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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 22:39

Un-Roman-Francais-copie-1.jpgBeaucoup de nombrilisme , un peu de sensibilité et de nostalgie, pas mal de culture et d’humour on pourrait tomber amoureuse de Beigbeder s’il n’était pas si ringard !

Encore une autobiographie… Avec  une aussi belle écriture et beaucoup de recul Monsieur Beigbeder pourrait faire l’effort d’un peu d'empathie et nous livrer une jolie histoire comme dans « Windows of the world ».

Mais non, tout d’abord Frédéric aborde comme exceptionnel la perte de mémoire de sa première jeunesse, je suis au regret de vous annoncer que nous sommes plutôt nombreux dans ce cas ! J’ai donc eu envie de crier "ayez un enfant et beaucoup de choses vont vous revenir". Bon je suis impatiente car effectivement 60 pages plus loin sa fille ouvre une parenthèse nostalgique.

Voilà notre Beigbeder national attachant avec de charmants flashs et musiques de notre enfance. Il décrit un passé chic et bohème joli comme un film avec Romy Schneider.

Mais bientôt il fait preuve d’une mauvaise foi bien masculine ! Et même si son dandysme est sympathique et son humour irrésistible les travers  des hommes égoïstes sont impardonnables et démodés !

Il nous vend un nouveau Beigbeder ? A part mieux l’expliquer pour mieux l’excuser je ne vois aucune remise en cause dans ce feedback d’un quadra français !

Ne serait-il pas plus sain et respectable d’assumer qui il est ! Je me perds un peu, est-ce à cause de son frère, de son père, de sa mère, ou peut-être des 2 à la fois…  Dommage que Beigbeder n’ assume son don juanisme il  serait beaucoup plus sexy ! Pas une seconde il n’ aborde ce que ces proches ressentent…  Un homme sans conscience des autres mais avec une bonne estime de lui… Le passage de sa révolte sur les conditions d’incarcération en France prouve que notre héros peut faire preuve de compassion. Ne désespérons sur le genre humain le prochain Beigbeder sera gentleman et humaniste !

  Caro


  On ne sait qu'en penser????

J'ai aussi un avis assez ambivalent sur ce roman.... J'ai beaucoup aimé le début, peut-être parce que c'est le 1er livre de Beigbeider que je lis.... Il a un style brillant et c'est aussi très drôle (la scène de l'arrestation est hilarante...)...

Puis, je me suis petit à petit laissée envahir par l'ennui dans la suite ;  les allers-retours entre les souvenirs d'enfance (dont la banalité n'a d'égale que l'égocentrisme totalement assumé par l'auteur, ce qui s'avèrera charmant pour les uns, horripilant pour les autres et totalement inintéressant pour ma part...) et sa garde à vue...  certes longue et épuisante, mais bon, on ne croit pas du tout au plaidoyer sur la justice etc. que tente Beigbeider.... Au fond, Il ne défend que son intérêt, et se contente de dénoncer ce qui lui semble dispoportionné, pour son propre cas....

J'ai fini le livre un petit peu déçue (par la suite donnée à un début prometteur) et aussi un peu agacée par le fait que ce type de livre puisse attirer autant d'intérêt médiatique et littéraire, alors que tant d'autres romans beaucoup plus marquants et intéressants passent à la trappe....
Question de goût....

 Binh

J'avoue, j'ai aimé !

Bien sûr, comme vous, je l'ai trouvé trés égocentrique mais j'ai été plus souvent  touchée qu'agacée. J'aime beaucoup son style et me suis sentie très proche de sa perception de la littérature : la lecture qui fait "disparaître le temps" et  l'écriture "comme moyen de le retenir".

Je me suis aussi sentie proche de lui parce que nous sommes nés la même année et que de nombreuses évocations m'ont semblé très justes tant pour la société française, ses mentalités, que pour les  réminicences des émissions de notre enfance, l'odeur du cuir dans les voitures ou les malabars...

