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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:11

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Prenez quatre français : deux hommes et deux femmes.

Placez les en Inde pour un évènement culturel.

Faites revenir à la surface leur passé amoureux ou amical blessés.

Et laissez-les se révéler à vous et à eux mêmes.

Ajoutez les épices et le dépaysement du Sud de L'Inde.

Laissez bouillir l'esprit français confronté à la réalité d'un continent : sa misère, ses castes, sa violence et ses sourires...

Faites monter désirs et regrets. Teintez-les d'indigo pour les adoucir.

Confiez le tout à Catherine Cusset et vous obtiendrez un roman savoureux où ce sont les femmes qui mènent le récit.

Une histoire qui se déguste avec empathie pour ses personnages et un peu d'amertume vis à vis de leurs faiblesses si proches des nôtres.

Inès-Marie

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 15:54

Un livre plein de sensibilité et d'émotion

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Amérique d'aujourd'hui. Un jeune adolescent vit seul avec sa mère dépressive. Lors du week-end du Labor Day, un évadé de prison croise leur route. Et va bouleverser leur existence...

 

Ce livre commence sur les chapeaux de roue, on n'a à peine de le temps de faire connaissance avec Henry et sa mère...  que c'est déjà parti !

C'est au fur et à mesure, que les pièces du décor vont nous être présentées : comment et pourquoi Adèle vit-elle retirée du monde? quelles relations entretient Henry avec son père et sa nouvelle famille? Comment Franck s'est-il évadé et, surtout, pourquoi purgeait-il une si longue peine?

Ici, pas de surprise sortie de derrière les fagots, pas de suspense haletant, pas de secret de famille à éventer, juste la vie et les surprises qu'elle nous réserve, avec ses joies immenses et ses drames incontournables.

C'est avec simplicité et délicatesse que ce livre traite de vies dévastées, de sombres désespérances, d'émois adolescents.

Le monde vu avec les yeux, encore innocents d'un jeune ado :  on croit qu'on a compris... mais on est peut-être trop petit pour ça...

J'ai été extrêmement touchée par l'histoire, évoquée par bribes, de cette jeune femme, encore belle, mais presque battue par les méandres d'une existence décevante qui lui a beaucoup pris. Touchée aussi par l'amour inconditionnel que lui porte en retour son fils, qui supporte une vie bizarre, erratique, pour aider sa mère à maintenir la tête hors de l'eau. Ainsi, leur vie recluse,  peut paraître un peu branque, vu de l'extérieur, mais, plongés dans leur intimité... on les comprendrait presque...

J'ai énormément aimé ce roman, qui m'a happé dans ce huis-clos impromptu, parfois drôle, parfois tragique, toujours émouvant.

J'ajoute que les dernières lignes sont tout simplement magnifiques et poignantes. On ne peut s'empêcher de les relire, pour leur beauté et pour vraiment y croire.

 Binh

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 15:37

Dans le Canada du 17ème siècle, un missionnaire jésuite français, un chef de guerre huron et une captive iroquoise vont voir leur destin scellé dans une période où ont cohabité brièvement l'Ancien et le Nouveau monde. 

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Comment ne serait-ce qu'évoquer tout ce qui représente l'intérêt de ce roman, et donner envie de le lire? 

 

Peut-être dire qu'après plusieurs romans tous aussi magnifiques les uns que les autres, dont "Le chemin des âmes", qui narrait le destin de 2 frères Indiens du Canada durant la 1ère guerre mondiale (à lire absolument *****), Joseph BOYDEN signe ici ce qui sera peut-être son chef d'oeuvre. S'il reste l'évocation des  Indiens du Canada, il nous emmène ici non pas dans le Canada moderne, où survivent des limbes de la civilisation indienne, mais à l'époque charnière où celle-ci quittait son apogée, confrontée à l'arrivée des Européens. 

 

Ce roman épique, trace ainsi à la fois le destin hors normes de 3 êtres humains tout aussi exceptionnels, qui mènent, chaun, leur propre guerre. Mais il parvient aussi, et c'est le tour de force, à nous laisser entrevoir l'essence même ce qui constitue la foi, la culture de chacun : ce qui les fait vivre (ou survivre), ce qui leur donne la force et apporte un sens à leur existence. La fin qui justifie les moyens, fussent-ils les plus cruels (certaines scènes sont d'une violence insoutenable), les plus vils, mais aussi les plus nobles.

 

La narration, donne ainsi chair à des sentiments aussi intenses que l'amour (des siens, de son dieu, de son clan), l'honneur, le courage, la peur... si loin de nos vies modernes occidentales protégées, et parfois un peu aseptisées.

