Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Critiques de nénettes on net
  • Critiques de nénettes on net
  • : Bienvenue à toutes les nénettes passionnées de bouquins
  • Contact

Codes des nénettes

Cotes d'amour :
¤ Pas du tout, * Peu
** Bien *** Beaucoup,
**** Énormément, ***** Passionnément


RECHERCHE : ENTREZ UN MOT-CLE (auteur, titre...) 

         

Bienvenue chez les Nénettes

 

    images-copie-1   

Bonne visite du blog

 

 

Merci de donner votre avis en cliquant sur écrire un commentaire. Nous serons ravies d'échanger avec vous. 

27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 11:37

barjavel.jpg

 

J'ai repris les romans de Barjavel, mon auteur de jeunesse préféré, dont j'ai devoré l'oeuvre entre 15 et 18 ans.. !

Dans la Tempête,on retrouve les ingrédients favoris de Barjavel : un monde futuriste en déclin, des hommes incapables de se gérer, et une superbe histoire d'amour, qui défiera toutes les lois humaines et de la Nature...

Jeune, je me souviens surtout avoir été interpelée par ces descriptions du sentiment amoureux, encore peu connu pour moi, et de ces incroyables marques d'amour que se donnent les héros de Barjavel, tout cela est très romanesque et romantique.. !

Avec le recul, je me suis cette fois plus attachée à la description qu'il fait de la société, du monde et des règles sociales, et son approche est extrêmement clairvoyante.

Entre 1943 ( premier roman « Ravage ») et 1982 ( La Tempête), il ne cesse de dénoncer nos erreurs, et imagine les scénarios possibles d'un monde qui ne sait pas gérer le progrés.Certaines de ces prédictions s'avèrent malheureusement exactes !

Une vision pas très optimiste du futur, mais ça fait réfléchir et, j'avoue, je reste encore sensible à ces belles histoires d'amour.. !

 

                                               Dedel

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 11:27

 

Nous suivons dans ce roman la vie d'un homme, de son enfance à sa mort, d'un point de vue surprenant: celui de son corps.  

   

A chaque âge ses tracas, limitations, ennuis, sensations et surprises : les émois de jeunesse, la plénitude puis la dégénérescence sont observés et décrits avec une sensibilité extraordinaire, et une crudité salutaire, et on se prend à ècouter son propre corps en lisant ces lignes...

   

Daniel Pennac manie la plume avec brio, et nous fait parfois sourire, pleurer ou grimacer au récit de ses "aventures du corps". Tous les événements de sa vie sont ramenés aux sensations éprouvées par son organisme: souvenirs d'odeurs, goût des mets de son enfance, mais aussi manifestations physiques de troubles psychiques ou traumatismes non "digérés."

Un roman très émouvant, prenant,dont on a envie de relire des passages au hasard.

 

Dedel

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 16:01

imagesCA40ZP45.jpgAnne-Marie Garat est au XXème siècle ce que Zola a été au Second Empire!


Première époque:  Dans la main du diable 1913-1914
 
Paris 1913, Gabrielle (la fiancée) et Agota (la mère) sans nouvelle d'Endre Luckàcz disparu en Orient depuis
plusieurs années, se retrouvent convoquées au ministère de la guerre où un effrayant personnage, Michel Terrier, leur apprend que ce dernier est mort en Birmanie.


Gabrielle va tout mettre en oeuvre pour élucider, coûte que coûte, le contexte opaque de la disparition d'Endre. Contre toute attente, son enquête ne va pas la menée en Orient mais bien dans les méandres de l'armée française et le détournement qu'elle fait des dernières recherches scientifiques. La première guerre
mondiale est en préparation...


Pour ce faire, elle va devoir partager le quotidien de la riche famille Bertin-Galay afin d'approcher Pierre, chercheur à l'institut Pasteur et ancien ami d'Endre, en devenant la préceptrice de sa fille, la petite Camille, autre victime collatérale d'une machination implacable.


L'enquête de Gabrielle va s'étendre sur neuf cents pages où foisonne quantité de personnages tous liés d'une façon ou d'une autre à l'intrigue principale tout en développant des intrigues secondaires.


