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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 11:22

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Une analyse psychologique précise et passionnante de la genèse de l'attentat du Petit Clamart, dans le contexte de la fin de la Guerre d'Algérie

 

Fan de la première heure d'Alice Ferney, j'avoue avoir peu accroché à sa phase "analyse des relations de couples et de famille", qui m'avait peu passionnée, c'est le moins que l'on puisse dire.

 

Ce nouveau roman semble annoncer un nouveau volet dans l'oeuvre littéraire d'Alice Ferney, qui nous propose ici son interprétation et son analyse de ce qui a pu amener  un (des) hauts cadre de la hiérarchie militaire à se retourner contre De Gaulle, pourtant leur héros.

 

Ce court récit propose ainsi une analyse psychologique de 2 des principaux intéressés, dans ce moment crucial de l'histoire de France que fut le dénouement de la guerre d'indépendance de l'Algérie, et qui s'est soldée par l'attentat raté du Petit Clamart :

- d'un côté un chef charismatique, qui, à la sortie de la "traversée du désert" est rappelé pour gérer la sortie du conflit, et va s'y atteler en mettant dans la bataille, à partir de son analyse réaliste de la situation et de sa lecture de l'histoire moderne, toute sa force de conviction, son sens de la politique et son aura. 

- de l'autre, un haut cadre du Ministère, fils de résistant, qui passe de l'admiration sans borne à la haine pour ce qu'il considère comme une pure trahison. A travers lui, c'est le regard de milliers de militaires combattant sur place, qui ont pu se sentir abandonnés ou trahis, et qui ont été amenés à abandonner à leur tour ceux qui leur avaient fait confiance.

Ce roman décortique les méandres de la pensée, qui poussèrent cet homme à placer la Patrie au-delà se sa propre vie et de son amour pour sa famille.


Il  analyse très concrètement le malentendu, plus ou moins entretenu par le pouvoir,qui est parti de cette fameuse phrase : "Je vous ai compris ! " : en effet, chacun pouvant interpréter à sa guise cette déclaration, selon sa situation personnelle et ses attentes... pouvait-on à la fois satisfaire les Algériens indépendantistes, les pro-français, les colons, les Français de métropole???

 

Il montre enfin,dans son dénouement, comment aurait été traité le procès et la fin de cet événement, à la limite de l'absence totale de justice tout de même.

 

Le style d'Alice Ferney est toujours aussi lyrique et précis ; le début du roman, propose notamment quelques pages magnifiques sur la place de l'individualité (le soldat, ses petites victoires ou trahisons, son quotidien), au sein d'un conflit dans son ensemble.

 

Un roman qui se lit assez vite, et qui éclaire un passage relativement méconnu de notre histoire récente,en proposant un un angle "psychologique" original, et qui nous change des analyses historiques plus classiques et plus consensuelles.

Très intéressant.

 

Binh

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 17:35

enfant-noir.jpgRoman initiatique d'un jeune africain né en 1928

 

Emprunté au rayon jeunesse de ma médiathèque préférée, ce classique de la littérature négro-africaine m'a emmenée dans un voyage dépaysant.

Nous découvrons à travers les yeux d'un petit garçon les traditions et la vie quotidienne en Haute-Guinée.

 

Le style simple décrit parfaitement les peurs et les découvertes de cet enfant face aux traditions ancestrales de son pays mais aussi face à son amour filial et ses amitiés. Puis, nous suivons ce petit garçon qui s'éloigne de ses traditions séculaires et ce détachement est parfois douloureux.

 

Edité en 1953, ce livre n'a pas veilli et garde une certaine magie. Les sentiments sont beaux et nobles. La dignité des personnages parle de la négritude d'Aimé Césaire.

Nous sommes dans l'Afrique de Kirikou loin de la réalité de la colonisation et des difficultés actuelles de ce continent bouleversé.

