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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:40

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Une évocation de 2 solitudes occidentales et  urbaines : très bien raconté, souvent oppressant, même si parfois un peu convenu

   

Deux solitudes occidentales et urbaines : une femme seule avec ses 3 enfants, cadre dans un grand groupe et victime d'un harcèlement oral caractérisé et bien avancé, un médecin des urgences aux prises avec les maladies et solitudes parisiennes et vivant une passion amoureuse à sens unique...

Les 2 histoires sont racontées en parallèle (alternance selon les chapitres).

 

On retrouve avec un grand plaisir le style précis, moderne et addictif de Delphine de Vigan, déjà perçu dans son superbe précédent roman (No et moi) : il est difficile de quitter le livre et pour ma part je l'ai lu d'une seule traite... comme le précédent d'ailleurs...

Bien sûr, les thèmes traités (la solitude de la vie parisienne, les affres liées au harcèlement moral au travail) ne sont pas très gais, mais l'évocation notamment du harcèlement moral est vraiment très réussie: c'est oppressant (mais c'est normal que ça le soit), et très bien raconté : la solitude progressive, la honte, la recherche de l'origine, du début des ennuis, le rappel de "l'avant", quand tout allait bien et que l'entreprise était lieu de ressources et d'accomplissement social et personnel pour Mathilde.

J'ai été moins touchée par l'histoire du médecin que j'ai trouvée plus convenue : les solitudes urbaines, une histoire d'amour ratée, avec pas mal de répétitions (une femme lointaine sauf sur le plan sexuel, on l'aura bien compris au fil des chapitres), mais au bout du compte, peu d'apports sur le personnage en lui-même, peut-être parce qu'il est un homme et que Delphine de Vigan semble exceller plutôt dans l'analyse psychologique des personnages féminins ???

 

Au final, c'est un livre qui se lit très bien (et très vite), qui diffuse un malaise palpable et dont les derniers chapitres sont magnifiques.


Binh


 

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 22:07
Gardons un regard d'ado sur notre monde....



Lou, 13 ans, intellectuellement précoce, est une élève brillante et isolée. Elle a proposé de faire un exposé sur les sans-abri et d'interviewer une jeune femme SDF. A la gare d'Austerlitz, elle va rencontrer No et  va démarrer une très jolie histoire entre deux mondes si différents.
La jeunesse de l'héroîne permet que jamais sa naîveté n'apparaisse comme de la crédulité. On s'attache beaucoup aux personnages. Humaniste, ce livre traite de la vie, de ses difficultés avec justesse et nous amène  à la fatalité de son dénouement qu'on ne peut éviter...
J'ai pleuré et j'ai aimé.

J'ai hate de découvrir "Les Heures Souterraines" le nouveau livre de Delphine De Vigan.

Caroline


Attachant, simple et ouvert sur le monde ***

J'ai lu d'une seule traite et beaucoup aimé ce livre simple, sans prétention, mais qui évoque avec beaucoup de justesse de personnages que l'on rencontre finalement peu souvent dans les romans "pour adultes" : une jeune adolescente à l"histoire familiale un peu chargée et une jeune sans domicile fixe  de 19 ans.

Sur le thème assez classique d'une aventure "où-tout-le-monde-va-un-peu-mieux-s'y-retrouver", ce livre prône de manière simple et pas du tout dogmatique l'ouverture sur les autres, de la tolérance et la curiosité.. rien n'est magique, les problèmes ne se résolvent pas d'eux mêmes, mais bon, ça vaut quand même le coup d'essayer!

Je suis bien entrée dans le personnage de Lou, l'adolescente, de sa façon très originale et rigolote de voir le monde  et les choses.
Professionnellement habituée à côtoyer le monde de la rue, j'ai trouvé l'évocation de la réalité de la jeune fille en errance assez juste, pas trop manichéenne, mais relatant le point de vue ce ceux qui subissent le système : la violence, l'insécurité, une solidarité existante mais fluctuante entre les SDF,  et surtout le peu de possibilités de "se poser" et de souffler.... Ainsi, la description des premières semaines de "repos" de la jeune fille chez Lou m'a semblée très juste et m'a beaucoup touchée.... ainsi que la tolérance des adultes et des jeunes à son égard....