Même s'il n'est pas facile de comprendre les plaintes d'un petit garçon à l'enfance si privilégiée, j'ai trouvé belles les pages sur son grand-père, la maison de Guethary, les plages de la côte Basque. J'ai été touchée par ses drames intimes face au divorce, aux non-dits et à son frère. J'ai donc été tenté de regarder autrement l'homme qu'il est devenu ...

Je suis sans doute moins sévère car moins déçue que je ne le craignais. Même si je suis d'accord avec vous pour les reproches qui peuvent lui être formulés auxquels j'ajoute celui de ne pas nommer "autobiographie" mais "roman" ce récit. Il y aurait gagné ce qu'apporte le pacte autobiographique.

Inès-Marie


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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 14:10
1023399-gf.jpgUn beau mensonge vaut-il mieux qu'une triste réalité ?


Voici un livre que j'ai beaucoup aimé et qu'on lit d'une seule traite.
L'histoire est originale tirée d'un fait divers. Une pianiste Joyce Hatto a profité d'une gloire posthume avant qu'un de ses fans en  utilisant Itunes découvre que ces disques n'étaient en fait que des plagiats.
Autour de cette imposture, Minh tisse une belle histoire d'amour. Avec sensiblité et pudeur elle aborde des thèmes douloureux comme la perte d'êtres chers,  la recherche de nos racines et la construction de ces personnages par rapport à celles-ci.  On voyage beaucoup au Vietnam à travers des contes et des destinées.
Beaucoup de vrai, de faux dans ce roman qui nous renvoie à la puissance de l'amour et à la tristesse de certaines vies. Peut-on condamner le mari de cette pianiste d''embellir la vie et surtout celle de sa bien aimée?

"N'est-ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, ou les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se meut en brumes légères comme un fil de soie"

Après avoir fermé ce livre, je n'ai qu'une envie lire "La princesse et le pécheur" du même auteur.

Caro


Un voyage littéraire magnifique,dans les méandres de l'amour, de la musique, du Viêt-nam à la France

Autant le dire d'entrée, j'ai adoré ce roman, qui m'a fait voyager dans les méandres des histoires et mythes familiaux et de l'imaginaire amoureux.
Ce livre, d'un style d'une élégance douce et sublime, retrace non seulement une histoire insolite (une mystification inspirée d'une histoire vraie), mais aussi et surtout l'évocation d'un homme qui a follement aimé une femme.
Il l'a aimée, imaginée, et aurait tout fait pour elle.
Vous découvrirez comment en suivant leur relation de l'enfance à l'âge adulte, histoire pleine d'imaginaire, de romantisme et de rebondissements.La fin notamment, ne cesse de nous surprendre, jusqu'à la dernière page, pour nous laisser sentimental(e), rêveur (se), charmé(e). 

Vous découvrirez aussi plein de facettes sur les vietnamiens issus des boat-people : leurs rêves d'immigration, leurs liens au pays natal, ce qu'ils ont cherché à transmettre à leurs enfants.... c'est si rare d'entendre parler d'eux en dehors de romans pas toujours accessibles.

Malgré quelques toutes petites longueurs (le retour au Viet-nam), ce livre se dévore en une savoureuse bouchée.. Ne boudez pas votre plaisir.


Binh
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:40

images-copie-2.jpg

Une évocation de 2 solitudes occidentales et  urbaines : très bien raconté, souvent oppressant, même si parfois un peu convenu

   

Deux solitudes occidentales et urbaines : une femme seule avec ses 3 enfants, cadre dans un grand groupe et victime d'un harcèlement oral caractérisé et bien avancé, un médecin des urgences aux prises avec les maladies et solitudes parisiennes et vivant une passion amoureuse à sens unique...

Les 2 histoires sont racontées en parallèle (alternance selon les chapitres).

 

On retrouve avec un grand plaisir le style précis, moderne et addictif de Delphine de Vigan, déjà perçu dans son superbe précédent roman (No et moi) : il est difficile de quitter le livre et pour ma part je l'ai lu d'une seule traite... comme le précédent d'ailleurs...