 

Caro

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 12:36

Une biographie romancée poignante.Les_Derniers_jours_de_Stefan_Zweig.jpg

 

  Ce sont en fait les derniers mois de l'écrivain fuyant le nazisme que Laurent Seksik nous racontent d'une écriture sensible et poétique. Certaines descriptions m'ont bouleversée : la main de Stephan Zweig tatonnant dans l'unique malle vidée des livres qu'il a pu emporter ou serrant son manuscrit contre lui et surtout les dernières pages consacrées à son suicide avec sa compagne.

 

  Si on n'est pas sans ignorer que l'auteur de "La peur," et de tant de chef d'oeuvres, a mis fin à ses jours au Brésil en 1942, on prend conscience avec cette biographie de la déchirure de l'exil, de la difficulté de survivre quand tant d'amis choisissent la mort ou sont victimes de la barbarie nazie et qu'on y échappe soi-même. Londres, New York, puis Pétropolis, nulle ville n'est un refuge pour celui qui voit disparaître son univers et se perdre le Monde pendant ces années monstrueuses. Et, ni la littérature, ni l'amour de Lotte, sa jeune femme, ne suffiront à le sauver. L'ami de Freud, de Rilke, et de tant d'autres, ce génie humaniste ne revient pas à la vie ni à l'espoir mais se dirige inexorablement vers "l'abîme."

 

  J'ai été touchée aussi de faire la connaissance de sa très jeune femme épousée en secondes noces. Vivant à l'ombre d'un génie mais aussi de la première femme Friderik von Winternitz, j'ai trouvé  que L. Seksik donnait une vraie place à celle qui a dit : " Tant pis si je n'ai pas été la femme de sa vie ici-bas. Moi, je serai sa compagne pour l'éternité."

 

  Un tout petit bémol, quelques fautes d'orthographe dans les citations en portugais ; l'éditeur ou l'auteur auraient pu s'assurer d'un bon conseil de relecture. Mais, ce n'est rien à côté des deux belles soirées passées en compagnie de ces pages que je vous conseille aussi pour leurs richesses culturelle et humaine. L'automne n'étant pas toujours une saison des plus gaies, sachez tout de même que c'est un livre fort émouvant.

 

Inès-Marie

 

 

 

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 15:26

A lire d'urgence... Un livre pour nous tous...

 

 

Michel a 17 ans, jeune lycéen parisien, il va sur une période de quelques mois, vivre la décomposition progressive de sa famille et rencontrer, à l'arrière de son bar de prédilection, où il passe des heures à jouer au baby,  un club mystérieux aux membres multiples auxquels il va s'attacher...

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Si vous avez envie de lire frénétiquement, passionnément,  sans un seul moment d'ennui, un roman de + de 600 pages.. qui ressemble à un pavé mais qui se lit tout seul!!!!

 

Si vous l'idée de plonger dans la France de la fin des années 50, la musique rock, la Guerre d'Algérie, et le durcissement de la guerre froide... vous plaît bien

 

Si vous avez envie de retrouver, le temps d'une lecture,  votre jeunesse, vos années lycées avec ses petites révoltes, ses premières amours, et déceptions de la vie

 

SI vous êtes curieux de fréquenter plein de gens au passé tumultueux, aux histoires multiples et épiques, aux gloires et aux hontes indélébiles,  de les découvrir au fil des pages et vous attacher à eux...

 

Si vous voulez croiser quelques célébrités de l'époque, telles que Sartre, Kessel ou Noureev.

 

Alors ce livre, passionnant, émouvant, romanesque, est pour vous !!!!

 

Binh

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 13:13

 

Comment de tant de violence peut naître de beaux personnages et vera-copie-1une histoire d'amour simple?

 

Véronique Ovaldé a réussi un joli roman plébiscité par les critiques (prix des lectrices de ELLE 2010- Renaudot des lycéens 2009) et me voilà hurlant avec les loups.

J'ai été très touchée par le destin de Véra Candida et par la simplicité des personnages et la justesse de l'écriture.

Nous traversons l'histoire de plusieurs générations de femmes dans une contrée hostile une île inventée au sud de l'Amérique: de Rose Bustamente l'arrière grand-mère à Monica Rose qui symbolise l'espoir.

