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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 18:55
Les gens heureux lisent et boivent du café* d'Agnès Martin-Lugand

Un si joli titre !

Diane perd son mari et sa fille dans un accident de voiture. Elle part en Irlande ne supportant plus le vide de sa vie.

Et là, bien sûr ! Elle s'installe dans un charmant (et sauvage) cottage à côté de celui d'un (non moins sauvage) ténébreux voisin photographe.

Tout est téléphoné dans cette histoire digne d'un "bon Harlequin" ou d'un mauvais Gavalda. L'auteure a le don de gâcher les passages émouvants avec des maladresses à répétition : dialogues ineptes et descriptions plates. De même elle enchaîne les clichés quand elle ne verse pas dans les incohérences.

Seul avantage, il se lit vite sans efforts dans une gare ou sur la plage. La déception est d'autant plus grande que le titre et la couverture étaient prometteurs !

Eveline et Inès-Marie

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 14:02
Héloïse, ouille !** de Jean Teulé

Mythe, amour et obscénités.

Jean Teulé dont on connait le talent, se saisit du mythe d'Héloïse et Abélard façon porno moyenâgeux. Tout d'abord, on s'en amuse car le bougre sait y mettre de l'entrain et force expressions qui font sourire : "Il la hurtebille à la sauvage" ; "polissonne la bagasse, bélute la donzelle" et caetera ... Mais déjà on s'en lasse, car la chair est vite triste quand nuls mots d'amour ne l'accompagnent. Abélard, un vieux cochon ? Héloïse, une sacrée chaudasse ? Soit, mais il aurait fallu que "la amour" ne disparaisse pas totalement de ces pages pour qu'elles soient vraiment réussies.

Finalement, le mythe s'en trouve plus abîmé qu'enrichi et c'est la seconde partie -quand Abélard a perdu les siennes- qui m'a le plus intéressée.

En effet, pour peu qu'on aime le Moyen Âge et qu'on soit avide d'apprendre, ce roman est riche en enseignements. Tant sur la vie quotidienne que sur le parcours extraordinaire de ces deux amants. Lui, philosophe, orateur adulé de ses élèves et elle, aussi belle qu'intelligente et cultivée. Lui, moderne dans son analyse du christianisme et elle, dans son refus des conventions comme du mariage.

Pourtant, ils se marieront à la naissance de leur enfant, puis s'enfermeront dans une vie religieuse. Abélard exigeant (puisqu'il y est obligé) qu'elle en fasse autant. Héloïse sort d'ailleurs grandie de ce roman. Tout ce qu'elle accomplit jusqu'au sacrifice, elle le fait par amour de lui.

Quant à Jean Teulé, ses mots savent redevenir magnifiques pour décrire leur fin : "Aucune histoire d'amour ne touchera davantage la folie des amants, le cœur des amoureux. Elle se répandra dans toutes les étreintes, deviendra le chant populaire de ceux qui se tiennent par la main, la langue secrète qui se mêle à celles s'enlaçant en des baisers. Elle sera le cri sourd des solitaires, leur rumeur rêveuse qui plane au-dessus d'eux comme de l'espérance."

Inès-Marie

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 16:45
Le village de l'Allemand**** ou le journal des frères Schiller de Boualem Sansal

Rachel et Malrich sont deux frères nés « au bled », naturalisés français depuis des années. Leurs parents, mère Algérienne et père Allemand, sont restés en Algérie.

Après le suicide de Rachel, Malrich « hérite » du journal de son frère, et apprend le massacre par le GIA d'une partie de la population d'Aïn Deb ainsi que le passé de leur père pendant la Seconde Guerre Mondiale, et son rôle actif dans l'extermination de masse.

« Sommes-nous comptables des crimes de nos pères... ?»

Rachel vit une descente aux enfers dans sa quête de ce que fut l'histoire de son père à travers la Shoah, et s'estime responsable et coupable d'être le fils de Hans Schiller, officier SS.

