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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 19:31
Eldorado** de Laurent Gaudé

Le commandant Salvatore Piracci sillonne les mers pour sauver des clandestins voyageant sur des bateaux de fortune, victimes de passeurs sordides cherchant à se faire un maximum d'argent au mépris de la vie humaine. Après les avoir sauvés de la noyade il emmène ces hommes et ces femmes sur l'île de Lampedusa d'où ils seront renvoyés vers leurs pays d'origine au bout de quelques jours. Suite à un événement particulièrement marquant, le commandant se pose des questions sur le paradoxe de son rôle ; en sauvant des vies il les brise aussi en les privant de leur "Eldorado".

Une très belle histoire, tragique et malheureusement d'actualité, ............ mais sur le papier !

Rapidement des invraisemblances énormes apparaissent, auxquelles je n'ai pas adhéré.

Il me reste les paroles d'un inconnu rencontré sur le cimetière de Lampedusa :"Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. L'Eldorado, ils l'avaient au fond des yeux, ils l'ont voulu jusqu'à ce que leur embarcation se retourne. En cela, ils ont été plus riches que vous et moi."

Eveline

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 21:39
Comédie des apparences*** de Jean-Denis Bredin

"Ils ne vivent pas, affirma l'un, ils font semblant, ... - Vous vous trompez, objecta l'autre, ils poursuivent leurs rêves, ils chérissent leurs illusions, ... "

Voilà une belle entrée en matière pour ce recueil de nouvelles ! En effet, le fil conducteur de ces histoires est l'apparence ; celle que l'on veut se donner (se donner un genre), et celle que l'on veut montrer aux autres. Les personnages, quelle que soit l'époque dans laquelle ils évoluent, sont soucieux de leur image même si certains s'en défendent ...

J'avoue que le "de l'Académie française" m'a fait un peu peur, à tort. Je me suis laissée porter par une écriture fluide et des destins vrais, drôles ou pathétiques parfois, mais toujours avec la bienveillance de l'auteur. Mes préférés : Innocent, La fille au vélo noir, Vie de rien.

"Semblants de vie, répéta le premier, comédie des apparences. -Vraies vies, assura le second, tristes tragédies de la vie."

Et vous, êtes vous l'un, ou l'autre ?

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 10:12
Miniaturiste**** de Jessie Burton

Tout ce qu'on aime dans un roman!

Nella Oortman, dix-huit ans épouse un riche marchand d'âge mûr et s'installe dans sa demeure à Amsterdam. Là, vivent Johannes Brandt, sa sœur Marin, Otto un serviteur noir et Cornelia la domestique très attachée à la famille.

Son mari lui offre une maison de poupée, exacte reproduction de son nouveau foyer. Nella fait alors appel à une miniaturiste pour la décorer. Mais bientôt, elle reçoit miniatures et figurines qu'elle n'a pas commandées et qui semblent connaitre les secrets et l'avenir de la maisonnée.

La distance de son époux, la froideur de sa belle-soeur, tout a une raison d'être. C'est ce que l'héroïne découvre au fil des événements. Ceux-ci frappant de plus en plus durement. Avec intelligence et bonté, Nella les affronte faisant preuve d'une modernité qui n'a d'égale que la rigueur de cette société hollandaise du dix-septième siècle compassée dans le protestantisme et dominée par le pouvoir des guildes.

Jessie Burton dont c'est le premier roman, s'est inspirée d'une maison de poupée de cette époque exposée au Rijksmuseum. L'histoire qu'elle a imaginée est à la fois originale et très bien écrite : un véritable souffle romanesque habite ce livre et ses descriptions sont remarquables. Dès les premières pages, nous sommes dans l'église avec Nella et cette écriture visuelle et sensible ne se démentira pas jusqu'à la fin.

Les critiques ont d'ailleurs comparé ce roman à "La jeune fille à la perle" de Tracy Chevalier.

Un voyage dans le temps, un véritable attachement aux personnages. Une belle lecture que je vous recommande.

Inès-Marie

Traduit de l'anglais par Dominique Letellier.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 23:30
L'enfant de la neige*** de Henri Gougaud

Au XIIIème siècle, à Pamiers, en Languedoc, Jauffré, fils adoptif du prieur Aymar, revient au pays. Il retrouve Thomette, sa nourrice, et son frère de lait Alexis. Il a quitté une vie tracée pour lui par son "père" pour devenir troubadour.

Alors qu'il revisite les lieux de son enfance, il se trouve, par la découverte d'un manuscrit hérétique, au cœur d'une énigme où se mêlent le mystère de sa naissance et l'Inquisition (encore présente dans cette région Cathare), et les rôles qu'y jouèrent les personnes autour de lui, à commencer par l'abbé Aymar.

Une enquête envoûtante, inquiétante parfois en ces temps troublés du Moyen Âge, où les personnages révèlent peu à peu leurs vraies natures, leurs forces et leurs faiblesse.

