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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:11

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Prenez quatre français : deux hommes et deux femmes.

Placez les en Inde pour un évènement culturel.

Faites revenir à la surface leur passé amoureux ou amical blessés.

Et laissez-les se révéler à vous et à eux mêmes.

Ajoutez les épices et le dépaysement du Sud de L'Inde.

Laissez bouillir l'esprit français confronté à la réalité d'un continent : sa misère, ses castes, sa violence et ses sourires...

Faites monter désirs et regrets. Teintez-les d'indigo pour les adoucir.

Confiez le tout à Catherine Cusset et vous obtiendrez un roman savoureux où ce sont les femmes qui mènent le récit.

Une histoire qui se déguste avec empathie pour ses personnages et un peu d'amertume vis à vis de leurs faiblesses si proches des nôtres.

Inès-Marie

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 21:02

1919, la France panse ses plaies comme un chien lèche ses blessures.

Le-collier-rouge fiche livre 2

Dans une petite ville du Berry, un juge militaire arrive pour ce qui sera son ultime enquête. Dans la prison, un ancien Poilu pourtant décoré de la légion d'honneur doit être jugé pour outrage envers le pays. Qu'a-t-il commis ?

Devant la geôle, son chien Guillaume hurle nuit et jour pour son maître. Quel rôle a-t-il tenu dans cette affaire ?

Non loin, Valentine, une femme attend. Pourquoi l'a-t-il rejetée ?

C'est au travers des entretiens en huis-clos de ces deux hommes que nous le découvrirons.

S'ils sont différents socialement : le juge porte un nom à particule, le Poilu Morlac est paysan ; le traumatisme de la guerre et leur entêtement face à la vérité les rapprochent inexorablement.

Jean-Christophe Rufin signe là un roman admirable : pour son suspens, ses descriptions, son humanité et son habile équilibre entre la grande Histoire et celle d'un homme rebelle à sa tourmente. 

Morlac a réellement existé. L'auteur l'explique dans l'hommage à son ami photographe dont c'était le grand-père. Des chiens ont vraiment vécu avec les troupes dans les tranchées souffrant et se battant à leurs côtés. Et les livres sont des armes à éveiller les consciences. Ils ont appris à ce soldat l'esprit de révolte et continuent d'être nos indispensables alliés. 

Inès-Marie

"Le collier rouge" pourrait également figurer dans la rubrique : roman d'un soir. Ses 160 page se dévorent.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:57

Un "roman" dérangeant!


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On ne choisit pas sa famille et pour Eddy la sienne est un cauchemar quotidien. Il vit en Picardie profonde avec une mère bête et fatiguée, un père alcoolique et violent, des frères et soeurs promis aux mêmes destinées que les abrutis de leur village.

Ses manières de fille en font la victime désignée de l'incompréhension des siens et des brimades de ses camarades. Eddy paye au prix fort sa différence et le récit des souffrances qu'il subit est oppressant.

C'est brut, cru, cul et cruel !

 

L'intérêt sociologique de ce récit est indéniable : Edouard Louis dresse le portrait au vitriol d'un pan de la société française où règne la misère sociale, intellectuelle et culturelle. Si l'on n'ignore pas qu'elle existe, elle est ici décrite de l'intérieur avec la télé qui braille du matin au soir, la promiscuité malodorante et la faim qui serre les estomacs dès le milieu du mois. L'alcool, l'intolérance et la bêtise y coulent à flot. C'est Zola sur fond de chomage en lieu et place du travail dans les mines. Sauf quici, l'auteur n'aiment pas ses héros qui l'ont trop fait souffrir.


C'est justement là que le bât blesse pour moi. Ce roman n'en est pas un ; c'est une autobiographie hypocritement appelée "autofiction" et si Eddy n'est pas responsable d'être né homosexuel dans cette famille ; les siens le sont-ils d'être pauvres et victimes de leur milieu ?

Ce brouillage entre roman et autofiction sociologique a deux conséquences. D'abord, le lecteur ne sait pas quels épisodes sont réels et lesquels, nés de sa souffrance, sont recréés. De plus, on se dit que paradoxalement, fuir ce milieu aura permis à Eddy de devenir Edouard, de réussir de brillantes études puis dans l'édition mais qu'à aucun moment lui, ne le reconnaît ayant choisi le parti de la rancoeur.

Face au succès de son premier roman, il aurait selon moi dû rétablir cette frontière entre réalité et fiction.

 

Reste un récit fort qui se lit aisément et qu'éclairent ses premières lignes : "De mon enfance, je n'ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais durant ces années, je n'ai éprouvé de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n'entre pas dans son système, elle le fait disparaître."