Impossible donc d'entrer dans les détails sinon de préciser que ce premier tome dresse également une analyse sociopolitique de l'époque: montée de l'anarchisme, condition ouvrière soumise à la mécanisation, monde paysan amorçant son déclin.

Deuxième époque: L'enfant des ténèbres 1933-1934


Nous sommes vingt ans plus tard, Camille, élevée à New-York, revient à Paris pour se reconnecter avec sa famille paternelle, les Bertin-Galay. Elle y rencontre Simon Lewenthal, directeur financier des usines de la prestigieuse famille et collectionneur d'oeuvres d'art.


L'Europe qu'elle découvre s'est considérablement modernisée, mais l'instabilité politique n'a fait que croître: l'ombre du totalitarisme s'étend, les premiers camps de concentration apparaissent en Allemagne, les agents des services secrets se multiplient, les destinées sentimentales sont balayées.


Camille et Simon auront le temps de donner naissance à un enfant dans ces ténèbres...


Troisième époque: Pense à demain 1963-1964


Dans Pense à Demain " chacun des personnages plonge dans l'archive de lui-même" (AM Garat).

Brillante conclusion de cette fresque où la fiction n'a cessé d'interroger l'Histoire, ce troisième opus illustre la décolonisation, l'assassinat de Kennedy, les trente glorieuses, l'émancipation féminine... même complexité, même foisonnement!

Les descendants, Christine Lewenthal en tête, revisitent le passé à la lumière de ce qu'on ne cessent d'exhumer année après année depuis la capitulation allemande mais la tâche est ardue, d'autant que la décennie qui s'amorce ne sera pas des plus calmes.

Anne Marie Garat après plusieurs milliers de pages arrivent encore à surprendre son lecteur avec d'ultimes rebondissements et une prolepse finale en 2010 qui console le lecteur un peu orphelin sur le destin ultérieur de la quatrième génération.

A la manière de Zola, l'auteure propose une analyse sociologique et une peinture saisissante d'un vingtième siècle tourmenté et parallèle à nos livres d'histoire. Il en sera ainsi pour les trois époques de la trilogie. Cette galérie de portraits, le style hautement romanesque d'Anne Marie Garat et les
péripéties en cascades rendent la lecture passionnante, parfois proche du roman policier et d'autres fois envoutante grâce à de vibrantes pages d'amour.

Isabelle-Sabine 

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 10:59

Dans la tête d'un psychopathe...images-copie-13.jpg

 

Marc Dugain se saisit avec talent de l'histoire d'Ed Kemper, serial killer américain dont il romance le parcours sanglant, des années 1960 à 70. L'originalité de son entreprise littéraire est de livrer ce récit du point de vue du tueur rebaptisé ici, Al Kenner.

 

Son premier meurtre, Al le commet à 15 ans, le jour de l'assassinat de Kennedy. D'une taille démesurée, 2.20 mètres et d'un QI tout aussi exceptionnel, cet adolescent est le fruit d'un mariage raté entre un ancien soldat et une caractérielle alcoolique. De son enfance malheureuse, il porte les stigmates psychologiques, maintenu dans une cave, effrayé par les flammes infernales de la chaudière collée à son lit, battu, humilié, Al ne se remettra jamais de l'abandon du père et de l'ogresse maltraitante qu'est sa mère. Laissé à la garde de ses grands-parents paternels, il tue sa grand-mère pour libérer les hommes de la famille et parce qu'il ne supporte pas de retrouver en elle l'autoritarisme sans affection de sa mère. Son grand-père lui, il l'execute le même jour à regret.

 

Interné 5 ans dans un asile psychiatrique pour adultes, son intelligence hors du commun lui permettra de saisir les rouages de la psychiatrie et d'intégrer comme une fatalité que ses gestes criminels sont des défenses perverses pour ne pas sombrer dans la folie. Les psychiatres le laissent sortir, l'armée ne veut pas de lui et le rejet de son père, le ramènent dans le "giron" maternel dément. Sa mère est assistante du doyen d'une université du comté de Santa Cruz, dès lors Al tue les étudiantes du campus jusqu'au sacrifice final inéluctable.

Sa descente aux enfers et celle de ses victimes ont pour toile de fond les grands espaces américains, le mouvement hippie qu'il exècre, et les fantasmes sexuels que son impuissance ne rompt que dans la mort.