Malrich lui aussi a une véritable prise de conscience, vivant dans une banlieue où l'Imam est tout puissant (il a failli partir faire le djihad) et fait le parallèle entre l'islamisme radical et le nazisme.

Le tout appuyé par la réflexion de Primo Levi dans « Si c'est un homme ».

Un roman basé sur une histoire authentique, très bien construit avec les journaux des deux frères qui se croisent.

J'espère vous avoir donné envie de lire cette belle et cruelle histoire, malheureusement d'actualité!

«À ce train, dit un personnage,parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles.»

Eveline

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 16:47
Pardonnable, impardonnable*** de Valérie Tong Cuong

Un accident de vélo et tout bascule...

Milo 12 ans fonce, il fait la course avec sa tante qui le garde et c'est la chute, le trauma crânien.

Alors qu'il lutte pour la vie, sa famille réunie à son chevet vole en éclats. Lino son père, Céleste sa mère, Jeanne sa grand-mère et Marguerite désignée comme coupable idéale. Si tous ont des raisons de lui en vouloir pour ce drame, chacun a aussi des raisons de s'en vouloir. Et au cours des cinq parties de ce récit : la colère, la haine, la vengeance, l'amertume et le pardon, ils vont régler leurs comptes avec le passé et entre eux.

L'auteure leur donne tour à tour la parole et d'aveux en révélations, la complexité de leurs relations s'éclaire ainsi que leur histoire personnelle. Pourquoi Lino se réfugie-t-il dans l'exigence et l'alcool ? Pourquoi Céleste n'est que bonté réparatrice ? Pourquoi Jeanne est-elle incapable d'aimer sa propre fille ? Pourquoi Marguerite ment-elle ?

L'amour qu'ils portent à Milo les oblige à casser le faux ciment qui les unissait et à cesser les faux-semblants.

" ... il faut se méfier de l'euphorie. Elle nous transporte loin des monstres qui nous hantent, loin des dangers qui guettent, si loin qu'on ne revient jamais les affronter. On se croit tiré d'affaire, passé à autre chose. On décrète les dossiers classés, tandis qu'ils nous consument lentement."

L'auteure décrit avec justesse la psychologie des personnages. Son écriture est fluide et efficace. Elle permet de s'identifier à eux ou tout au moins d'appréhender leur complexité. Pour ma part, j'ai été sensible à la relation entre Marguerite et son neveu Milo et par ce qui explique la fragilité de cette jeune femme.

Un roman qui se lit avec l'urgence de comprendre et l'envie de savoir.

Inès-Marie.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 11:11
En cette journée mondiale de la femme...

En cette journée mondiale de la femme...

"PARIS. On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1m55, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M et Mme Bruder, 41 boulevard Ornano, Paris."

Bien avant de recevoir le Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano a été récompensé par le Goncourt en 1997 pour cet ouvrage inclassable qu'est Dora Bruder: à la fois enquête, chronique, autobiographie et roman tout de même, un peu...

Souvent Modiano, écrivain de la mémoire comme cela a été répété à l'automne dernier, mêle ses propres souvenirs à la fiction pour parler de ses deux sujets de prédilection: la seconde guerre mondiale, ses "effets" et Paris.

Dora Bruder a ceci de différent qu'elle est le sujet de toute une vie d'écriture. Dora hantait Modiano avant même qu'il puisse la nommer. Peut-être le hantera-t-elle toujours? L'auteur tombe complètement par hasard en 1988 sur cette petite annonce publiée le 31.12.1941 dans Paris Soir, nous sommes en 1996, il a grandi dans ce quartier proche de la Porte de Clignancourt, il connaît cette adresse: la connexion est faite.

Modiano va mettre des années à retrouver la trace de Dora Bruder et ne pouvant rédiger la chronique de l'année 1942, il va tout d'abord lui inventer une vie dans Voyage de Noces. Au fil du temps et de ses découvertes ce roman exceptionnellement fictif -par la force des choses- va devenir l'oeuvre qui fera de Dora une sorte d'Anne Frank française.