Bien sûr, les thèmes traités (la solitude de la vie parisienne, les affres liées au harcèlement moral au travail) ne sont pas très gais, mais l'évocation notamment du harcèlement moral est vraiment très réussie: c'est oppressant (mais c'est normal que ça le soit), et très bien raconté : la solitude progressive, la honte, la recherche de l'origine, du début des ennuis, le rappel de "l'avant", quand tout allait bien et que l'entreprise était lieu de ressources et d'accomplissement social et personnel pour Mathilde.

J'ai été moins touchée par l'histoire du médecin que j'ai trouvée plus convenue : les solitudes urbaines, une histoire d'amour ratée, avec pas mal de répétitions (une femme lointaine sauf sur le plan sexuel, on l'aura bien compris au fil des chapitres), mais au bout du compte, peu d'apports sur le personnage en lui-même, peut-être parce qu'il est un homme et que Delphine de Vigan semble exceller plutôt dans l'analyse psychologique des personnages féminins ???

 

Au final, c'est un livre qui se lit très bien (et très vite), qui diffuse un malaise palpable et dont les derniers chapitres sont magnifiques.


Binh


 

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 22:07
Gardons un regard d'ado sur notre monde....



Lou, 13 ans, intellectuellement précoce, est une élève brillante et isolée. Elle a proposé de faire un exposé sur les sans-abri et d'interviewer une jeune femme SDF. A la gare d'Austerlitz, elle va rencontrer No et  va démarrer une très jolie histoire entre deux mondes si différents.
La jeunesse de l'héroîne permet que jamais sa naîveté n'apparaisse comme de la crédulité. On s'attache beaucoup aux personnages. Humaniste, ce livre traite de la vie, de ses difficultés avec justesse et nous amène  à la fatalité de son dénouement qu'on ne peut éviter...
J'ai pleuré et j'ai aimé.

J'ai hate de découvrir "Les Heures Souterraines" le nouveau livre de Delphine De Vigan.

Caroline


Attachant, simple et ouvert sur le monde ***

J'ai lu d'une seule traite et beaucoup aimé ce livre simple, sans prétention, mais qui évoque avec beaucoup de justesse de personnages que l'on rencontre finalement peu souvent dans les romans "pour adultes" : une jeune adolescente à l"histoire familiale un peu chargée et une jeune sans domicile fixe  de 19 ans.

Sur le thème assez classique d'une aventure "où-tout-le-monde-va-un-peu-mieux-s'y-retrouver", ce livre prône de manière simple et pas du tout dogmatique l'ouverture sur les autres, de la tolérance et la curiosité.. rien n'est magique, les problèmes ne se résolvent pas d'eux mêmes, mais bon, ça vaut quand même le coup d'essayer!

Je suis bien entrée dans le personnage de Lou, l'adolescente, de sa façon très originale et rigolote de voir le monde  et les choses.
Professionnellement habituée à côtoyer le monde de la rue, j'ai trouvé l'évocation de la réalité de la jeune fille en errance assez juste, pas trop manichéenne, mais relatant le point de vue ce ceux qui subissent le système : la violence, l'insécurité, une solidarité existante mais fluctuante entre les SDF,  et surtout le peu de possibilités de "se poser" et de souffler.... Ainsi, la description des premières semaines de "repos" de la jeune fille chez Lou m'a semblée très juste et m'a beaucoup touchée.... ainsi que la tolérance des adultes et des jeunes à son égard....

Enfin, le livre esquisse de manière très sensible la réalité de ses destins vite brisés : la difficulté de se donner, d'être sincère sur soi, et d'entamer de façon durable de nouvelles étapes, devant les obstacles extérieurs réels mais aussi les obstacles qui sont à l'intérieur de soi, et qui sont peut-être les plus difficiles à surmonter.

C'est un livre qui peut plaire aux adultes, mais aussi aux ados.