Il collabore avec la police (que sa taille a également empêché d'intégrer) alors même qu'il dépèce des auto-stoppeuses.

 

Avenue des Géants se lit comme un thriller. Il s'ouvre sur l'entretien d'Al et de sa visiteuse venue lui apporter les livres (qu'il enregistre pour des aveugles) et est écrit comme l'autobiographie qu'il souhaite faire éditer.

J'ai apprecié que Marc Dugain offre la possibilité de se confronter à la monstruosité sans basculer dans l'empathie, risque d'un tel récit en focalisation interne. Au delà de l'intérêt de se pencher sur la personnalité d'un psychopathe, il offre aussi une regard sur les USA, son histoire et sa littérature.

"Romancer un personnage, c'est le trahir pour mieux servir ce que l'on pressent de sa réalité" conclut l'auteur dans une note. Sans doute, or son projet est réussi et la réalité glaçante, désolante, fascinante!

 

Inès-Marie

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 08:45

 ... et nous sommes passés à côté!cvt Nous-etions-faits-pour-etre-heureux 4444

 

Rien de nouveau sous le soleil de l'homme insatisfait et égoïste.

Serge, soixante ans, se rend compte que la vie est passée trop vite et pour en découdre avec cette injustice,il  abîme tous ses jouets.

Sa femme Lucie, créature de magazine de trente ans sa cadette , qui a décidé de rompre prématurément avec sa jeunesse pour lui donner deux beaux enfants: Théo et Chloé, et entretenir le luxe bourgeois de leur maison en plein Montmartre où les soirées mondaines se succèdent.

Sa maîtresse Suzanne, accordeuse de piano, qui lui rappelle une mère fantasmée et qui l'aidera à régler leur compte aux fantômes du passé, mais, qu'il sera incapable de garder. Elle qui pourtant [...] était la première femme à s'être laissée aimer sans rien demander en retour [...] lui désignant l'amour comme le seul lieu hors des contingences, du savoir-vivre et du donnant-donnant".

Son fils, enfin, qui chaque matin note un souhait que son père ne réalisera pas.

Désillusion une fois, désillusion deux fois, désillusion trois fois!

Certaines lectrices s'attacheront probablement à cet homme de fiction qui ressemble tellement à un homme de chair qu'elles ont connu dans la vraie vie. Cela n'est pas étonnant: Véronique Olmi dresse dans ce livre le portrait de l'homme universel, terrorisé au soir de sa vie et qui consomme pour se donner l'impression d'être encore vivant, se dégoûte accessoirement et qui, au final, ne fait rien de tangible.

Que les autres lectrices se rassurent: il finit tout seul!

 

 

Isabelle-Sabine

 

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:24

JONCOUR"Les romans les plus forts sont souvent les moins démonstratifs." F.Busnel

 

Serge Joncour propose, un très beau roman où deux personnages à la dérive, cheminent sur deux routes qui ne sont pas susceptibles de se rencontrer. Ainsi, Joncour alterne-t-il les chapitres.

Un chapitre consacré à Louise, un chapitre consacré à Franck. 

Louise est une jeune veuve qui quitte tout, au lendemain du décès de son mari, pour s'exiler à Clermont Ferrand où elle ne connaît personne. Seuls contacts humains: ses collègues qui acceptent de ne rien savoir d'elle et le serveur du café où elle s'arrête quelques minutes tous les matins. Il y a bien un homme qui la poursuit de ses assiduités depuis leur aventure mais elle n'en veut plus.

Franck est un documentariste devenu inactif à la suite d'une grave maladie et que sa compagne a quitté puisque le désir avait totalement disparu.

Cet homme sans désir décide un beau jour de retourner sur le domaine qui l'a vu grandir, dans le Lot, et de renouer avec des parents auxquels il n'a pas parlé depuis 10 ans, depuis la mort de son jeune frère.

Louise sait qu'elle est sur le point de perdre un emploi déjà précaire qui lui permet juste de survivre. Elle décide alors de répondre à l'appel de ses anciens beaux parents et d'aller garder leur domaine le temps d'une Thalasso qu'ils décident de s'offrir après cinquante années de labeur.