Enfin, le livre esquisse de manière très sensible la réalité de ses destins vite brisés : la difficulté de se donner, d'être sincère sur soi, et d'entamer de façon durable de nouvelles étapes, devant les obstacles extérieurs réels mais aussi les obstacles qui sont à l'intérieur de soi, et qui sont peut-être les plus difficiles à surmonter.

C'est un livre qui peut plaire aux adultes, mais aussi aux ados.


Binh
 
(c) No et Moi (2 com. :**** et ***) : Des critiques littéraires indépendantes des "nénettes-on-net"
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:20
Merci Alice quelle délice *****!

Dans ce roman Alice Ferney nous ouvre le monde des gitans avec beaucoup de sensibilité. La petite fenêtre est ouverte sur un camp par Esther qui vient chaque mercredi matin lire une histoire aux enfants. Peu à peu, elle apprivoise toutes les générations et nous entrons dans un univers miséreux et dur. Nous vivons avec eux simplement leur quotidien. C'est un grand dépaysement au coeur de l'humanité: le couple, l'amour, la fraternité, les joies et les grandes peines de la maternité...

C'est un très joli livre sur la tolérance, le sens de la vie. L'écriture dépouillée nous emmène sans préjugés à suivre une tranche de vie de cette famille qui parfois frôle l'incivilité mais qu'Alice nous donne envie de rencontrer et de respecter.


Caro


Tolérance et humanité *****
C'est un des livres qui m'a le plus marquée ces dernières années.
Il y a un style magnifique et d'une précision impressionnnante, une narration qui "coule" très naturellement, une histoire pleine d'humanité et de tolérance.
J'ai notamment adoré tous les passages où Esther retrouve les enfants pour leur lire des histoires, des textes.
Un livre qui m'a beaucoup touchée.

Alice Ferney, dans cette période-là a écrit 3 livres magnifiques, dans l'ordre "L'élégance des veuves", "Grâce et dénuement" et "Dans la guerre" (*****), roman magnifque, à lire, sur la vie d'un couple de fermiers (et l 'aventure de son chien) pendant la première guerre mondiale.
Elle écrit aussi des romans moins classiques, plus contemporains, acides et très justes sur les relations de couple et la vie familiale, dont "La conversation amoureuse", souvent très apprécié pour sa justesse. Mais j'avoue que je suis moins fan.

Binh

Les merveilles d'Alice
Je suis d'accord sur "toutes vos lignes" avec, pour ma part, une tendresse particulière pour "L'élégance des veuves"***** un livre d'une grande finesse sur les femmes, roman d'un soir pour sa longueur mais d'une grande profondeur.  Et tout comme Binh, je suis moins sensible à ses derniers romans, au point de ne plus les acheter dès leur sortie, je suis en attente de retrouver la sensibilité vibrante de ses premiers livres.

Inès-Marie




(c) Grâce et dénuement (3 com. :*****) : Des critiques littéraires indépendantes des "nénettes-on-net"
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 21:35
Une très belle écriture desservie par l'histoire***

Magnus, c'est l'ours en peluche d'un petit garçon qui grandit au milieu du mensonge. Son enfance se déroule en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, mais avant ses 5 ans, il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est totalement vide. 
Le début du livre est très prometteur :
"Ecrire, c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots."

Et oui, Madame Germain en plus vous faites cela très bien !

Puis le petit garçon grandit, il se cherche, s'abandonne peu. Il rencontre l'horreur et la beauté humaine. Mais il glisse à coté des autres.
Et des paragraphes très jolis intitulés "séquence", "notule", "écho"... au milieu de l'histoire sont destabilisants.

J'ai hâte de lire un autre livre de cet auteur plus optimiste car ces mots sont très justes, beaux et vrais. Qui peut me donner des titres prometteurs?