Une fois ouvert ce livre ne se quitte plus. Le rythme est vivant et nous sommes au plus près de Véra, une Véra blessée par la vie et ses origines mais qui va briser la fatalité familiale. Vite dévoré, ce livre enchanté et enchanteur nous reste en mémoire comme une nostalgique mélodie. Fort et lancinant, cet air  resonne de l'écho inscrit par cette héroîne droite et courageuse.

Mon émotion est forte et mes mots faibles devant ceux de Véronique Ovaldé

Caro

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 11:30

Une nouvelle plongée dans l'univers certes un peu dépressif, mais au regard d'une acuité si douloureusement juste d'Olivier Adam

 

Il y a des auteurs dont j'ai du mal à me détacher. Depuis le choc, il y a une petite dizaine d'années, de "Je vais bien ne t'en fais pas",olivier-adam-le-coeur-regulier-M41167.jpg je replonge, à chaque sortie, avec fièvre et curiosité dans le monde si particulier d'Olivier Adam.

Une fois encore, je n'ai pu résisté, et suis allée m'acheter ce samedi son dernier roman.

 

Et cette fois encore je n'ai pas été déçue.... Comment expliquer cet envoûtement?

 

Une femme perd pied,  suite à la mort de son frère, elle suit ses traces dans un village de bord de mer au Japon.

Le regard de la jeune femme se décale petit à petit, de son frère, elle en arrive à scruter sa propre vie, avec tout d'abord intransigeance, cruauté, et aussi un peu de mauvaise foi... Manquant de se perdre, elle s'accroche aux personnes rencontrées dans ce village japonais.. Elle va progressivement retrouver des traces de ce frère, peut-être finalement méconnu d'elle, alors qu'elle se croyait si proche de lui. Au final, c'est peut-être une partie d'elle-même qu'elle va retrouver, et sûrement mieux accepter. .

 

Il y a tout d'abord le style magnifique d'Olivier Adam. Des phrases au rythme apparemment simple, lent, et musical, qui sait décrire si justement le quotidien,  ses sons et ses couleurs.

 

La musique familière s'est ici renouvelée, ele a trouvé une nouvelle dimension dans un univers peut-être plus ample : une ampleur géographique, puisqu'une grande partie de l'intrigue se déroule au Japon, mais aussi une ampleur de vue, qui parvient à dépasser la simple relation au sein de ce binôme frère-soeur un peu symbiotique (et déjà présent dans une partie de l'oeuvre d'Olivier Adam), pour explorer, avec un regard sans concession, à la cruauté parfois démesurée, d'autres volets de la vie moderne :  le monde de l'emploi et les relations au travail, les enfants qui grandissent, se détachent et parfois nous manquent, une observation de la jeunesse dorée, chanceuse et intégrée ...

Il y aussi des évocations éminemment  précises de la solitude parfois ressentie dans notre monde moderne. Ces moments où l'on voudrait que quelqu'un s'occupe de nous, nous choie ou  nous prenne dans ses bras."La vie est dure et certaines personnes, à certains moments de leur parcours, ont besoin qu'on s'occupe d'elles."

 

Vous découvrirez alors  Natsume, un personnage magnifique, qui sauve des vies (mais je n'en dis pas plus).

 

La beauté de ce livre, c'est que, même si la musique lancinante d'Olivier Adam semble produire les mêmes sons, elle nous porte progressivement loin d'où on pensait arriver.

 

A peut-être juste éviter si l'on n'est pas dans une trop bonne phase de sa vie....

 

Binh

 

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 10:52

La défense d'une gynécologie humaine et compréhensive, desservie parchoeur.jpg une histoire inutile et abracadabrantesque


J'ai toujours aimé le style très simple, très vivant, ainsi que les idées extrêmement humanistes défendues par Martin Winckler depuis "la Maladie de Sachs".