Sans le savoir, ces deux personnages convergent vers un même lieu où les attend un petit garçon de 5 ans, Alexandre. Le neveu de l'un, le fils de l'autre, dont elle n'a pas voulu s'occuper parce qu'il n'est pas l'enfant de son mari disparu.

Aussi improbable et inouavable que cela puisse l'être pour Franck et Louise, c'est un sorte de déterminisme qui va les reconnecter à la vie. L'un et l'autre vont se retrouver fortuitement pour s'occuper du domaine et de l'enfant et comprendre que ce qu'ils ont cherché à fuire à tout prix, est ce dont ils ont besoin pour se relever, pour envisager l'avenir.

La narration simple et efficace de Joncour, peu emprunte de digressions psychologiques, amène le lecteur à reconsidérer la nature et les modalités de sa relation à l'autre, aux êtres aimés mais aussi à ceux qu'on n'a pas réussi à aimer. La relation à la terre est aussi une invitation à réfléchir au besoin de s'enraciner, de construire, de faire pousser...

Reste l'invitation au mystère qu'est le titre, c'est Joncour qui en parle le mieux: " [...] une femme avec laquelle il ne serait plus question de désir mais de tout le reste, un genre d'amour intact, l'amour sans le faire mais tout entier [...] "

 

Isabelle-Sabine

 

 

 

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 15:43

 images-copie-4.jpg

Dans un style un peu "Bridget Jones",J.Heska nous fait partager la vie de Jérome, gars trop "normal" et trop "gentil", qui subit au quotidien les humiliations et quolibets de ses collègues, tous plus imbus d'eux-mêmes et désagréables.

 

Chaque journée décrite commence par une petite sentence ("la vie c'est comme un pute, si on en veut une bonne, il faut payer cher", "la vie, c'est comme une moumoute, certains jours elle fait illusion, d'autres elle nous ridiculise"), est découpée en tranches horaires précises

Il n'a qu'un copain,Etienne, solitaire comme lui, et passionné de Starwars et autres séries gallactiques.

     

Suite à la lecture d'un article de psychologie sur l'affirmation du moi, Jérome va s'obliger a quelques exercices censés lui donner une place dans la société. A partir de là, il va reprendre le pouvoir sur sa vie, au point de faire des émules dans son entourage d' "asociaux".

Ils finiront par créer un mouvement basé sur ses idées, qui va échapper à tout controle de la part de son fondateur.

 

L'écriture est très "quotidienne" avec même des extraits de "chats".

On retrouve des mésaventures qui nous sont arrivées, des situations où on a été le "gentil" ou le "méchant", et ce roman pose gentillement la question de la cohabitation dans notre société actuelle, et la place qu'il y a pour les gens qui n'ont pas les dents longues et un ego surdimensionné...

 

Dedel

 

 

 

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 14:50

513AGKakx2L._BO2-204-203-200_PIsitb-sticker-arrow-click-Top.jpgLa vie riche et mouvementée de Joseph Kaplan au travers du XXème siècle, de Prague, à Alger, passant par le Paris d'entre deux guerres. Il aura connu des lieux magiques, des amitiés plus ou moins fulgurantes, des amourettes et des amours, et, surtout, vécu une bonne part des temps forts de l'Europe. 

 

J'avais déjà adoré et commenté  sur ce blog, le premier livre de JM Guenassia (Le club des incorrigibles optimistes), et c'est avec curiosité que j'ai entamé le deuxième... Je viens tout juste de lâcher ce roman littéralement ROMANESQUE que j'ai dévoré en 2 jours !

 

Tout d'abord, le plaisir de  la lecture s'explique par le fait que JM Guenassia a un talent rare et incontestable de conteur. Un style limpide, fluide, qui nous emmène partout avec lui. Il sait rendre vivants des lieux, des atmosphères, aussi bien que décrire avec justesse les caractères humains. Ainsi, sommes nous conduits dans chaque nouvel épisode, guidés non seulement par les personnes rencontrées, mais aussi par les images, les sons, les odeurs...