 

C'est un livre poignant,fiévreux, lyrique, poétique, réaliste mais peuplé de rêves, un de ceux qui marquent encore, même quelques semaines après en avoir lu, avec regret, les dernières lignes.

D'ailleurs depuis, je papillonne d'une lecture à l'autre, peinant à retrouver un réel plaisir de lecture, encore portée par l'intensité résiduelle de ce roman inoubliable...

 

Binh

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 21:02

1919, la France panse ses plaies comme un chien lèche ses blessures.

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Dans une petite ville du Berry, un juge militaire arrive pour ce qui sera son ultime enquête. Dans la prison, un ancien Poilu pourtant décoré de la légion d'honneur doit être jugé pour outrage envers le pays. Qu'a-t-il commis ?

Devant la geôle, son chien Guillaume hurle nuit et jour pour son maître. Quel rôle a-t-il tenu dans cette affaire ?

Non loin, Valentine, une femme attend. Pourquoi l'a-t-il rejetée ?

C'est au travers des entretiens en huis-clos de ces deux hommes que nous le découvrirons.

S'ils sont différents socialement : le juge porte un nom à particule, le Poilu Morlac est paysan ; le traumatisme de la guerre et leur entêtement face à la vérité les rapprochent inexorablement.

Jean-Christophe Rufin signe là un roman admirable : pour son suspens, ses descriptions, son humanité et son habile équilibre entre la grande Histoire et celle d'un homme rebelle à sa tourmente. 

Morlac a réellement existé. L'auteur l'explique dans l'hommage à son ami photographe dont c'était le grand-père. Des chiens ont vraiment vécu avec les troupes dans les tranchées souffrant et se battant à leurs côtés. Et les livres sont des armes à éveiller les consciences. Ils ont appris à ce soldat l'esprit de révolte et continuent d'être nos indispensables alliés. 

Inès-Marie

"Le collier rouge" pourrait également figurer dans la rubrique : roman d'un soir. Ses 160 page se dévorent.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 14:35

 

Une ombre écrasée par le passé que le présent agrandira ...

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Pourquoi ce vieil homme, Alfred Vigneux, offre-t-il à Adèle, son mari et leur fils Léo de bénéficier d'un grand appartement contre un dîner quotidien ?

Ses raisons prennent racine dans le passé de la France occupée quand l'amour perdait contre la lâcheté des uns et la haine des autres. Ce court roman appartient donc à la veine des récits de mémoire. Il nous rappelle que chaque destinée humaine est unique, précieuse et combien cette période causa de drames atroces.

Il nous apprend aussi quel était le sort des demi-juifs et le rôle des magasins Lévitan transformés en camp parisien. Là, en plein 10ème arrondissement, ils effectuaient le tri des objets volés aux leurs afin qu'ils soient envoyés à la population allemande.

Instructif et touchant, à lire pour ne pas oublier.

Inès-Marie

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 13:08

Un policier qui vous en "mettra plein la vue" et vous mènera par le bout du nez!

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"Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoiste ..." 

Ce village, c'est Giverny où Monet a vécu et peint ; la troisième femme, la narratrice parcellaire de cet excellent roman policier. Elle est vieille, personne ne la remarque mais du haut du moulin du peintre ou déambulant avec son chien, elle voit tout et vous dira (presque) tout de ce qui se passe. Le crime commis sur la personne d'un ophtamologue (antipathique coureur de jupons) est triple puisqu'il a été poignardé, noyé, le crâne broyé. Un fringant inspecteur et son acolyte enquêtent. Une fillette peint. Une institutrice séduit et le mystère, lui, s'épaissit.

Les personnages énigmatiques et attachants, l'impressionnisme en toile de fond -on en apprend beaucoup sur la peinture- de même qu'Aurélien d'Aragon (dont "Le crime de rêver, je consens qu'on l'instaure" est le leikmotiv du récit) rendent ce roman policier original et intéressant. 

Au delà de ces qualités, il est rare pour le lecteur d'être à ce point trompé car si vous pensez avoir deviné le fin mot de l'histoire, vous n'êtes pas au bout de vos surprises... Et les dernières pages vous en réservent une de taille ! Oui, vraiment : l'épilogue des Nymphéas noirs est du grand art !

Inès-Marie

Multiprimé en 2011, Nymphéas noirs existe en poche (Pocket) 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 16:00

L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité (Nietsche) ou le roman de l'impossible consolation (IMA) ...

 Chaque décennie Donna Tartt nous offre un roman d'exception. Le chardonneret, son dernier ouvrage, participe à la fois du roman d'apprentissage, du roman à rebondissements et d'une réflexion sur l'art. 