"Mais il y a des livres écrits de telle sorte que, parfois, ils font sur certains lecteurs un effet semblable à celui de ces gros coquillages que l'on presse contre son oreille, et soudain on entend la rumeur de son sang mugir en sourdine dans la conque. Le bruit de l'océan, le bruit du vent, le bruit de notre coeur. Un bruissement de limbes. Adam a lu ce livre, qui à d'autres ne raconte qu'une histoire étrange, confuse, dont ils ne franchissent pas le seuil, et le livre se sera posé contre son oreille; un livre en creux, en douve, en abîme, où une nuée d'échos se sera mise à chuchoter."


Juste un dernier extrait du livre qui pour moi représente tout ce que j'aime dans une soirée entre amis:

"Le vin chantonne à l'aigu dans les verres, en fraîcheur dans les bouches, et bientôt chante en beauté dans quelques georges enjouées."
Caro

Une superbe histoire, tellement bien racontée ****

C'est un livre que j'ai beaucoup, beaucoup aimé. Lu en une journée et une soirée, je voulais tellement savoir ce qui allait arriver à cet enfant devenu jeune homme puis adulte ... Comment allait-il poursuivre cette quête d'identité?
Une superbe construction psychologique, au travers de pans de l'histoire du XXème siècle et de très belles rencontres, tous les personnages sont superbement décrits.

J'ai aussi beaucoup apprécié les apartés (Séquences, Notules, Echo) qui enrichissent l'histoire et lui donnent un rythme que j'ai trouvé comme Caroline à la fois porteur (cela ajoute à l'histoire) et originale (ça donne un rythme de lecture inhabituel).

Il y a du suspens, des rebondissements, des moments de quiétude (un peu) et d'autres de doute et de crise.

Et comme toujours chez Sylvie Germain, c'est superbement écrit, et peut-être un peu moins céréblral que d'autres de ces derniers livres.
J'avais en effet découvert cette auteure il y a une vingtaine d'années (eh oui, on se fait vieilles) avec la trilogie MAGNIFIQUE (Nuit d'Ambre/Le livre des nuits/jour de colère) ... J'avais ensuite un peu lâché lors de la période praguoise de S. Germain, partie enseigner là-bas, je ne comprenais plus rien de ce qu'elle écrivait, cela me paraissait un peu hermétique.

Binh


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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 20:18
Une déception...

Là encore, la matière au roman est extra-ordinaire. Un fait divers
réel : le meurtre d'une jeune femme américaine dans les années soixante devant plus de trente témoins chaudement installés dans leur appartement, qui dura plus de trente minutes sans qu'aucun n'appelle les secours !

Le cas est devenu célèbre et a donné lieu à des études en psychosociologie.

A nouveau de braves gens, transformés en monstres (de passivité, ici).

Didier Decoin m'a semblé passer à côté de son sujet en ne livrant qu'un froide description du fait divers et de son procés. Pourtant il a choisi la fiction (en introduisant un voisin fictif absent la nuit du crime) et aurait pu chercher à nous offrir les tourments des témoins, leurs questionnements sur leur culpabilité. Il ne l'a pas fait.

Mais l'histoire et la longueur du roman en font un bon petit livre pour un voyage, par exemple.

Jan-Luc

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 10:27
On peut avoir été cancre et devenir écrivain !


C´est ce que nous apprend Pennac, dans ce roman autobiographique.
Nous l´accompagnons sur les bancs de son enfance,et partageons ses frustrations, manigances et reflexions durant ces années qui l´ont marqué.Comme quoi tout est possible, et Pennac nous dévoile ce qui l´a fait basculer du "côté lumineux" de la littérature.

Ensuite, il nous raconte ses élèves, et comment il a tenté tout au long de sa carrière, de les intéresser, motiver, comprendre et aider.On admire ses méthodes et "trucs" pour tirer le meilleur de ses éléves, quelle imagination!

Ses portraits pleins de vérité, et ses anecdotes drôles ou émouvantes donnent du rythme, et allégent le ton parfois un peu " philosophique" du livre.
Bref, un roman où l´on découvre le point de vue d´un prof, qui vous fera sourire et vous rappellera vos années de collège ( il s´appelait comment, déjà, mon prof de français?..)

