même la naissance de leur second enfant.

 

    C'est à travers les yeux d'Addison, un jeune voisin fasciné par cette famille que l'on découvre les enfants : Willa, la sauvageonne et Elliot, petit garçon sensible qui sauve les animaux estropiés.

 

    Les personnages des Sanctuaires ardents sont extraordinairement attachants et brillants. Vienna d'abord, par sa liberté d'esprit, son amour des arbres, de la littérature et sa personnalité faite à la fois de fragilité et d'une grande force. Elle vit sans se soucier de plaire (ni de déplaire d'ailleurs.) Face à l'étroitesse d'esprit, au racisme de ce lieu, de cette époque, elle poursuit son existence, son oeuvre d'écriture -un long poème épique- et l'éducation de ses enfants sans jamais se renier.

Willa et Elliot, aussi, qui animent cette histoire de leurs aventures dans les granges et la nature environnante.

On est tantôt avec la mère, tantôt avec eux et Katherine Mosby a le don de passer du monde des adultes, à celui des enfants en accordant la même importance à ce qu'ils vivent et la même profondeur à leurs sentiments.

 

    Ce roman est un hymne à la différence dont la fin est bouleversante. Servi par une écriture de qualité*, il m'a conquise et je vous le recommande. Beau, très beau, à lire absolument !

 

 

Inès-Marie

 

* Traduit de l'américain par Cécile Arnaud.

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 20:02

POETE-GAZA.jpgLe lait et le miel ne coulent pas en Israël

 

Non, nous sommes sur la terre du doute et du renoncement.

 

Le narrateur,dont on ne saura jamais le nom, est une figure universelle: celle d'un israëlien porté pendant sa jeunesse par le processus de paix, au moins jusqu'à l'assassinat de Rabin, et qui, aujourd'hui est sur le point de devenir un ennemi de l'intérieur.

Sa vie est celle d'un membre des services de renseignements de l'Etat. Homme caméléon, il vit au rythme des "attentats" et des interrogatoires qu'il mène davantage avec des armes psychologiques qu'avec la violence physique.

C'est pour cette qualité première que Haïm, son supérieur (et père fantasmé certainement), lui confie une mission des plus sensibles: démanteler un réseau de terroristes sur leur sol (routine incertaine) et parallèlement trouver et neutraliser leur cerveau, fantôme insaisissable qui "se baladait du Yemen au Soudan, là où les gens comme lui allaient chercher leurs directives, lever des fonds et s'entraîner".

Pour ce faire, il doit approcher Dafna, femme emblématique d'une mouvance intellectuelle disparue dans ce pays ultraviolent et son vieil ami/amant Hani, le poète de Gaza.

L'exfiltration de Hani réussit mais les choses tournent mal...

Doute, culpabilité, renoncement: le retour sur soi est douloureux. Qui est le traître? Qui tue les enfants de qui?

Sarid réalise la prouesse de montrer que les justifications de l'Etat d'Israël ne tiennent plus. C'est ce qu'incarne son personnage principal dont la vie est à l'image de la construction du roman. Elle passe des sous sols où se déroulent les interrogatoires, tombeau où l'on meurt "accidentellement" (pour les uns) et où l'on enterre ses illusions et sa vie d'homme libre, jusqu'à en oublié sa propre famille (pour les autres); à la surface baignant dans la lumière où l'on célèbre toujours la beauté de Jérusalem, de Jaffa, de la Mer Morte.

Ainsi ce roman décrit un pan de l'histoire contemporaine trop souvent commentée de façon manichéenne par des médias maladroits voire partisans.

L'inoubliable trio narrateur/Dafna/Hani illustre l'amour, l'amitié, la loyauté de ceux qui peuplent un monde perdu mais qu'ils tentent encore de faire revivre pour les générations futures.

 

Un grand merci à Simone, ma libraire, pour m'avoir fait découvrir ce roman!

 

Isabelle-Sabine

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 16:26

le palais de verre
De l'architecture comme identité.


Ce roman, passé relativement inaperçu en France, propose un point de vue original pour aborder l'histoire de la Tchécoslovaquie au XXème siècle: le personnage central est une maison.

Cette maison extraordinaire révolutionna l'architecture de son temps et fut à l'origine de nombreux projets similaires aux Etats Unis où son concepteur et le couple qui l'avait rêvée s'exilèrent au début de la Seconde Guerre Mondiale.

Après avoir été le foyer d'une famille avant gardiste en tous points, elle devint un laboratoire  d'analyses biométriques que les occupants nazis abandonnèrent à l'arrivée des russes. Après un long sommeil, elle devint un centre de réeducation gouvernemental pour enfants atteints de polio lorsqu'enfin, à l'aube des années soixante dix,on pensa à elle comme musée.


Le roman est construit sur deux axes: la survie matérielle d'un pays écartelé par les caprices de l'histoire et celle de la maison aux murs de verre et d'onyx maintes fois menacés de destruction; et, la fuite constante des autres personnages, les vivants qui pour survivre durent tout laisser.