Théo Decker, treize ans, perd sa mère lors d'un attentat perpétré au Metropolitan de New-York. On le suit durant plus d'une décennie se construisant dans la douleur de la culpabilité accompagné d'un tableau qu'il a sauvé des flammmes: Le Chardonneret de Fabritius (1654) qui représente l'oiseau lié à son perchoir par une chaîne. Même condamnation à vivre pour Théo, sans sa mère et avec cette oeuvre qu'il n'a pas restituée quand il était encore temps. Confié à une première famille, les Barbour, puis à son père, il trouvera finalement refuge auprès d'un antiquaire spécialisé dans la restauration de meubles: James Hobbart. "Hobie" est le tuteur d'une autre rescapée de l'attentat, Pippa, à qui Théo rend de régulières visites quelques temps après les faits et qui va devenir l'amour de sa vie. D'autres rencontres essentielles marqueront son parcours, des amitiés: Andy, Boris.

Nous nous sommes accordées sur la virtuosité de la première moitié de ces aventures rocambolesques. Un démarrage en trombe, et la force d'une narration par épisodes tout aussi réalistes et poignants les uns que les autres : le drame new-yorkais, l'asile trouvé au sein d'un famille riche et détachée, la découverte du monde de l'antiquité d'art,  le retour du père et l'amitié sans limites à l'entrée de désert... Autant d'ambiances différentes, comptées dans un style hors pair, avec un sens du rythme époustouflant et un timing quasi-parfait : Dona Tartt prend le temps de nous faire entrer dans un monde, avec ses personnages et leur propre logique et stratégie, puis dès qu'on s'est un peu installées, ça repart de plus belle dans une toute autre ambiance, et l'on suit, ballotés comme le héros...

Pour aimer ce roman il faut accepter sa longueur, longueur nécessaire au déploiement des multiples intrigues qui le nourrissent. C'est sur ce point que les Nénettes ont pu rencontrer des difficultés même si toutes reconnaissent la force d'une écriture romanesque parfaitement maîtrisée. Cependant le départ de Las Vegas marque un tournant, à partir duquel il est peut-être plus facile de décrocher ; si les épisodes contInuent de s'enchaîner, la narration est peut-être moins fluide, et les disgressions s'accumulent.

Le final a pu paraître peu compréhensible pour certaines, ou alors dans la droite lignée d'un roman foutraque mais brillant pour les autres. Il n'en demeure pas moins que l'auteure du Maître des Illusions est maîtresse en l'art de la description: de l'atelier de Hobie au désert et à la chaleur de Las Vegas, d'Amsterdam en hiver au monde de la drogue et de ses rêves. Tout est regard dans ce livre. Celui émerveillé que l'on porte sur une oeuvre d'art, morceau d'éternité et désespéré que Théo porte sur la vie: "Parce que la vérité, c'est que la vie est une catastrophe [...] mieux vaut ne jamais être né que d'être né dans ce cloaque."

Des pages sublimes sur l'irréversible, l'amour impossible, le vice et le mensonge et la quête d'une consolation dans l'art... Parfois, c'est si émouvant, qu'on se surprend à relire tel ou tel passage pour en admirer la finesse et la justesse.

Vous serez bluffés par la force de survie de ce jeune homme, et ne manquerez pas d'être ébahis par les multiples facettes des personnages qu'il va croiser : une mère fusionnelle, des pères absents, une famille mondaine que la vie va briser...

Même si on ne lisait que la première partie du Chardonneret, elle serait déjà, à elle seule, un roman inoubliable!

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 13:33

Vous est-il arrivé de lire une inscription funéraire et d'imaginer la vie de celui qu'elle évoquait ? 

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C'est la belle idée littéraire de "Dix rêves de pierre". Blandine le Callet s'est inspirée d'épitaphes authentiques pour inventer les derniers mois des défunts pour qui elles avaient été gravées.

L'auteure y confie qu' "Elle a toujours aimé cette rêverie des cimetières, cette mélancolie qui l'étreint en lisant les noms, les dates et en imaginant toutes ces vies éteintes."  

Elle les ranime avec beaucoup de talent. Ses dix nouvelles suivent un ordre chronologique, de l'Antiquité à nos jours et racontent les destinées de personnages très différents : esclave affranchi, Dame du Moyen-Âge, amants scandaleux, mère indigne ...Tous sont rendus attachants par leur mort inéluctable mais aussi par ce que nous découvrons de leur vie. L'auteure relate avec réalisme le quotidien de ses personnages et décrit à merveille leurs sentiments.