Delphine

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 14:58
Une histoire originale et très prenante, malgré un style désespérément plat


Une jeune femme se retrouve par la force d'une amnésie, sans aucun souvenir de ses 12 dernières années, qui l'ont vue mariée et mère de 3 enfants.. Le roman raconte son "enquête" pour redécouvrir ce que fut sa vie sur la période... et se réapproprier ainsi le présent.

Une énigme pour moi ce 2ème livre de Frédérique Deghelt (après avoir découvert la "grand-mère de Jade cet été).
Elle arrive en effet  à rendre vivantes, réelles et presque passionnantes des histoires de filles d'aujourd'hui, confrontées à la vie de tous les jours et aux histoires de familles (la grand-mère, les parents et surtout, dans ce roman le mari, les enfants et les amis...).. et elle touche plutôt juste sur les sentiments éprouvés par ces jeunes femmes, cadres citadines dynamiques, alors que son style est très très plat, proche parfois du style de rédaction des magazines féminins m'a beaucoup gênée.... (encore plus que pour "la grand mère de Jade, écrit après).

C'est sûrement cette justesse, et l'originalité de l'histoire (qu'est-ce qui a bien pu lui arriver? qu'est-ce qui a provoqué cette amnésie? où en était sa vie avant le "trou de mémoire", va-t-elle réussir à retrouver le fil, notamment avec ses enfants et son mari? ) qui ont fait que j'ai trouvé un très grand plaisir à lire ce livre (j'ai eu du mal à m'en détacher, je voulais connaître le fin mot de l'histoire!)

A lire lors d'un WE de détente, ou en vacances... Et au final, donc, plutôt chouette!

Binh

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 13:58
Un "Germinal" moderne, une épopée inoubliable !*****


J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Il est riche des destins des habitants d'une petite ville de l'Est de la France que l'usine "la Kos" fait vivre.

Quand commence l'histoire, quelques ouvriers sauvent leur usine d'une inondation. Mais lorsque deux ans plus tard, c'est une autre menace : la délocalisation et sa fermeture programmée contre lesquelles il leur faut lutter, tout bascule.

C'est un roman social et populaire (au sens noble du terme) et malheureusement d'actualité. Il permet de saisir les drames humains et individuels qui se jouent derrière les chiffres de licenciements en masse et l'inhumanité d'un système qui broie des vies -comme la fosse Renard de Zola dévorait les ouvriers !

C'est aussi le récit d'une histoire d'amour, celle de Rudi et de Dallas, pris dans cette tourmente et de la destinée de bien d'autres protagonistes (une cinquantaine de personnages) de ce drame.

C'est un roman prenant aux chapitres courts où tout explose : le lien social, les couples, les familles ... L'auteur réussit à raconter sans manichéisme ces destinées qu'évoque si bien son titre : les vivants et les morts.

Inoubliable : un livre émouvant, passionnant et fort !

Inès-Marie

Une évocation juste, vivante et passionnante des luttes ouvrières (les dernières ???) *****

Tout à fait d'accord avec Inès, un livre que j'ai adoré, qui me paraît presque indispensable pour décrire à sa façon, la fin d'une époque, celle de la classe ouvrière, ses valeurs, ses hommes et femmes, ainsi que les tensions subies au sein de l'ordre économique (c'est en cela que la comparaison avec  Germinal, adapté à la situation économique actuelle paraît tout à fait juste).
Je l'ai lu à l'époque de la fermeture mouvementée de plusieurs usines emblématiques dans le Nord en 2004/2006 (les révoltes sociales de Fives/Hellemmes, puis la fermeture de Metaleurop). Via le boulot, j'ai travaillé un peu avec les grévistes et ce livre retrace tout à fait les révoltes, le sentiment que tout est perdu, tout en n'oubliant pas les histoires individuelles qui traversent ces mouvements collectifs.
L'écriture est à la fois moderne (le vocabulaire d'aujourd'hui) mais aussi très populaire, et j'ai bcp apprécié cette justesse.
J'espère que des personnes issues de ces grèves auront pu lire ce livre et s'y retrouver, en tout cas je serais curieuse de savoir si cela a été le cas.
A lire, donc, sans se laisser impressionner par la grosseur du livre, car ça se lit vraiment très bien (style, action, évolution de l'histoire.)