 Ce nouveau roman, très volumineux, raconte l'histoire d'une jeune interne de médecine qui découvre les aspects humains et sociaux de la médecine, à travers son dernier stage d'internat en hôpital, au sein d'un service où l'écoute des femmes autour du soin prévaut sur les actes médicaux "mécaniques" et protocolisés.

En tant que femme (et peut-être en tant que patient tout court), on ne peut qu'être touché et ému par les innombrables histoires croisées tout au long de son périple initiatique....
Beaucoup d'histoires, d'anecdotes parfois drôles, parfois très tristes, parfois dramatiques.

Les principes défendus par M. Winckler, et la présentation de pratiques de la médecine française, parfois en contradiction totale avec des pratiques étrangères plus à l'écoute des femmes,de leur pudeur, de leur quotidien de leurs angoisses, sont vraiment bien exposés et très instructifs.

 Il est tout simplement dommage que le tout soit englué dans une présentation parfois un peu trop machiavélique ou trop simpliste (l'évolution d la jeune interne passant du "moule" de l'université à la totale empathie..., les réactions du personnel qui passe de la défiance à l'admiration, le Docteur parfois un peu trop gourou quand même).
Sur la fin, c'est carrément trop long, d'autant que l'histoire personnelle de la jeune femme devient tout simplement incroyable, terriblement ennuyeuse et sans intérêt.

A lire, donc, pour celles qui rêvent d'une gynécologie qui nous comprendrait, nous écouterait, nous respecterait  plutôt que de correspondre simplement aux diktats des médecins. (Exemple : tel ou tel geste est douloureux pour la femme, mais bon, il simplifie l'opération du médecin, donc il est conservé!!!)

Binh
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 11:41

l-annonce_marie-helene-lafon.jpgUn style particulier au service d'une histoire d'amour mais surtout de non-renoncement,  toute en finesse et en détails.

Paul , quarante-six ans , paysan en Auvergne. Il vit depuis toujours ou presque en compagnie de sa soeur et de deux grands-oncles en quasi autarcie. Il ne veut pas finir sa vie seul.

Annette, trente -sept ans, a connu une histoire d'amour pleine de cris et d'alcool avec Didier. Sans métier, elle est prête à quitter Bailleul dans le Nord en compagnie de son fils, Eric, pour redonner un sens à sa vie.

Faisant la jonction entre
ces deux personnages qui ont en commun le refus de la fatalité d'une destinée toute tracée, une petite annonce.

C'est un de ces livres sur lesquels vous tombez par hasard à la bibliothèque. Tout petit :  la promesse d'une lecture d'un soir.

Mais c'est là que j'ai été bien surprise!
Il m'a fallu passer par-dessus un style littéraire un peu particulier, sûrement ce qui s'appelle du "style libre" (mais bon je n'y connais pas grand chose) : de longues phrases, quasiment sans ponctuation, très peu aidées par une police de caractères et une pagination éditeur très resserrée...
J'ai failli lâcher, mais quelque chose m'a maintenue dans le fil de la narration : peut-être les très belles descriptions de la nature (le Nord et la campagne aux alentours de la ferme), peut-être la curiosité de connaître l'évolution de cette relation amoureuse particulière, peu vouée à la réussite.... Mais surement avant tout de magnifiques phrases, qui expriment, très justement, certains de ces sentiments profonds et si difficiles à décrypter (le poids du quotidien, la souffrance, la solitude, les rêves, l'amitié et les rencontres, l'envie, l'aigreur).
Les longues phrases de description sont mélangées avec des phrases très courtes, incisives, mais qui disent tout.

" Elle aimait le mot agriculteur. C'était un vrai métier, pas une de ces misères à goût de vomi, pas un boulot d'esclave à domicile, de chair d'usine, d'hôtesse de caisse. Il y avait le mot doux dans l'annonce, doux quarante-six ans cherche jeune femme aimant la campagne. Aimait-elle la campagne? Etait-elle jeune. Plus jeune. Oui. Elle était plus jeune que l'agriculteur de l'annonce domiciliée numéro CF41418. Elle répondrait ( ...)
Elle essaierait. Pour ça, elle aurait la force. Il le faudrait. Un autre hiver flasque commençait dans le vide de Bailleul (...)
 Elle devait changer, partir, inventer, ailleurs et autrement. La campagne pourquoi pas? Ailleurs. S'arracher".