Les récits sont courts et, comme dans les meilleures histoires dont on connait la fin, on éprouve tout de même l'envie de savoir comment cela va se passer. Documenté ce recueil offre un moment de lecture passionnant sans sombrer dans le morbide. Bien au contraire, il évoque la vie, l'amour, les espoirs et les peines de l'existence. Un ouvrage humain et très bien écrit !

Nota bene : Un personnage étonnant apparaît dans chaque nouvelle. Je vous le laisse découvrir...

Blandine le Callet a également écrit deux romans, "Une pièce montée" et "La ballade de Lila K". Tous deux ont connu le succès et été primés par les lecteurs.

 

Inès-Marie

 

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:57

Un "roman" dérangeant!


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On ne choisit pas sa famille et pour Eddy la sienne est un cauchemar quotidien. Il vit en Picardie profonde avec une mère bête et fatiguée, un père alcoolique et violent, des frères et soeurs promis aux mêmes destinées que les abrutis de leur village.

Ses manières de fille en font la victime désignée de l'incompréhension des siens et des brimades de ses camarades. Eddy paye au prix fort sa différence et le récit des souffrances qu'il subit est oppressant.

C'est brut, cru, cul et cruel !

 

L'intérêt sociologique de ce récit est indéniable : Edouard Louis dresse le portrait au vitriol d'un pan de la société française où règne la misère sociale, intellectuelle et culturelle. Si l'on n'ignore pas qu'elle existe, elle est ici décrite de l'intérieur avec la télé qui braille du matin au soir, la promiscuité malodorante et la faim qui serre les estomacs dès le milieu du mois. L'alcool, l'intolérance et la bêtise y coulent à flot. C'est Zola sur fond de chomage en lieu et place du travail dans les mines. Sauf quici, l'auteur n'aiment pas ses héros qui l'ont trop fait souffrir.


C'est justement là que le bât blesse pour moi. Ce roman n'en est pas un ; c'est une autobiographie hypocritement appelée "autofiction" et si Eddy n'est pas responsable d'être né homosexuel dans cette famille ; les siens le sont-ils d'être pauvres et victimes de leur milieu ?

Ce brouillage entre roman et autofiction sociologique a deux conséquences. D'abord, le lecteur ne sait pas quels épisodes sont réels et lesquels, nés de sa souffrance, sont recréés. De plus, on se dit que paradoxalement, fuir ce milieu aura permis à Eddy de devenir Edouard, de réussir de brillantes études puis dans l'édition mais qu'à aucun moment lui, ne le reconnaît ayant choisi le parti de la rancoeur.

Face au succès de son premier roman, il aurait selon moi dû rétablir cette frontière entre réalité et fiction.

 

Reste un récit fort qui se lit aisément et qu'éclairent ses premières lignes : "De mon enfance, je n'ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais durant ces années, je n'ai éprouvé de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n'entre pas dans son système, elle le fait disparaître."

 

 

Inès-Marie

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 16:06
La couronne verte, de Laura Kasischke (****)
Les aventures de 2 jeunes filles en Summer break au Mexique. Hésitant entre les débordements de jeunes occidentaux dans un pays étranger, et  les visites  culturelles et fascinantes de sites antiques, elles ne sont pas au bout de leurs surprises.

Nous avons beaucoup parlé ces derniers mois de cette auteure américaine, sur notre site...  Si les avis sont partagés, je gage que ce roman pourrait mettre tout le monde d'accord. En effet, il me semble que ce roman fait la synthèse de la 1ère époque de cette auteure, après 3 romans qui, chacun, ciblait la vie des jeunes adultes américains (notamment les filles), tout juste avant de passer à l'âge adulte.

Laura Kasischke excelle dans l'évocation de cette période de la vie, entre adolescence et âge adulte, l'âge où tout est possible, lorsqu'on reste si influencé par nos figures familiales, tout en voulant s'en détacher, l'âge des amitiés encore indéfectibles,  l'âge où l'amour fait rêver sans qu'on soit bien sûr  : se donner tout à fait ?  à qui? à la bonne personne?

Passant de fêtes en fête, partageant leurs joies, leurs surprises et leurs hésitations, nos 2 jeunes filles, loin de leur famille, vont croiser sur quelques jours, toutes sortes de gens, sans toujours arriver à fixer leur jugement sur ce qui leur arrive.

Ainsi,le danger rôde et l'inquiétude s'insinue en nous, sans que l'on sache vraiment pourquoi.

Un style apparemment simple, mais sûrement éminemment subtil, qui force l'admiration.

Un livre qui m'a laissée pantoise, et que je recommande à toutes.

Binh

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