 

Joseph Kaplan traverse les époques, il croise des ambiances méconnues (Alger au temps de la colonisation, le Paris d'entre-deux guerres et les bals du bord de Seine) autant que les grands moments de l'Histoire (le débarquement vu d'Algérie, les grandes époques de la Tchécoslovaquie communiste), mais toutes ces informations de contexte s'enfilent les unes aux autres, sans aucun ennui, au grès des multiples, et toujours imprévisibles, rebondissements qui vont jalonner l'existence centenaire du héros, ces derniers étant tout aussi crédibles les uns que les autres. 

 

Joseph Kaplan n'est pas un militant politique. Il vit sa vie d'homme au gré des événements. C'est plutôt son entourage proche qui s'engage, qui combat, en l'entraînant dans la folle marche de siècle, au travers de combats féministes, socialistes, communistes.. le tout sans dogme ou envolées théoriques, mais au travers d'évocations concrètes, pour décrire l'impact du politique dans la vie quotidienne des hommes.

 

Comment parler de cette histoire sans tomber dans les poncifs, du style  "la grande histoire et la petite".? ... je dirais juste que l'auteur force le respect, en démontrant qu'il est encore possible de nous faire revivre des évènements mille fois décrits, sans que l'on ait une seule fois l'impression de redite ou de déjà-vu.

 

J'ajoute que même la vie familiale de Kaplan est passionnante. Les relations filiales, amoureuses, amicales des personnages sont esquissées avec une telle force, qu'on entre dans l'intimité de chacun, au travers des joies, des peines, des frustrations, des abandons, des trahisons, des retrouvailles, qui font le canevas de toute existence, mais qui sont ici parfois exacerbées par les choix radicaux imposés par le contexte historique et social (le Mur, la Guerre...)
   

Comment vous convaincre de vous précipiter sur ce roman, et entrer ainsi dans la vie non pas héroïque, mais tout de même extraordinaire de Joseph Kaplan, qui, de la première à la dernière page, vous tiendra en haleine ?

 

Dernière chose : même la fin est très très réussie, ce qui est assez rare pour être souligné et apprécié !

 

Binh

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 14:03

Un changement de braquet sûrement nécessaire, mais pas toujours convainquant...

 51EFca0EWNL. AA160

Un écrivain voit sa vie se déliter : sa femme l'a quitté, il ne peut se résoudre à voir ses enfants à temps partiel, il traîne son spleen dans sa ville bretonne... lorsque la maladie de sa mère l'oblige à revenir quelques jours sur les lieux de son enfance. Il va côtoyer son père silencieux, découvrir un secret de famille qui pourrait l'aider à mieux s'accepter, recroiser des amitiés de jeunesse, le tout dans un contexte dépressif de crise économique, d'élections présidentielles arbitrées par le vote frontiste et de catastrophe nucléaire (Fukushima)...  

On imagine, au vu de l'épaisseur du volume et de la palette des thème abordés par Olivier Adam dans ce nouveau roman (le couple, la paternité, les parents vieillissants, la vie en banlieue lointaine dans une société moderne qui nous isole et nous laisse isolés, Fukushima, le passage à l'âge adulte, eh oui, tout ça...), que l'auteur a voulu changer de catégorie, donner de l'ampleur à son oeuvre (il a aussi changé d'éditeur en passant chez Flammarion), peut-être viser une plus grande reconnaissance? un prix littéraire?

En tant que fan de la toute toute première heure, toujours fidèle aux rendez-vous, et si rarement déçue, j'entamais cette nouvelle phase de la carrière d'Olivier Adam avec curiosité, d'autant que le dernier roman (Le Coeur régulier, déjà commenté sur ce même site il y a quelques années), m'avait  donné confiance dans la capacité d'Olivier Adam à  se renouveler. 

Je dirais que je suis restée sur ma faim.

Le premier tiers du  roman est dans la veine de l'Olivier Adam des heures sombres. Une prose directe, lapidaire, qui sait partager la souffrance intime, et qui ne manque pas de serrer le coeur. On suit avec empathie cet homme, qui se sent à la croisée des chemins, observant avec désarroi tout ce qu'il a pu aimer se défaire : son couple, la vie quotidienne avec ses deux enfants, le Japon où il a vécu naguère ses plus doux moments. Tout est décrit avec justesse, tout en simplicité. C'est magnifiquement triste.