Le récit alterne dans un désordre très intelligent le temps présent, le passé de chacun, et les 2 moments où ils se sont rencontrés, dans des villes inconnues, pile au milieu de leurs 2 lieux de vie, avant de décider de s'installer ensemble. Ces 2 moments sont décrits avec une netteté qui force l'admiration.... Comment s'apprécie-t-on à partir des petits riens, des mots et des silences.... ?


La fin est magnifique aussi, surprenante,  floue, incertaine, comme la vraie vie.


Binh

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 11:22

9782070336418Les années d'apprentissage de Bruno Sachs...


Martin winckler transpose Les trois mousquetaires dans l'univers d'Urgences
Cette pirouette littéraire permet d'introduire dans ce récit polyphonique et analeptique, une réelle réflexion sur les valeurs humanistes qui font défaut à beaucoup de praticiens.

Retournons  trente ans en arrière: la quête de Basile, André, Christophe et ...Bruno évoque la nécessaire solidarité des étudiants en médecine contre les mandarins réactionnaires et aveugles aux souffrances des patients, en particulier des patientes.
Une nouvelle génération de praticiens, surfant sur la lame de fond Weil, est en train de naître. S'engage alors un long combat héroïque...

Les trois médecins emprunte également au XIX siècle la tradition du "bildungsroman". Au fil de leur formation ponctuée de multiples épreuves ( y compris celles de l'amour), les quatre étudiants en médecine deviendront des soignants.
Trente ans plus tard, on retrouve Bruno (d'Artagnan) dans l'amphi qui l'a vu naître à sa vocation, en prosélyte car il est temps de reprendre le combat! (voir également enquête Marie Claire de Mars 2010)

Les trois médecins est également un roman visionnaire quant à notre actuel système de santé qui meurt, entre autres ineptes réformes, du numerus clausus instauré il y a presque quarante ans.

Isabelle
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:48

albert-camus[1]

Force et simplicité, un indispensable chef d’œuvre

 

Les nombreux articles parus concernant Camus et son œuvre à l’occasion des 50 ans de sa mort m’ont donné envie de lire « L’étranger ».

 

Que dire… Que c’est une œuvre d’une splendide simplicité, d’abord. Le narrateur est un homme primaire et le style est parfaitement adapté à sa psychologie. Les phrases sont courtes et d’une profonde beauté :

« C’était le même soleil que le jour où j’avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. »

« C’est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir le feu. »

 

Qu’ensuite, le personnage principal, victime à mes yeux d’une profonde dépression, est incapable de sentiment vis-à-vis de son entourage et que cette dépression va conduire à sa perte. En particulier, son insensibilité face à la mort (de sa maman d’abord, de sa victime ensuite) ne peut pas être comprise par la société. Et pourtant, la Justice prendra à son égard une décision bien plus inhumaine que son absence de larmes le jour de l’enterrement de sa mère. Cette sécheresse lacrymale n’est-elle pas d’ailleurs son pire crime aux yeux de ses juges ?

« Il m’a dit qu’il devait aborder maintenant des questions apparemment étrangères à mon affaire (…). J’ai compris alors qu’il allait encore parler de maman et j’ai senti en même temps que cela m’ennuyait. »

« Le directeur a regardé alors le bout de ses souliers et il a dit que je n’avais pas voulu voir maman, je n’avais pas pleuré une seule fois et j’étais parti aussitôt après l’enterrement sans me recueillir sur sa tombe (…) Puis le président a demandé à l’avocat général s’il n’avait pas de question à poser au témoin et le procureur s’est écrié : « Oh, non ! Cela suffit » »

 

Qu’enfin c’est un très beau livre empreint d’un incroyable humanité.

 

Jan-Luc

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