Ce livre outre, l'amour pour l'art, développe le thème de la nostalgie des exilés. La Villa Landauer reste Tchèque et parce qu'eux ne l'ont pas pu devient le lieu du refuge mental: le souvenir d'un monde perdu à tout jamais celui de Kundera également.


Isabelle-Sabine

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 22:14

Tous les ingrédients d'un bon Kennedy et la première moitié du livre en est digne. image.jpg

 

   Jane, est marquée par le sceau de la culpabilité depuis ses treize ans. Son père a le "courage" de prendre pour prétexte les paroles d'une adolescente pour fuir une vie qui l'ennuie. Sa mère ne le lui pardonnera jamais. Dès lors, elle se sent responsable de tout ce qui lui arrive (et il va lui en arriver!) 

 

    L'héroïne est attachante et pour ce qui est du récit de sa vie étudiante, de son premier amour avec un professeur, les pages s'enchaînent pour une lecture agréable. D'autant que l'auteur est cultivé, sa connaissance du milieu universitaire et de la littérature américaine donnent même un accent "Lodgien" à cette partie.

 

   Quand Jane devient trader, on se dit pourquoi pas. Quand le FBI s'en mêle, cela commence à faire beaucoup! Mais, on se dit aussi, ne soyons pas trop "franchouillarde"  à vouloir entrer les êtres dans une case. D'ailleurs, voilà qu'arrivent une nouvelle histoire d'amour et la maternité tandis que Jane est professeur de littérature à la fac (ce qui lui sied mieux.) Les pages redeviennent légères.

Puis, l'auteur a envie de nous parler cinéma, qu'à cela ne tienne : les prochains coups du sort viendront d'une méchante productrice qui lui vole son compagnon et pas que ...

C'est là que le bât blesse : Douglas Kennedy a voulu parler de tous les thèmes qui lui sont chers et il reste : la fatalité, la psychanalyse, la maladie, l'alcoolisme,... le tout avec du suspense qu'il maitrise plutôt bien au demeurant.

 

    Ce qu'il impose ensuite à Jane comme épreuve justifierait le titre et devrait clore le roman. 

Mais il veut un "happy end" et une rédemption pour son héroïne. Quel dommage que le plus frenchie des auteurs US ait fait dans le "too much" d'un scénariste de série B! La dernière partie au Canada avec enquête policière, énièmes péripéties "incridibles" loin de relancer le livre, le plombent et les dernières pages sont très lourdes à tourner. 

 

A lire si l'on est fan absolue de Kennedy ou que l'on apprécie les destinées aux multiples rebondissements. Il y a moins bon dans sa bibliographie mais il y a surtout bien meilleur (cf. les autres articles sur ce blog)

 

 

Inès-Marie

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 15:59

Un heure de dépaysement qui rapproche de l'essentiel luca.jpg

 

     Dans un récit court et dense, Erri De Luca nous emmène dans les Alpes italiennes pour écouter deux voix : celle d'un chamois vieillissant, roi de sa harde, et celle d'un homme, braconnier de retour dans "ses" montagnes, décidé à ce que ce chamois soit son dernier trophée.

 

    Se pose au cours de cet affrontement, l'éternelle question de la place de l'homme dans la nature, de ce qui sépare les humains, des animaux (la cruauté... ) mais aussi de notre fragilité face au temps qui passe.

"Le roi des chamois sut brusquement que c'était le jour. Les animaux vivent dans le présent ... Les animaux savent le temps à temps, quand il est utile de le savoir. Y penser avant est la ruine de l'homme..." 

 

       Alors que je n'aime pas la montagne, je n'ai pas résisté, pour ma part, à cette histoire toute en puissance. Les mots emportent, les descriptions bouleversent et chaque lecteur, y trouvera matière à penser. Or, c'est le rôle de la littérature, me semble-t-il. 

    

 "Le poids du papillon" est aussi bien une fable sur le temps, qu'un roman d'aventures. On y retrouve aussi l'écriture d'Erri De Luca : belle, à la fois réaliste et poétique. Cet auteur nous avait déjà séduites avec "Montedidio" (***** sur ce blog) pour lequel il a obtenu le Prix Femina en 2002.

     

     Fort bien traduit par Danièle Valin, il est suivi de "Visite à un arbre"  qui m'a rappelé Giono (auparavant, c'est à D Buzzati et le K que j'ai repensé). Une fois par an, Erri De Luca rend visite à un Pin des Alpes, se baigne dans sa lumière et y écrit allongé le temps d'une journée : "En montagne, il existe des arbres héros, plantés au-dessus du vide, des médailles sur la poitrine des précipices... Avant de partir, je monte à cheval sur son bras au-dessus du vide. L'air libre sur des centaines de mètres vient chatouiller mes pieds nus. Je l'embrasse et le remercie de sa durée."

 

     Si vous avez envie d'un rendez-vous avec un livre, de voler une heure à celles obligatoires d'une journée, je vous recommande vraiment de découvrir le secret du poids d'un papillon...

