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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 12:36

Une biographie romancée poignante.Les_Derniers_jours_de_Stefan_Zweig.jpg

 

  Ce sont en fait les derniers mois de l'écrivain fuyant le nazisme que Laurent Seksik nous racontent d'une écriture sensible et poétique. Certaines descriptions m'ont bouleversée : la main de Stephan Zweig tatonnant dans l'unique malle vidée des livres qu'il a pu emporter ou serrant son manuscrit contre lui et surtout les dernières pages consacrées à son suicide avec sa compagne.

 

  Si on n'est pas sans ignorer que l'auteur de "La peur," et de tant de chef d'oeuvres, a mis fin à ses jours au Brésil en 1942, on prend conscience avec cette biographie de la déchirure de l'exil, de la difficulté de survivre quand tant d'amis choisissent la mort ou sont victimes de la barbarie nazie et qu'on y échappe soi-même. Londres, New York, puis Pétropolis, nulle ville n'est un refuge pour celui qui voit disparaître son univers et se perdre le Monde pendant ces années monstrueuses. Et, ni la littérature, ni l'amour de Lotte, sa jeune femme, ne suffiront à le sauver. L'ami de Freud, de Rilke, et de tant d'autres, ce génie humaniste ne revient pas à la vie ni à l'espoir mais se dirige inexorablement vers "l'abîme."

 

  J'ai été touchée aussi de faire la connaissance de sa très jeune femme épousée en secondes noces. Vivant à l'ombre d'un génie mais aussi de la première femme Friderik von Winternitz, j'ai trouvé  que L. Seksik donnait une vraie place à celle qui a dit : " Tant pis si je n'ai pas été la femme de sa vie ici-bas. Moi, je serai sa compagne pour l'éternité."

 

  Un tout petit bémol, quelques fautes d'orthographe dans les citations en portugais ; l'éditeur ou l'auteur auraient pu s'assurer d'un bon conseil de relecture. Mais, ce n'est rien à côté des deux belles soirées passées en compagnie de ces pages que je vous conseille aussi pour leurs richesses culturelle et humaine. L'automne n'étant pas toujours une saison des plus gaies, sachez tout de même que c'est un livre fort émouvant.

 

Inès-Marie

 

 

 

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 15:26

A lire d'urgence... Un livre pour nous tous...

 

 

Michel a 17 ans, jeune lycéen parisien, il va sur une période de quelques mois, vivre la décomposition progressive de sa famille et rencontrer, à l'arrière de son bar de prédilection, où il passe des heures à jouer au baby,  un club mystérieux aux membres multiples auxquels il va s'attacher...

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Si vous avez envie de lire frénétiquement, passionnément,  sans un seul moment d'ennui, un roman de + de 600 pages.. qui ressemble à un pavé mais qui se lit tout seul!!!!

 

Si vous l'idée de plonger dans la France de la fin des années 50, la musique rock, la Guerre d'Algérie, et le durcissement de la guerre froide... vous plaît bien

 

Si vous avez envie de retrouver, le temps d'une lecture,  votre jeunesse, vos années lycées avec ses petites révoltes, ses premières amours, et déceptions de la vie

 

SI vous êtes curieux de fréquenter plein de gens au passé tumultueux, aux histoires multiples et épiques, aux gloires et aux hontes indélébiles,  de les découvrir au fil des pages et vous attacher à eux...

 

Si vous voulez croiser quelques célébrités de l'époque, telles que Sartre, Kessel ou Noureev.

 

Alors ce livre, passionnant, émouvant, romanesque, est pour vous !!!!

 

Binh

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 13:13

 

Comment de tant de violence peut naître de beaux personnages et vera-copie-1une histoire d'amour simple?

 

Véronique Ovaldé a réussi un joli roman plébiscité par les critiques (prix des lectrices de ELLE 2010- Renaudot des lycéens 2009) et me voilà hurlant avec les loups.