Binh
 
(c) No et Moi (2 com. :**** et ***) : Des critiques littéraires indépendantes des "nénettes-on-net"
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:20
Merci Alice quelle délice *****!

Dans ce roman Alice Ferney nous ouvre le monde des gitans avec beaucoup de sensibilité. La petite fenêtre est ouverte sur un camp par Esther qui vient chaque mercredi matin lire une histoire aux enfants. Peu à peu, elle apprivoise toutes les générations et nous entrons dans un univers miséreux et dur. Nous vivons avec eux simplement leur quotidien. C'est un grand dépaysement au coeur de l'humanité: le couple, l'amour, la fraternité, les joies et les grandes peines de la maternité...

C'est un très joli livre sur la tolérance, le sens de la vie. L'écriture dépouillée nous emmène sans préjugés à suivre une tranche de vie de cette famille qui parfois frôle l'incivilité mais qu'Alice nous donne envie de rencontrer et de respecter.


Caro


Tolérance et humanité *****
C'est un des livres qui m'a le plus marquée ces dernières années.
Il y a un style magnifique et d'une précision impressionnnante, une narration qui "coule" très naturellement, une histoire pleine d'humanité et de tolérance.
J'ai notamment adoré tous les passages où Esther retrouve les enfants pour leur lire des histoires, des textes.
Un livre qui m'a beaucoup touchée.

Alice Ferney, dans cette période-là a écrit 3 livres magnifiques, dans l'ordre "L'élégance des veuves", "Grâce et dénuement" et "Dans la guerre" (*****), roman magnifque, à lire, sur la vie d'un couple de fermiers (et l 'aventure de son chien) pendant la première guerre mondiale.
Elle écrit aussi des romans moins classiques, plus contemporains, acides et très justes sur les relations de couple et la vie familiale, dont "La conversation amoureuse", souvent très apprécié pour sa justesse. Mais j'avoue que je suis moins fan.

Binh

Les merveilles d'Alice
Je suis d'accord sur "toutes vos lignes" avec, pour ma part, une tendresse particulière pour "L'élégance des veuves"***** un livre d'une grande finesse sur les femmes, roman d'un soir pour sa longueur mais d'une grande profondeur.  Et tout comme Binh, je suis moins sensible à ses derniers romans, au point de ne plus les acheter dès leur sortie, je suis en attente de retrouver la sensibilité vibrante de ses premiers livres.

Inès-Marie




(c) Grâce et dénuement (3 com. :*****) : Des critiques littéraires indépendantes des "nénettes-on-net"
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 21:35
Une très belle écriture desservie par l'histoire***

Magnus, c'est l'ours en peluche d'un petit garçon qui grandit au milieu du mensonge. Son enfance se déroule en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, mais avant ses 5 ans, il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est totalement vide. 
Le début du livre est très prometteur :
"Ecrire, c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots."

Et oui, Madame Germain en plus vous faites cela très bien !

Puis le petit garçon grandit, il se cherche, s'abandonne peu. Il rencontre l'horreur et la beauté humaine. Mais il glisse à coté des autres.
Et des paragraphes très jolis intitulés "séquence", "notule", "écho"... au milieu de l'histoire sont destabilisants.

J'ai hâte de lire un autre livre de cet auteur plus optimiste car ces mots sont très justes, beaux et vrais. Qui peut me donner des titres prometteurs?


"Mais il y a des livres écrits de telle sorte que, parfois, ils font sur certains lecteurs un effet semblable à celui de ces gros coquillages que l'on presse contre son oreille, et soudain on entend la rumeur de son sang mugir en sourdine dans la conque. Le bruit de l'océan, le bruit du vent, le bruit de notre coeur. Un bruissement de limbes. Adam a lu ce livre, qui à d'autres ne raconte qu'une histoire étrange, confuse, dont ils ne franchissent pas le seuil, et le livre se sera posé contre son oreille; un livre en creux, en douve, en abîme, où une nuée d'échos se sera mise à chuchoter."