 

 

Inès-Marie 

 

  

 

 

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 13:28

images-copie-11.jpgUn peu trop introspectif!

 

Siri Hustvedt a décidément beaucoup de talent. Ce nouvel opus propose une sorte d'état des lieux de la relation homme-femme à différents stades de la vie. Comme le titre l'indique, ce bilan s'effectue d'un point de vue féminin.

Pas objectif donc, mais il a le mérite d'être fait et c'est probablement l'une des différences majeures entre les deux sexes.

Mia, la poétesse, décide de rendre les armes après une grave crise nerveuse et quitte Boris, le neuroscientifique, qui la trompe avec (évidemment) une femme plus jeune, neuroscientifique également, sorte d'âme soeur fantasmée.

Ce faisant, elle part s'installer pour l'été, dans une petite ville du Minnessota pour sa rapprocher de sa mère, de sa soeur et de la nature.

Dans cet environnement, elle va développer des relations, impossibles à New-York et en retirer une nouvelle perception de la condition féminine.

Siri Hustvedt entoure son personnage de femmes très âgées, les "Cygnes", amies de sa mère,toutes veuves et partenaires de club de lecture mais aussi de très jeunes filles auxquelles elle donne des cours de poésie, qui composeront sous son influence un récit polyphonique intitulé "Le bal des Sorcières", dans lequel elles tenteront de purger les démons de l'adolescence. Comme Mia, ces femmes aux extrémités de la vie sont sans hommes parce que trop vieilles ou trop jeunes. Les absents, dont l'infidèle Boris, sont néanmoins le point d'achoppement d'une réflexion sur le couple et la sexualité.

C'est probablement à ce niveau que le roman perd un peu en qualité, chaque évènement du nouveau quotidien de Mia, conduit Siri Hustvedt à des digressions introspectives, où s'efface la frontière entre narratrice et auteure,  souvent ennuyeuses et peu enrichissantes pour le récit. On peut même considérer qu'elles appauvrissent le rôle de certains personnages. Ainsi Pete le voisin, seul homme physiquement présent, dont la colère évoquée très souvent n'est pas exploitée d'un point de vue narratif. De même pour le suicide de Stefan, beau-frère aimé, idem pour Daisy, la fille actrice qui rêve de voir le couple de ses parents de reformer alors qu'elle est depuis longtemps émancipée, sans parler de Personne, expéditeur anonyme donc, qui envoie des mails cinglants à Mia. On ne sait pas vaiment où vont ces personnages, en quoi ils servent l'oeuvre.

Reste que si la prose de cette auteure nord-américaine n'est pas aussi stimulante qu'à l'accoutumée, le sujet qu'elle aborde parlera à beaucoup d'entre nous: filles, amies, mères, soeur, grand-mère, élèves...

 

Isabelle-Sabine

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 21:23

41fgIYMM7cL__SL500_.jpgPrix Pulitzer et petit miracle littéraire!

 

 

Jennifer Egan signe un roman choral et non chronologique de treize chapitres dont chacun saisit un de personnage à une étape clef de sa vie, l'ensemble formant une bouleversante méditation sur le temps qui passe.

Sacha, Bennie, Rhea, Lou, Alice, Ralph, Jules, Stéphanie, Alex, Scotty, Drew, Rob: une galerie d'individus dont le présent est un temps lié, puis, séparés par le tourbillon de la vie, certains se retrouvent, d'autres finiront dans l'oubli, l'indifférence.

Du San Francisco du début de années 80 au New York de la fin des années 2010, une mélodie accompagne les souvenirs des antihéros d'Egan: le rock qui comme le langage est menacé par le numérique.  Pour ce faire, l’autre consacre d’ailleurs les deuX derniers chapitres aux enfants de ses héros. La musique, telle que nous l’avons connue n’existe plus mais on continue à produire des sons ; une adolescente épie le couple de ses parents en pleine dérive et ne peut transcrire ses impressions que sous la forme d’un diaporama bourré de logigrammes et des mots clés ; puis pour clore le roman, à l’aube des années 2020,  des bambins de trois ans, surnommés « les pointeurs », ne sachant pratiquer le langage articulé, communiquent néanmoins par texto…

Déroutant certes mais indubitablement visionnaire !

Comme le titre le laisse penser, le roman pose la question existentielle de savoir si on peut rester fidèle à ses idéaux et si la valeur qu'on accorde aux choses est immuable.

En faisant de la musique l'axe central autour duquel  gravitent les personnages et en montrant sa désagrégation parallèle à celle de leurs espoirs, Jennifer Egan brosse un portrait de l'Amérique, et par extension de l'Occident, qui se réveille un beau matin groguie de ne plus avoir quoi que ce soit à proposer pour affronter le lendemain. Il est à noter, toutefois, que  l'auteur réussit, ce faisant, à nous faire sourire tant certains épisodes sont cocasses et les personnages aussi burlesques qu'attachants.

 

Isabelle-Sabine

 

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