J'ai été très touchée par le destin de Véra Candida et par la simplicité des personnages et la justesse de l'écriture.

Nous traversons l'histoire de plusieurs générations de femmes dans une contrée hostile une île inventée au sud de l'Amérique: de Rose Bustamente l'arrière grand-mère à Monica Rose qui symbolise l'espoir.

Une fois ouvert ce livre ne se quitte plus. Le rythme est vivant et nous sommes au plus près de Véra, une Véra blessée par la vie et ses origines mais qui va briser la fatalité familiale. Vite dévoré, ce livre enchanté et enchanteur nous reste en mémoire comme une nostalgique mélodie. Fort et lancinant, cet air  resonne de l'écho inscrit par cette héroîne droite et courageuse.

Mon émotion est forte et mes mots faibles devant ceux de Véronique Ovaldé

Caro

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 11:30

Une nouvelle plongée dans l'univers certes un peu dépressif, mais au regard d'une acuité si douloureusement juste d'Olivier Adam

 

Il y a des auteurs dont j'ai du mal à me détacher. Depuis le choc, il y a une petite dizaine d'années, de "Je vais bien ne t'en fais pas",olivier-adam-le-coeur-regulier-M41167.jpg je replonge, à chaque sortie, avec fièvre et curiosité dans le monde si particulier d'Olivier Adam.

Une fois encore, je n'ai pu résisté, et suis allée m'acheter ce samedi son dernier roman.

 

Et cette fois encore je n'ai pas été déçue.... Comment expliquer cet envoûtement?

 

Une femme perd pied,  suite à la mort de son frère, elle suit ses traces dans un village de bord de mer au Japon.

Le regard de la jeune femme se décale petit à petit, de son frère, elle en arrive à scruter sa propre vie, avec tout d'abord intransigeance, cruauté, et aussi un peu de mauvaise foi... Manquant de se perdre, elle s'accroche aux personnes rencontrées dans ce village japonais.. Elle va progressivement retrouver des traces de ce frère, peut-être finalement méconnu d'elle, alors qu'elle se croyait si proche de lui. Au final, c'est peut-être une partie d'elle-même qu'elle va retrouver, et sûrement mieux accepter. .

 

Il y a tout d'abord le style magnifique d'Olivier Adam. Des phrases au rythme apparemment simple, lent, et musical, qui sait décrire si justement le quotidien,  ses sons et ses couleurs.

 

La musique familière s'est ici renouvelée, ele a trouvé une nouvelle dimension dans un univers peut-être plus ample : une ampleur géographique, puisqu'une grande partie de l'intrigue se déroule au Japon, mais aussi une ampleur de vue, qui parvient à dépasser la simple relation au sein de ce binôme frère-soeur un peu symbiotique (et déjà présent dans une partie de l'oeuvre d'Olivier Adam), pour explorer, avec un regard sans concession, à la cruauté parfois démesurée, d'autres volets de la vie moderne :  le monde de l'emploi et les relations au travail, les enfants qui grandissent, se détachent et parfois nous manquent, une observation de la jeunesse dorée, chanceuse et intégrée ...

Il y aussi des évocations éminemment  précises de la solitude parfois ressentie dans notre monde moderne. Ces moments où l'on voudrait que quelqu'un s'occupe de nous, nous choie ou  nous prenne dans ses bras."La vie est dure et certaines personnes, à certains moments de leur parcours, ont besoin qu'on s'occupe d'elles."

 

Vous découvrirez alors  Natsume, un personnage magnifique, qui sauve des vies (mais je n'en dis pas plus).

 

La beauté de ce livre, c'est que, même si la musique lancinante d'Olivier Adam semble produire les mêmes sons, elle nous porte progressivement loin d'où on pensait arriver.

 

A peut-être juste éviter si l'on n'est pas dans une trop bonne phase de sa vie....