Dora malheureusement n'a pas laissé de touchant testament...

"J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau . C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps -tout ce qui vous souille et vous détruit- n'auront pas pu lui voler."

Ce livre révélation -à défaut d'être un témoignage direct- est également un document très riche sur le fonctionnement de l'Etat français sous le régime de Vichy et sur le Paris de l'Occupation.

Isabelle-Sabine

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 11:21
L'amour et les forêts**** d'Eric Reinhardt

Bénédicte Ombredanne écrit à l'auteur pour lui dire que son précédent livre a changé sa vie. Dérogeant à ses habitudes, celui-ci accepte de rencontrer une lectrice et devient le confident de sa détresse.

Professeur agrégée de lettres, mère d'une adolescente et d'un jeune garçon, elle subit un mari pervers qui l'humilie quotidiennement. Deux ans auparavant, elle s'est offert un après-midi de liberté amoureuse qui a marqué le début d'une descente aux enfers plus vertigineuse encore...

C'est le récit d'une femme qui se débat mais que la honte - comment avouer qu'on est victime de harcèlement ? - autant que son mari fou furieux entraînent dans une spirale d'isolement et d'égarement.

Le style d'Eric Reihnardt est dense (parfois trop) mais on lui pardonne dès qu'il se met en retrait. D'ailleurs, le lecteur n'a qu'un désir : saisir la main de Bénédicte et l'accompagner. Il se retrouve happé avec elle, broyé comme elle, emporté au fil des pages jusqu'aux dernières qui éclairent tout un pan de sa personnalité et vous laissent choqué, bouleversé, à terre.

"L'amour et les forêts" offre de belles pages sur l'écriture, quelques unes drôles et d'autres très crues. Mais surtout, il décrit avec justesse sans pathos la pire des violences.

Un roman qui devient sublime puisqu'il s'offre à la réalité pour la retranscrire dans toute sa fragilité et sa complexité.

Inès-Marie

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 10:07
Le rapport de Brodeck****de Philippe Claudel
Je m'appelle Brodeck, et je n'y suis pour rien. Brodeck c'est mon nom. De grâce, souvenez vous. Brodeck.

Ce roman, du très talentueux Philippe Claudel, date un peu, certes, mais mérite qu'on y revienne. Il clôt une trilogie initiée avec les Âmes grises en 2003 et poursuivie avec La petite fille de Monsieur Linh en 2005.

Le thème central, longuement exploré par l'auteur, est le rapport d'une société à son passé, trouble en l'occurrence. Ici, sans jamais juger ses personnages même les plus cruels, Claudel va réussir à nous expliquer par le truchement du "rapport" de Brodeck, l'inacceptable.

Il est difficile d'aller plus loin sans risquer de dévoiler les ressorts de cet étrange livre dédié à ce qu'il y a de plus noir et de plus humain, finalement, dans l'âme humaine.

On est comme happé par une "inquiétante étrangeté" dès les premières lignes du roman. Cet incipit est un modèle du genre. On ne sait pas où l'on est et pourtant de nombreux détails sur le village, sont donnés. On ne sait pas encore ce qu'il vient de se passer mais on le devine intuitivement au seul nom du personnage central -double de Brodeck: narrateur-personnage-, l'Anderer -l'altérité fondamentale-, dont le nom ne sera jamais dit ni ce qu'il a subi: l'Erigniës -la chose qui s'est passée-. Cet homme va disparaître comme s'il n'avait jamais existé. Quand et surtout pourquoi, c'est ce qu'il faut découvrir en lisant le roman.

Encore une fois Claudel va revenir sur l'Histoire en emboîtant des petites histoires qui tomberaient dans l'oubli voire même ne sortiraient jamais du Néant, si ce n'est que les secondes sont toujours nécessaires pour éclairer la première.