Le retour chez les parents marque une nouvelle étape, avec les relations aux parents, la rencontre avec les amitiés de jeunesse, avec en parallèle, l'évocation de nombreux souvenirs de ces gens à l'époque, ce qu'ils représentaient alors pour le narrateur, au regard de ce qu'ils sont devenus aujourd'hui.

C'est une partie un peu longue, parfois un peu ennuyeuse, qui ne m'a pas convaincue. Le regard porté sur la classe moyenne et ouvrière est sûrement juste, mais il n'est pas exempt de jugement : peut-on penser que la vie de la majorité des gens est ennuyeuse, monotone, sans but, sans les juger? Il manque peut-être un peu de tendresse et d'empathie pour que ce portrait de la France moyenne trouve sa place et son intérêt. Car, si beaucoup d'existences peuvent ressembler, dans leurs contours, à celles décrites dans le livre, il est aussi vrai que certaines d'entre elles peuvent être, sur la longue durée, heureuses, épanouies et sources de petits bonheurs... que la désespérance égrenée au fil des pages, ne laisse pas entrevoir...

Du coup, l'autojustification du narrateur, devant les jugements dont il ne manque pas d'être la cible (l'écrivain glandeur, qui gagne sa vie sans effort, le bobo un peu bling bling sur les bords, l'intellectuel tendance "sociale" qui se donne bonne conscience...), ne convainquent pas tout à fait, car après tout, c'est bien cette position privilégiée, qui lui permet de juger de la monotonie un peu grise des vies des autres...

La dernière partie du roman part sur des rails qui m'ont encore moins emportée. Une liaison un peu foireuse, un pétage de plombs, la fin du secret, ont fini par me laisser de glace. Je ne partageais plus rien, et je me suis ennuyée sec, presque pressée d'en finir. A tel point que le final avec le père, pourtant a priori poignant, ne m'a plus intéressée.

Dommage, car tout au long des passages plus ou moins passionants, le style d'Olivier Adam est toujours là, en filigrane, pour nous rappeler qu'un auteur exceptionnel est toujours présent, capable de faire mouche et de toucher le coeur en une seule phrase.

Peut-être que ce roman un peu trop démonstratif, n'était pas compatible avec le style si fluide, naturel et direct d'Olivier Adam et a donc fini par le desservir.

 

Binh

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 16:29

 

11495.jpgRafraîchissant et un peu décevant

Ce n'est pourtant pas banal d'être la petite fille de F. Mauriac, d'une "bonne famille catholique" et de tomber follement amoureuse de Jean-Luc Godard qui vous le rend bien ! Et bien cette plongée dans la Nouvelle Vague et la France des années 60 laisse une impression de lecture facile, d'un enchaînement d'anecdotes racontées d'un ton juvénile, quand on pouvait espérer un récit passionné de souvenirs uniques ! C'est ce qui déçoit ainsi que le style tout simple alors qu'Anne Wiazemski a une belle plume -Une Poignée de gens- dans lequel elle fait revivre sa famille russe par exemple et une grâce sensible. Elle est aussi fille de prince, actrice, signataire du manifeste des 343 et la soeur du dessinateur Wiaz.

Ce qui rend cette lecture sympathique, c'est sans doute cette immersion dans une époque en pleine effervescence artistique et qui se libère de bien des carcans. Anne a 19 ans quand elle commence son histoire d'amour avec un homme plus âgé alors que la majorité est encore à 21 ans mais de toute façon cet amour fera plier le poids de l'autorité paternelle sur les jeunes filles de ces années-là. Ce qui est amusant, c'est d'imaginer Jean-Luc Godard en amoureux transis ; que l'on découvre les tournages sous un autre angle ; que l'on croise des célébrités de l'époque : de Dany le Rouge à Maurice Béjart, Antoine Gallimard son ami, Jean Pierre Léaud,  Jeanne Moreau et j'en oublie, il y en a beaucoup!

Ce livre a recueilli de nombreuses critiques élogieuses et vous passerez un agréable moment. Mais pour ma part, je m'attendais à mieux.


Inès-Marie

Repost 0
Published by Nénettes-on-net - dans roman français
commenter cet article