 

Binh

 

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 10:52

La défense d'une gynécologie humaine et compréhensive, desservie parchoeur.jpg une histoire inutile et abracadabrantesque


J'ai toujours aimé le style très simple, très vivant, ainsi que les idées extrêmement humanistes défendues par Martin Winckler depuis "la Maladie de Sachs".

 Ce nouveau roman, très volumineux, raconte l'histoire d'une jeune interne de médecine qui découvre les aspects humains et sociaux de la médecine, à travers son dernier stage d'internat en hôpital, au sein d'un service où l'écoute des femmes autour du soin prévaut sur les actes médicaux "mécaniques" et protocolisés.

En tant que femme (et peut-être en tant que patient tout court), on ne peut qu'être touché et ému par les innombrables histoires croisées tout au long de son périple initiatique....
Beaucoup d'histoires, d'anecdotes parfois drôles, parfois très tristes, parfois dramatiques.

Les principes défendus par M. Winckler, et la présentation de pratiques de la médecine française, parfois en contradiction totale avec des pratiques étrangères plus à l'écoute des femmes,de leur pudeur, de leur quotidien de leurs angoisses, sont vraiment bien exposés et très instructifs.

 Il est tout simplement dommage que le tout soit englué dans une présentation parfois un peu trop machiavélique ou trop simpliste (l'évolution d la jeune interne passant du "moule" de l'université à la totale empathie..., les réactions du personnel qui passe de la défiance à l'admiration, le Docteur parfois un peu trop gourou quand même).
Sur la fin, c'est carrément trop long, d'autant que l'histoire personnelle de la jeune femme devient tout simplement incroyable, terriblement ennuyeuse et sans intérêt.

A lire, donc, pour celles qui rêvent d'une gynécologie qui nous comprendrait, nous écouterait, nous respecterait  plutôt que de correspondre simplement aux diktats des médecins. (Exemple : tel ou tel geste est douloureux pour la femme, mais bon, il simplifie l'opération du médecin, donc il est conservé!!!)

Binh
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 11:41

l-annonce_marie-helene-lafon.jpgUn style particulier au service d'une histoire d'amour mais surtout de non-renoncement,  toute en finesse et en détails.

Paul , quarante-six ans , paysan en Auvergne. Il vit depuis toujours ou presque en compagnie de sa soeur et de deux grands-oncles en quasi autarcie. Il ne veut pas finir sa vie seul.

Annette, trente -sept ans, a connu une histoire d'amour pleine de cris et d'alcool avec Didier. Sans métier, elle est prête à quitter Bailleul dans le Nord en compagnie de son fils, Eric, pour redonner un sens à sa vie.

Faisant la jonction entre
ces deux personnages qui ont en commun le refus de la fatalité d'une destinée toute tracée, une petite annonce.

C'est un de ces livres sur lesquels vous tombez par hasard à la bibliothèque. Tout petit :  la promesse d'une lecture d'un soir.

Mais c'est là que j'ai été bien surprise!
Il m'a fallu passer par-dessus un style littéraire un peu particulier, sûrement ce qui s'appelle du "style libre" (mais bon je n'y connais pas grand chose) : de longues phrases, quasiment sans ponctuation, très peu aidées par une police de caractères et une pagination éditeur très resserrée...
J'ai failli lâcher, mais quelque chose m'a maintenue dans le fil de la narration : peut-être les très belles descriptions de la nature (le Nord et la campagne aux alentours de la ferme), peut-être la curiosité de connaître l'évolution de cette relation amoureuse particulière, peu vouée à la réussite.... Mais surement avant tout de magnifiques phrases, qui expriment, très justement, certains de ces sentiments profonds et si difficiles à décrypter (le poids du quotidien, la souffrance, la solitude, les rêves, l'amitié et les rencontres, l'envie, l'aigreur).
Les longues phrases de description sont mélangées avec des phrases très courtes, incisives, mais qui disent tout.