Juste un dernier extrait du livre qui pour moi représente tout ce que j'aime dans une soirée entre amis:

"Le vin chantonne à l'aigu dans les verres, en fraîcheur dans les bouches, et bientôt chante en beauté dans quelques georges enjouées."
Caro

Une superbe histoire, tellement bien racontée ****

C'est un livre que j'ai beaucoup, beaucoup aimé. Lu en une journée et une soirée, je voulais tellement savoir ce qui allait arriver à cet enfant devenu jeune homme puis adulte ... Comment allait-il poursuivre cette quête d'identité?
Une superbe construction psychologique, au travers de pans de l'histoire du XXème siècle et de très belles rencontres, tous les personnages sont superbement décrits.

J'ai aussi beaucoup apprécié les apartés (Séquences, Notules, Echo) qui enrichissent l'histoire et lui donnent un rythme que j'ai trouvé comme Caroline à la fois porteur (cela ajoute à l'histoire) et originale (ça donne un rythme de lecture inhabituel).

Il y a du suspens, des rebondissements, des moments de quiétude (un peu) et d'autres de doute et de crise.

Et comme toujours chez Sylvie Germain, c'est superbement écrit, et peut-être un peu moins céréblral que d'autres de ces derniers livres.
J'avais en effet découvert cette auteure il y a une vingtaine d'années (eh oui, on se fait vieilles) avec la trilogie MAGNIFIQUE (Nuit d'Ambre/Le livre des nuits/jour de colère) ... J'avais ensuite un peu lâché lors de la période praguoise de S. Germain, partie enseigner là-bas, je ne comprenais plus rien de ce qu'elle écrivait, cela me paraissait un peu hermétique.

Binh


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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 20:18
Une déception...

Là encore, la matière au roman est extra-ordinaire. Un fait divers
réel : le meurtre d'une jeune femme américaine dans les années soixante devant plus de trente témoins chaudement installés dans leur appartement, qui dura plus de trente minutes sans qu'aucun n'appelle les secours !

Le cas est devenu célèbre et a donné lieu à des études en psychosociologie.

A nouveau de braves gens, transformés en monstres (de passivité, ici).

Didier Decoin m'a semblé passer à côté de son sujet en ne livrant qu'un froide description du fait divers et de son procés. Pourtant il a choisi la fiction (en introduisant un voisin fictif absent la nuit du crime) et aurait pu chercher à nous offrir les tourments des témoins, leurs questionnements sur leur culpabilité. Il ne l'a pas fait.

Mais l'histoire et la longueur du roman en font un bon petit livre pour un voyage, par exemple.

Jan-Luc

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 10:27
On peut avoir été cancre et devenir écrivain !


C´est ce que nous apprend Pennac, dans ce roman autobiographique.
Nous l´accompagnons sur les bancs de son enfance,et partageons ses frustrations, manigances et reflexions durant ces années qui l´ont marqué.Comme quoi tout est possible, et Pennac nous dévoile ce qui l´a fait basculer du "côté lumineux" de la littérature.

Ensuite, il nous raconte ses élèves, et comment il a tenté tout au long de sa carrière, de les intéresser, motiver, comprendre et aider.On admire ses méthodes et "trucs" pour tirer le meilleur de ses éléves, quelle imagination!

Ses portraits pleins de vérité, et ses anecdotes drôles ou émouvantes donnent du rythme, et allégent le ton parfois un peu " philosophique" du livre.
Bref, un roman où l´on découvre le point de vue d´un prof, qui vous fera sourire et vous rappellera vos années de collège ( il s´appelait comment, déjà, mon prof de français?..)

Delphine

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 14:58
Une histoire originale et très prenante, malgré un style désespérément plat


Une jeune femme se retrouve par la force d'une amnésie, sans aucun souvenir de ses 12 dernières années, qui l'ont vue mariée et mère de 3 enfants.. Le roman raconte son "enquête" pour redécouvrir ce que fut sa vie sur la période... et se réapproprier ainsi le présent.