 

 

Inès-Marie

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 15:42

Un "livre de deux soirs", original et malicieux

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A la suite d'un dîner en solitaire impromptu, un homme se retrouve par hasard en possession du chapeau de François Mitterrand, alors Président. C'est le début de péripéties et concours de circonstances, grands et petits, qui vont apporter agréments, coups de pouce et surprises aux 3 personnages qui vont entrer en possession de ce chapeau.

 

Voilà un petit roman subtil et inventif, qui se déguste avec plaisir, du début à la fin.

 

On n'a même pas envie de trop en dire, de peur de gâcher l'équilibre fragile de cette narration légère comme un fil d'air ; les opportunités qui se présentent, les coups de chance fugaces qui peuvent changer le cours de l'existence, si tant est qu'on les saisisse...

 

Le roman est bourré de jolies petites phrases très bien vues,  ciselées avec humour, malice, et qui témoignent d'une observation très juste des relations sociales et familiales et des sentiments qui les alimentent.

 

Un livre qui vient de sortir un poche et qui peut donc s'offrir aux proches sans hésitation, plaisir garanti!

 

Binh

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 09:41

Un roman aussi beau et poignant que son titre. IMG_8788.jpg

 

J'ai adoré ce livre pour son écriture et sa profondeur. A de nombreuses reprises, j'ai eu envie de noter ses mots pour ne pas les oublier, comme ceux-ci :

" Nul n'échappe à son destin. Destin ? Seuls les êtres d'exception en ont un. Pour les gens ordinaires, la fatalité suffit."

 

Les anges meurent de nos blessures est l'histoire vraie d'un jeune arabe dans les années 30. Né dans la misère absolue de l'Algérie coloniale, il connaitra la gloire grâce à la boxe ; la déchéance par amour.

Le premier chapitre est un "coup de poing" dans l'estomac. Tirambo est conduit à la guillotine pour crime. Commence dès lors le récit de ce qui l'a conduit là. Plus que la renommée, c'est l'amour qui est le moteur de ce héros. Et le roman s'articule autour des trois femmes qui ont compté pour lui.

 

L'auteur a choisi de raconter l'histoire de Tirambo à la première personne. Si ce choix de donner à un analphabète une voix dans un tel style m'a surprise, l'étonnement ne dure pas. Tirambo mérite que Yasmina Khadra lui offre ses mots pour raconter sa lutte pour sortir de la misère, dire les amis et leurs trahisons, décrire la famille et ses exigences, et crier l'amour !

 

Quant à nous lecteurs, on est saisi de connaitre dans quelle pauvreté vit la population arabe. Les premières années de la famille du héros est marquée du sceau de l'indigence. On apprend combien la Première Guerre Mondiale a blessé l'Algérie et qu'elle comptait, elle aussi, des gueules cassées. Le racisme omniprésent, le luxe qui n'apppartient qu'à une "caste" de nantis, les femmes occidentales (attirance-répulsion), l'exploitation des arabes jusque dans le sport ... autant de thèmes qui fondent la société coloniale et ce roman.

 

La liste est longue de tout ce qu'il m'a apporté. Ces Anges blessés m'ont touchée, emportée, beaucoup appris et séduite littérairement. J'y ai trouvé tout ce que j'attends d'un roman en fait!

Quant à Yasmina Khadra, respect Monsieur, vous êtes un Grand Ecrivain de la langue française et avez raison de le revendiquer en réclamant plus de reconnaissance.

 

Inès-Marie

 

Message à l'éditeur : Vous auriez pu faire un effort pour la couverture!

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 19:28

"...il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les brigands."grace-brigands-1400745-616x0 (1)-copie-1

 

Dans les années 70, Maria Cristina fuit une vie familiale sordide, une mère folle et son sentiment de culpabilité à l'égard de sa soeur pour s'installer à Santa Monica ( Californie ). Petit être étrange et sale, le ver deviendra papillon au contact du mentor qui l'engage comme secrétaire. Il a été un écrivain à succès, elle, deviendra auteure. Quand commence le récit, sa mère lui téléphone du Grand Nord, après de nombreuses années de silence : il faut qu'elle revienne ...

Deux avis différents sur le dernier roman de la multi-primée et talentueuse Véronique Ovaldé !

 

Le contre par Inès : 

Même si j'ai retrouvé le don de cette auteure à créer des personnages ainsi que les thèmes qu'elle sait si bien explorer; ma déception vient de n'avoir, en revanche, absolument pas retrouvé la magie de son écriture.