" Elle aimait le mot agriculteur. C'était un vrai métier, pas une de ces misères à goût de vomi, pas un boulot d'esclave à domicile, de chair d'usine, d'hôtesse de caisse. Il y avait le mot doux dans l'annonce, doux quarante-six ans cherche jeune femme aimant la campagne. Aimait-elle la campagne? Etait-elle jeune. Plus jeune. Oui. Elle était plus jeune que l'agriculteur de l'annonce domiciliée numéro CF41418. Elle répondrait ( ...)
Elle essaierait. Pour ça, elle aurait la force. Il le faudrait. Un autre hiver flasque commençait dans le vide de Bailleul (...)
 Elle devait changer, partir, inventer, ailleurs et autrement. La campagne pourquoi pas? Ailleurs. S'arracher".


Le récit alterne dans un désordre très intelligent le temps présent, le passé de chacun, et les 2 moments où ils se sont rencontrés, dans des villes inconnues, pile au milieu de leurs 2 lieux de vie, avant de décider de s'installer ensemble. Ces 2 moments sont décrits avec une netteté qui force l'admiration.... Comment s'apprécie-t-on à partir des petits riens, des mots et des silences.... ?


La fin est magnifique aussi, surprenante,  floue, incertaine, comme la vraie vie.


Binh

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 11:22

9782070336418Les années d'apprentissage de Bruno Sachs...


Martin winckler transpose Les trois mousquetaires dans l'univers d'Urgences
Cette pirouette littéraire permet d'introduire dans ce récit polyphonique et analeptique, une réelle réflexion sur les valeurs humanistes qui font défaut à beaucoup de praticiens.

Retournons  trente ans en arrière: la quête de Basile, André, Christophe et ...Bruno évoque la nécessaire solidarité des étudiants en médecine contre les mandarins réactionnaires et aveugles aux souffrances des patients, en particulier des patientes.
Une nouvelle génération de praticiens, surfant sur la lame de fond Weil, est en train de naître. S'engage alors un long combat héroïque...

Les trois médecins emprunte également au XIX siècle la tradition du "bildungsroman". Au fil de leur formation ponctuée de multiples épreuves ( y compris celles de l'amour), les quatre étudiants en médecine deviendront des soignants.
Trente ans plus tard, on retrouve Bruno (d'Artagnan) dans l'amphi qui l'a vu naître à sa vocation, en prosélyte car il est temps de reprendre le combat! (voir également enquête Marie Claire de Mars 2010)

Les trois médecins est également un roman visionnaire quant à notre actuel système de santé qui meurt, entre autres ineptes réformes, du numerus clausus instauré il y a presque quarante ans.

Isabelle
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:48

albert-camus[1]

Force et simplicité, un indispensable chef d’œuvre

 

Les nombreux articles parus concernant Camus et son œuvre à l’occasion des 50 ans de sa mort m’ont donné envie de lire « L’étranger ».

 

Que dire… Que c’est une œuvre d’une splendide simplicité, d’abord. Le narrateur est un homme primaire et le style est parfaitement adapté à sa psychologie. Les phrases sont courtes et d’une profonde beauté :

« C’était le même soleil que le jour où j’avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. »

« C’est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir le feu. »

 

Qu’ensuite, le personnage principal, victime à mes yeux d’une profonde dépression, est incapable de sentiment vis-à-vis de son entourage et que cette dépression va conduire à sa perte. En particulier, son insensibilité face à la mort (de sa maman d’abord, de sa victime ensuite) ne peut pas être comprise par la société. Et pourtant, la Justice prendra à son égard une décision bien plus inhumaine que son absence de larmes le jour de l’enterrement de sa mère. Cette sécheresse lacrymale n’est-elle pas d’ailleurs son pire crime aux yeux de ses juges ?