Une énigme pour moi ce 2ème livre de Frédérique Deghelt (après avoir découvert la "grand-mère de Jade cet été).
Elle arrive en effet  à rendre vivantes, réelles et presque passionnantes des histoires de filles d'aujourd'hui, confrontées à la vie de tous les jours et aux histoires de familles (la grand-mère, les parents et surtout, dans ce roman le mari, les enfants et les amis...).. et elle touche plutôt juste sur les sentiments éprouvés par ces jeunes femmes, cadres citadines dynamiques, alors que son style est très très plat, proche parfois du style de rédaction des magazines féminins m'a beaucoup gênée.... (encore plus que pour "la grand mère de Jade, écrit après).

C'est sûrement cette justesse, et l'originalité de l'histoire (qu'est-ce qui a bien pu lui arriver? qu'est-ce qui a provoqué cette amnésie? où en était sa vie avant le "trou de mémoire", va-t-elle réussir à retrouver le fil, notamment avec ses enfants et son mari? ) qui ont fait que j'ai trouvé un très grand plaisir à lire ce livre (j'ai eu du mal à m'en détacher, je voulais connaître le fin mot de l'histoire!)

A lire lors d'un WE de détente, ou en vacances... Et au final, donc, plutôt chouette!

Binh

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 13:58
Un "Germinal" moderne, une épopée inoubliable !*****


J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Il est riche des destins des habitants d'une petite ville de l'Est de la France que l'usine "la Kos" fait vivre.

Quand commence l'histoire, quelques ouvriers sauvent leur usine d'une inondation. Mais lorsque deux ans plus tard, c'est une autre menace : la délocalisation et sa fermeture programmée contre lesquelles il leur faut lutter, tout bascule.

C'est un roman social et populaire (au sens noble du terme) et malheureusement d'actualité. Il permet de saisir les drames humains et individuels qui se jouent derrière les chiffres de licenciements en masse et l'inhumanité d'un système qui broie des vies -comme la fosse Renard de Zola dévorait les ouvriers !

C'est aussi le récit d'une histoire d'amour, celle de Rudi et de Dallas, pris dans cette tourmente et de la destinée de bien d'autres protagonistes (une cinquantaine de personnages) de ce drame.

C'est un roman prenant aux chapitres courts où tout explose : le lien social, les couples, les familles ... L'auteur réussit à raconter sans manichéisme ces destinées qu'évoque si bien son titre : les vivants et les morts.

Inoubliable : un livre émouvant, passionnant et fort !

Inès-Marie

Une évocation juste, vivante et passionnante des luttes ouvrières (les dernières ???) *****

Tout à fait d'accord avec Inès, un livre que j'ai adoré, qui me paraît presque indispensable pour décrire à sa façon, la fin d'une époque, celle de la classe ouvrière, ses valeurs, ses hommes et femmes, ainsi que les tensions subies au sein de l'ordre économique (c'est en cela que la comparaison avec  Germinal, adapté à la situation économique actuelle paraît tout à fait juste).
Je l'ai lu à l'époque de la fermeture mouvementée de plusieurs usines emblématiques dans le Nord en 2004/2006 (les révoltes sociales de Fives/Hellemmes, puis la fermeture de Metaleurop). Via le boulot, j'ai travaillé un peu avec les grévistes et ce livre retrace tout à fait les révoltes, le sentiment que tout est perdu, tout en n'oubliant pas les histoires individuelles qui traversent ces mouvements collectifs.
L'écriture est à la fois moderne (le vocabulaire d'aujourd'hui) mais aussi très populaire, et j'ai bcp apprécié cette justesse.
J'espère que des personnes issues de ces grèves auront pu lire ce livre et s'y retrouver, en tout cas je serais curieuse de savoir si cela a été le cas.
A lire, donc, sans se laisser impressionner par la grosseur du livre, car ça se lit vraiment très bien (style, action, évolution de l'histoire.)

Binh

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