Binh

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 21:31
Terrible et magnifique*****

Je viens de terminer ce livre et il m'est difficile d'en parler. J'ai recommencé plusieurs fois ce texte qui ne me paraît pas à la hauteur de l'oeuvre. Mais si je ne le fais pas maintenant, je renoncerai sans doute... Or, "D'autres vies que la mienne" est un grand livre et Emmanuel Carrère, un grand écrivain.
Ce n'est pas une fiction et les personnages sont des personnes, des êtres humains frappés par la tragédie -au sens classique du terme lorsque le héros ne peut échapper à la fatalité-
La mort en est le sujet principal. La mort dans ce qu'elle a de plus injuste et insoutenable. Celle d'un enfant, d'une jeune mère que le cancer terrasse mais il est aussi question de vie, d'amour et d'un combat pour la justice menée par cette jeune femme et son ami. Il est aussi une reflexion sur l'écriture, les blessures intimes... et tout cela porté par un style magnifique.
Je ne peux que conseiller ce livre en tous points remarquable mais avec prudence. En effet, je ne pense pas que j'aurais été assez armée pour lire ses pages sur le cancer, il y a trois ans. J'ai découvert un écrivain et un homme que j'aimerais connaître car si j'avais apprecié "La classe de neige", si je sais que je lirai "Un roman russe", je n'oublierai jamais "D'autres vies que la mienne."


Inès-Marie

La précision des sentiments... puis une attention compréhensive à l'autre.... Magnifique *****

Il y a clairement 2 parties bien distinctes dans le roman. La prenière est consacrée à la perte de proches pour des respacés du tsunami. La deuxième est consacrée à une "enquête" et à l'écriture de la vie professionnelle et sociale d'une personne de la famille de l'auteur, et de ses proches.
J'ai aimé les 2 parties, la première m'a fendu le coeur, c'est éprouvant, et la perfection de l'écriture en rajoute aux faits déjà terribles.
J'ai beaucoup aimé également la description du travail des juges (autour du jugement d'affaires de surendettement) ou comment le droit peut parfois défendre les "petits" face aux puissants.
Enfin, c'est vrai que le thème de la maladie (pour le malade mais aussi pour ses proches), qui revient à plusieurs reprises, est manigifiquement bien traité, mais c'est très triste.
Ce livre marque, pour moi, une nouvelle étape dans le parcours d'écrivain d'Emmanuel Carrière, dont, j'ai beaucoup beaucoup aimé TOUS les livres.

Binh


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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 15:57
Un tourbillon d'émotions et de contradictions internes

Cela fait plusieurs années que je lis régulièrement les livres d'Emmanuel Carrère, au fur et à mesure de leur sortie...celui-là se situe sur un tout autre niveau (proche de l'autobiographie, ou du moins présenté comme tel), mais il reste tout à fait dans le style des précédents, c'est c'est à dire l'analyse des contradictions internes qui nous parcourent chacun..

J'ai trouvé ce livre d'une sincérité audacieuse et très touchante : l'auteur n'hésite pas à décrire même les aspects les moins flatteurs de sa personnalité et de ses comportements. Comme quoi, on peut à la fois aimer quelqu'un et lui reprocher plein de choses, dans la pure mauvaise foi, le regretter tout en l'assumant.. c'est compliqué, mais nous le sommes tous, c'est toujours sidérant de voir quelqu'un parvenir à mettre le doigt sur cette complexité... et on assiste avec sidération à la montée en puissance de situations au départ toutes normales, puis peu à peu délirantes...

J'ajoute que le style est comme toujours magnifique, vivant, précis et plein d'humour...

Binh

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