« Il m’a dit qu’il devait aborder maintenant des questions apparemment étrangères à mon affaire (…). J’ai compris alors qu’il allait encore parler de maman et j’ai senti en même temps que cela m’ennuyait. »

« Le directeur a regardé alors le bout de ses souliers et il a dit que je n’avais pas voulu voir maman, je n’avais pas pleuré une seule fois et j’étais parti aussitôt après l’enterrement sans me recueillir sur sa tombe (…) Puis le président a demandé à l’avocat général s’il n’avait pas de question à poser au témoin et le procureur s’est écrié : « Oh, non ! Cela suffit » »

 

Qu’enfin c’est un très beau livre empreint d’un incroyable humanité.

 

Jan-Luc

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 22:39

Un-Roman-Francais-copie-1.jpgBeaucoup de nombrilisme , un peu de sensibilité et de nostalgie, pas mal de culture et d’humour on pourrait tomber amoureuse de Beigbeder s’il n’était pas si ringard !

Encore une autobiographie… Avec  une aussi belle écriture et beaucoup de recul Monsieur Beigbeder pourrait faire l’effort d’un peu d'empathie et nous livrer une jolie histoire comme dans « Windows of the world ».

Mais non, tout d’abord Frédéric aborde comme exceptionnel la perte de mémoire de sa première jeunesse, je suis au regret de vous annoncer que nous sommes plutôt nombreux dans ce cas ! J’ai donc eu envie de crier "ayez un enfant et beaucoup de choses vont vous revenir". Bon je suis impatiente car effectivement 60 pages plus loin sa fille ouvre une parenthèse nostalgique.

Voilà notre Beigbeder national attachant avec de charmants flashs et musiques de notre enfance. Il décrit un passé chic et bohème joli comme un film avec Romy Schneider.

Mais bientôt il fait preuve d’une mauvaise foi bien masculine ! Et même si son dandysme est sympathique et son humour irrésistible les travers  des hommes égoïstes sont impardonnables et démodés !

Il nous vend un nouveau Beigbeder ? A part mieux l’expliquer pour mieux l’excuser je ne vois aucune remise en cause dans ce feedback d’un quadra français !

Ne serait-il pas plus sain et respectable d’assumer qui il est ! Je me perds un peu, est-ce à cause de son frère, de son père, de sa mère, ou peut-être des 2 à la fois…  Dommage que Beigbeder n’ assume son don juanisme il  serait beaucoup plus sexy ! Pas une seconde il n’ aborde ce que ces proches ressentent…  Un homme sans conscience des autres mais avec une bonne estime de lui… Le passage de sa révolte sur les conditions d’incarcération en France prouve que notre héros peut faire preuve de compassion. Ne désespérons sur le genre humain le prochain Beigbeder sera gentleman et humaniste !

  Caro


  On ne sait qu'en penser????

J'ai aussi un avis assez ambivalent sur ce roman.... J'ai beaucoup aimé le début, peut-être parce que c'est le 1er livre de Beigbeider que je lis.... Il a un style brillant et c'est aussi très drôle (la scène de l'arrestation est hilarante...)...

Puis, je me suis petit à petit laissée envahir par l'ennui dans la suite ;  les allers-retours entre les souvenirs d'enfance (dont la banalité n'a d'égale que l'égocentrisme totalement assumé par l'auteur, ce qui s'avèrera charmant pour les uns, horripilant pour les autres et totalement inintéressant pour ma part...) et sa garde à vue...  certes longue et épuisante, mais bon, on ne croit pas du tout au plaidoyer sur la justice etc. que tente Beigbeider.... Au fond, Il ne défend que son intérêt, et se contente de dénoncer ce qui lui semble dispoportionné, pour son propre cas....

J'ai fini le livre un petit peu déçue (par la suite donnée à un début prometteur) et aussi un peu agacée par le fait que ce type de livre puisse attirer autant d'intérêt médiatique et littéraire, alors que tant d'autres romans beaucoup plus marquants et intéressants passent à la trappe....
Question de goût....