Isabelle-Sabine

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 18:09
Edité également chez Pocket

Edité également chez Pocket

En 1985, à New York, Greta vient de perdre son frère jumeau. Fragilisée par ce deuil et par la rupture avec Nathan (qu'elle n'a pas su retenir), elle entreprend un traitement par électrochoc qui la fait "voyager" à travers plusieurs époques : 1918 et la fin de la 1ère Guerre Mondiale, 1941 et les prémices de la seconde Guerre Mondiale (le bombardement d'Hiroshima), puis 1985, ainsi de suite jusqu'à la dernière séance, puis ...

A travers ces époques (et les modes de vies, la place des femmes dans ces sociétés si proches de nous et pourtant...), c'est l'occasion pour elle de retrouver celles et ceux qui font son monde "réel" et qu'elle aime: son frère, son amant, sa fidèle tante Ruth qui partage son secret.

Une belle histoire d'amour à travers les âges, qui se traîne à mon avis un peu trop en "langueur", volonté certes de l'auteur, mais qui aurait mérité un peu plus de dynamisme.

De très jolis moments de lecture cependant, grâce (pour moi) à Ruth en observatrice avisée.

"Vous êtes toutes pareilles, les Greta. Vous essayez d'améliorer la situation, quoi qu'il vous en coûte. (......) On a tous quelqu'un qu'on veut sauver du naufrage, n'est ce pas ?"

Eveline

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 11:22
L'Enfant Océan**** de Jean-Claude Mourlevat

Le Petit Poucet dans une version moderne.

Un roman jeunesse plébiscité par mes élèves et par tous les adultes à qui j'en ai parlé.

L'auteur revisite le conte de Perrault. Yann, 10 ans est le souffre douleur de ses parents et entraîne ses six frères dans une fugue vers l'océan.

Des chapitres courts qui sont autant de témoignages des protagonistes de cette aventure et de ceux qui les croisent : chauffeur routier, assistante sociale, boulangère, ...

Dans un style familier, un cadre réaliste et socialement défavorisé, cette histoire vous touchera et permettra de partager avec vos enfants (dès la sixième) des discussions sur des thèmes sérieux.

Mes élèves ont aimé : les péripéties nombreuses, l'écriture, le personnage de Yann, la fin qui est belle et donne lieu à deux interprétations possibles. Eux, ont adopté la positive et je leur fais confiance !

Inès-Marie

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:11

Encore un bon Mo !

Deux jours accrochée à ces "Viscères" et j'en ressors une nouvelle fois admirative du talent de Mo Hayder.

visceres

Quinze ans après les meurtres barbares de deux adolescents, le cauchemar renaît pour la famille Anchor-Ferrers. Bien que le fou furieux qui les a avoués soit en prison, Olie, Matilda et leur fille Lucia replongent dans la terreur.

Mené tambour -et coeur du lecteur- battants, le récit de ces 5 jours est d'une tension extrême.

Il y a ce qui se déroule aux Tourelles, maison de campagne des Anchor-Ferrers dans le Somerset, entre effroi et rebondissements à la chaîne et l'enquête de Jack Caffery que la découverte d'une petite chienne pourrait conduire à eux à temps pour les sauver.

Ce même Caffery, avec lequel depuis Birdman, Skin et Proies, nous partageons l'espoir de réponses sur la disparition de son petit frère quand il avait 9 ans. Il en aura ici qui rendent les dernières pages du livre émouvantes.

Mo Hayder comme toujours ne néglige aucun personnage. Elle a un don véritable pour donner, même aux protagonistes secondaires, une épaisseur psychologique. Quant à l'intrigue, elle ne nous laisse aucun répit jusqu'aux dernières pages. On croit en être à la dernière révélation mais la dame en a encore sous les touches du clavier!

Ne pas en dire trop donc, si ce n'est que pire que les viscères, finalement vite "digérées", c'est une autre laideur qui répugne en refermant ce livre.

Inès-Marie

Le titre anglais "Wolf" est moins gore et le traducteur a un goût prononcé pour le verbe "arguer" mais je chipote... 

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