J'avais tant aimé la musique de son style dans Ce que je sais de Vera Candida et  Des vies d'oiseaux -critiques sur ce blog- que j'aspirais au même envoûtement. Cela a été à tel point le contraire que ma lecture en fut gâchée. Je me suis, au départ, confortée dans l'hypothèse d'une musique grinçante pour très vite déchanter. En effet, une phrase développée sur plusieurs pages et uniquement structurée de virgules : ce n'est plus musicalité mais cacophonie! De plus, la narratrice omniprésente plus qu'omnisciente m'a irritée, m'empêchant d'oublier que j'étais en train de lire. Je n'ai pas réussi à m'approprier l'histoire.

Toutefois, j'ai admiré certaines pages notamment les dernières où j'ai retrouvé ses talents de conteuse.

 

Le pour par Isabelle-Sabine : 

En partie d'accord avec l'analyse qui précède, je me suis davantage attachée aux personnages. D'ailleurs, chaque partie porte le nom d'un d'entre eux. La grâce des brigands est un roman de personnages. Véronique Ovaldé balise avec eux  "l'achronologie" de son récit. J'ai aimé que chacun soit une part de la construction de Maria Cristina. Il n'y a aucun personnage secondaire. Plus son mentor se délite à ses yeux, plus les insoupçonnés de son destin s'épanouissent.

Une fois de plus, elle fait la part belle à la trajectoire d'une femme finalement forte. De même, c'est un livre sur la maternité dont celle de l'oeuvre qui la rend célèbre. Son héroïne que tout pousse à éloigner d'un lien du sang deviendra elle-même l'adoptée de celui qui l'attend.

 

Là où nous nous retrouvons, c'est sur l'habileté de l'auteure à nous emporter dans un road-movie romanesque.

Il conviendra donc à chacun de se forger son opinion mais pour ceux qui voudraient la découvrir nous conseillons de commencer par  Ce que je sais de Vera Candida.

 

Inès et  Isabelle

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 19:25

 

 

plonger.jpgEncore un roman d'amour, certes, mais l'écriture d'orfèvre que nous offre Christophe Ono-dit-biot donne une dimension très particulière à cette histoire.

 

Le narrateur, journaliste français, tombe fou amoureux de Paz, une espagnole de carte postale, presque une caricature : brune, passionnée, artiste, fantasque et sensuelle, exigeante et ingérable. Sur un malentendu ( il écrit un « papier » sur les œuvres de cette jeune artiste), ils vont vivre une aventure amoureuse tumultueuse dont ils ne sortiront pas indemnes.

Alors que Paz a disparu, il choisit de raconter à leur fils la relation qu'il a eue avec sa mère, leur rencontre, leur passion, et la difficulté- l'impossibilité- de maintenir vive la flamme des premiers moments.

Nous le suivons dans son enquête, vers une vérité douloureuse mais libératrice.

 

L'écriture est précise, riche mais abordable, le rythme soutenu même si, finalement, il ne se passe pas grand-chose.

J'ai été happée par cette histoire forte, qui tient en haleine et transpire la passion.

 

Dedel 

 

PS. vous comprendrez la photo vers le milieu du livre....

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 15:47

Le récit brûlant et tendu d’une passion amoureuse. 51n68pEo1-L._AA160_.jpg

 

Une actrice française expatriée à Los Angeles tombe raide dingue d’un acteur en vue. Elle est Blanche, il est Noir, et cette donnée, a priori sans incidence pour l’héroïne, va –t-elle peser ?


Certes, le thème n'est pas d'une originalité affriolante, mais j’ai beaucoup aimé ce court roman, qui évoque une passion soudaine et exclusive.

L’héroïne va se retrouver sans vraiment s’y attendre, assujettie à son amant, celui-ci étant de plus en plus accaparé par un projet de film à réaliser.

 

Tout est raconté sous l’œil de la femme : on est ainsi dans un univers féminin de la passion amoureuse entière, avec l’attente (devrais-je dire les attentes, tellement il y en a, de toutes sortes...), les espoirs, le soulagement et les petites et grandes joies. Ainsi, l’homme, objet de cet amour n’est vu que sous son œil à elle, on ne saura finalement que peu ce qu’il a lui-même pu penser de cette liaison, de cette femme qui l’a tant aimé.

 

Finalement, au-delà des races, des classes et microcosmes sociaux, ne serait-ce pas, au fond, de cette altérité existentielle entre l'homme et la femme dont traite aussi ce livre ? A ce propos, je ne peux m'empêcher de reprendre l'épitaphe du roman, une citation de Marguerite Duras, tout à fait parlante : « II faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter.