 Binh

J'avoue, j'ai aimé !

Bien sûr, comme vous, je l'ai trouvé trés égocentrique mais j'ai été plus souvent  touchée qu'agacée. J'aime beaucoup son style et me suis sentie très proche de sa perception de la littérature : la lecture qui fait "disparaître le temps" et  l'écriture "comme moyen de le retenir".

Je me suis aussi sentie proche de lui parce que nous sommes nés la même année et que de nombreuses évocations m'ont semblé très justes tant pour la société française, ses mentalités, que pour les  réminicences des émissions de notre enfance, l'odeur du cuir dans les voitures ou les malabars...

Même s'il n'est pas facile de comprendre les plaintes d'un petit garçon à l'enfance si privilégiée, j'ai trouvé belles les pages sur son grand-père, la maison de Guethary, les plages de la côte Basque. J'ai été touchée par ses drames intimes face au divorce, aux non-dits et à son frère. J'ai donc été tenté de regarder autrement l'homme qu'il est devenu ...

Je suis sans doute moins sévère car moins déçue que je ne le craignais. Même si je suis d'accord avec vous pour les reproches qui peuvent lui être formulés auxquels j'ajoute celui de ne pas nommer "autobiographie" mais "roman" ce récit. Il y aurait gagné ce qu'apporte le pacte autobiographique.

Inès-Marie


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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 14:10
1023399-gf.jpgUn beau mensonge vaut-il mieux qu'une triste réalité ?


Voici un livre que j'ai beaucoup aimé et qu'on lit d'une seule traite.
L'histoire est originale tirée d'un fait divers. Une pianiste Joyce Hatto a profité d'une gloire posthume avant qu'un de ses fans en  utilisant Itunes découvre que ces disques n'étaient en fait que des plagiats.
Autour de cette imposture, Minh tisse une belle histoire d'amour. Avec sensiblité et pudeur elle aborde des thèmes douloureux comme la perte d'êtres chers,  la recherche de nos racines et la construction de ces personnages par rapport à celles-ci.  On voyage beaucoup au Vietnam à travers des contes et des destinées.
Beaucoup de vrai, de faux dans ce roman qui nous renvoie à la puissance de l'amour et à la tristesse de certaines vies. Peut-on condamner le mari de cette pianiste d''embellir la vie et surtout celle de sa bien aimée?

"N'est-ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, ou les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se meut en brumes légères comme un fil de soie"

Après avoir fermé ce livre, je n'ai qu'une envie lire "La princesse et le pécheur" du même auteur.

Caro


Un voyage littéraire magnifique,dans les méandres de l'amour, de la musique, du Viêt-nam à la France

Autant le dire d'entrée, j'ai adoré ce roman, qui m'a fait voyager dans les méandres des histoires et mythes familiaux et de l'imaginaire amoureux.
Ce livre, d'un style d'une élégance douce et sublime, retrace non seulement une histoire insolite (une mystification inspirée d'une histoire vraie), mais aussi et surtout l'évocation d'un homme qui a follement aimé une femme.
Il l'a aimée, imaginée, et aurait tout fait pour elle.
Vous découvrirez comment en suivant leur relation de l'enfance à l'âge adulte, histoire pleine d'imaginaire, de romantisme et de rebondissements.La fin notamment, ne cesse de nous surprendre, jusqu'à la dernière page, pour nous laisser sentimental(e), rêveur (se), charmé(e). 

Vous découvrirez aussi plein de facettes sur les vietnamiens issus des boat-people : leurs rêves d'immigration, leurs liens au pays natal, ce qu'ils ont cherché à transmettre à leurs enfants.... c'est si rare d'entendre parler d'eux en dehors de romans pas toujours accessibles.

Malgré quelques toutes petites longueurs (le retour au Viet-nam), ce livre se dévore en une savoureuse bouchée.. Ne boudez pas votre plaisir.


Binh
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