 

Petit à petit, l’héroïne va se retrouver happée par sa passion, tout va s'accélérer brusquement avec le tournage du film, un peu comme dans un rêve éveillé, auquel elle assisterait, spectatrice, n’ayant aucune prise sur le déroulement des événements, qu'ils soient fictifs (dans le scénario du film) ou réels (dans sa vie à elle).  

 

Le style, souvent lyrique, et la description minutieuse de petits détails (les mots, les regards, les attentions) font tout l’intérêt de ce récit réaliste, cru, qui nous fait suivre cette passion sans concessions.

 

Le dernier chapitre, magnifique, est à la fois doux, poignant, douloureux et très juste, sur le thème du souvenir, du temps qui passe et parfois guérit.

 

Binh

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 13:07
Au revoir là-haut ****de Pierre Lemaître

Les aventures d’un officier et de 2 gueules cassées dans l’immédiate après-guerre 14-18 : un roman distrayant, surprenant et instructif !images-copie-20.jpg


Rendu célèbre en tant qu’auteur de polars déjà très rythmés (j’avais commenté à l’époque sur ce site l’excellent « Alex »), Pierre Lemaître a voulu changer de style .. et c’est avec bonheur que je l’ai suivi dans cette nouvelle phase de sa carrière d'auteur.        
   
L’histoire commence dans les tranchées, dans les jours qui précèdent l’armistice de novembre 1918, avec un crime, un soupçon et un sauvetage, lesquels vont lier à jamais l'existence de 3 hommes... Menée tambour battant, l'intrigue nous entraînera dans des méandres imprévisibles, les évènements se succèdant, surprenants mais toujours crédibles.  
 
Ce roman m’a passionnée de bout en bout…. Alors que j’avais justement envie d’une bonne histoire bien prenante pour entamer ces journées pluvieuses d’automne !
 
On retrouve bien le rythme et le sens du détail dans l’esquisse des caractères de ses personnages, dont faisait déjà preuve Pierre Lemaître dans ses polars : on redécouvre talent fou pour la narration, de beaux morceaux de bravoure, (des épisodes épiques, des emportements, des audaces) et de magnifiques portraits, le tout truffé d’idées et d’anecdotes truculentes, parfois cruelles, parfois drôles, parfois sensibles, toujours très imagées. 
           
Une fois la dernière page tournée, je voyais encore défiler dans mon esprit, une ribambelle de personnages et d’impressions encore très tenaces : Edouard, la gueule cassée, et son puissant père qui se seront ratés toute leur vie, le cynisme sans fin des marchés publics liés aux mémoriaux de guerre, et l’amère existence irrémédiablement sans perspectives, d’un fonctionnaire mal aimé de tous, et très têtu.
 
Un très bon moment.


Binh

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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 17:56

Triptyque féminin images-copie-19.jpg

 

 Dans ce beau roman, Eric-Emmanuel Schmitt raconte les destins de trois femmes vivant à des époques éloignées. Leur point commun : se sentir différentes en leur Temps.

 

Anne, pure et mystique, vit à Bruges à la Renaissance. Elle fuit le jour de ses noces après s'être vue dans un miroir préférant le reflet du soleil sur la nature. Elle qui sait communiquer avec les animaux, et parle avec Dieu comme nul ne le fait alors, ne peut qu'être incomprise de ses contemporains. Puisqu'elle ne veut être épouse, elle sera sainte ou sorcière.  

 

Hannah, elle, vit à Vienne encore impériale où Freud commence à faire des émules. C'est au travers de sa correspondance avec une amie que l'on découvre ses failles et ses interrogations face à un amour marital incompris, convenu et surtout, ne lui convenant pas. Elle attend autre chose de l'existence que son reflet dans la glace : celui d'une femme corsetée dans ses désirs en ce début de siècle.

 

Anny est une star de cinéma américaine poursuivie par la presse people et poursuivant l'amour vrai désespérement. Défoncée et perdue, elle ne se reconnaît pas dans la glace des boîtes de nuit ni dans le regard des autres. La route est longue pour se retrouver quand on est une belle image en notre siècle où le corps féminin est réduit à un objet. Pour cela, il lui faudra briser ce miroir aux alouettes des apparences (dont nous sommes nous-mêmes victimes aujourd'hui!) 

 

La grande réussite de ce livre tient dans ces trois récits qui alternent, se croisent et finalement se rejoignent. Construits avec talent et dans un style distinct selon les personnages, ils interrogent sur le statut de la femme et l'importance d'être soi-même. Eric-Emmanuel Schmitt y offre une voix authentique, une voie d'authenticité à ses héroïnes et plus généralement aux Femmes.

 

Inès-Marie    

 

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