Jauffré Le Trouvé trouvera (dans la douleur parfois) les réponses à ses questions. Il rencontrera aussi l'amour...

Une bien belle histoire, écrite comme un conte par H Gougaud, écrivain, mais aussi poète, "homme qui chante", et ...conteur.

Eveline

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 19:46
Demain j'aurai vingt ans*** d'Alain Mabanckou

Michel est un petit garçon de 10 ans dans le Congo des années 1970, ce pays qui vit ses premières années d'indépendance sous la houlette de son charismatique chef marxiste, "l'immortel Marien Ngouabi".

Son père adoptif, papa Roger, partage sa vie entre maman Pauline qui n'a qu'un fils, Michel, et maman Martine qui, elle a cinq enfants. Il y a tonton René, un communiste qui chérit Engels et Marx mais qui possède tous les biens d'un "capitaliste", l'ami de toujours Lounès et sa sœur Caroline dont il est amoureux. D'autres personnages attachants et hauts en couleur font également partie du monde de Michel.

A travers des chapitres courts et le regard enfantin de Michel, nous assistons à ce que fut l'Histoire de cette période : le renversement du Chah d'Iran par L'Ayatollah Khomeyni, l'affaire des diamants de Bokassa, la fuite du président Idi Amin Dada,... Nous découvrons aussi la mentalité africaine, ses croyances, ses rites comme l'importance de la fertilité ou la normalité de la polygamie. Et nous partageons sa vie de tous les jours ponctuée par les jeux, les rires avec ses amis.

Un roman naïf, touchant et drôle, comme l'enfance ; instructif et grave comme la vie.

Eveline

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 18:55
Les gens heureux lisent et boivent du café* d'Agnès Martin-Lugand

Un si joli titre !

Diane perd son mari et sa fille dans un accident de voiture. Elle part en Irlande ne supportant plus le vide de sa vie.

Et là, bien sûr ! Elle s'installe dans un charmant (et sauvage) cottage à côté de celui d'un (non moins sauvage) ténébreux voisin photographe.

Tout est téléphoné dans cette histoire digne d'un "bon Harlequin" ou d'un mauvais Gavalda. L'auteure a le don de gâcher les passages émouvants avec des maladresses à répétition : dialogues ineptes et descriptions plates. De même elle enchaîne les clichés quand elle ne verse pas dans les incohérences.

Seul avantage, il se lit vite sans efforts dans une gare ou sur la plage. La déception est d'autant plus grande que le titre et la couverture étaient prometteurs !

Eveline et Inès-Marie

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 14:02
Héloïse, ouille !** de Jean Teulé

Mythe, amour et obscénités.

Jean Teulé dont on connait le talent, se saisit du mythe d'Héloïse et Abélard façon porno moyenâgeux. Tout d'abord, on s'en amuse car le bougre sait y mettre de l'entrain et force expressions qui font sourire : "Il la hurtebille à la sauvage" ; "polissonne la bagasse, bélute la donzelle" et caetera ... Mais déjà on s'en lasse, car la chair est vite triste quand nuls mots d'amour ne l'accompagnent. Abélard, un vieux cochon ? Héloïse, une sacrée chaudasse ? Soit, mais il aurait fallu que "la amour" ne disparaisse pas totalement de ces pages pour qu'elles soient vraiment réussies.

Finalement, le mythe s'en trouve plus abîmé qu'enrichi et c'est la seconde partie -quand Abélard a perdu les siennes- qui m'a le plus intéressée.

En effet, pour peu qu'on aime le Moyen Âge et qu'on soit avide d'apprendre, ce roman est riche en enseignements. Tant sur la vie quotidienne que sur le parcours extraordinaire de ces deux amants. Lui, philosophe, orateur adulé de ses élèves et elle, aussi belle qu'intelligente et cultivée. Lui, moderne dans son analyse du christianisme et elle, dans son refus des conventions comme du mariage.

Pourtant, ils se marieront à la naissance de leur enfant, puis s'enfermeront dans une vie religieuse. Abélard exigeant (puisqu'il y est obligé) qu'elle en fasse autant. Héloïse sort d'ailleurs grandie de ce roman. Tout ce qu'elle accomplit jusqu'au sacrifice, elle le fait par amour de lui.

Quant à Jean Teulé, ses mots savent redevenir magnifiques pour décrire leur fin : "Aucune histoire d'amour ne touchera davantage la folie des amants, le cœur des amoureux. Elle se répandra dans toutes les étreintes, deviendra le chant populaire de ceux qui se tiennent par la main, la langue secrète qui se mêle à celles s'enlaçant en des baisers. Elle sera le cri sourd des solitaires, leur rumeur rêveuse qui plane au-dessus d'eux comme de l'espérance."

Inès-Marie

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 16:45
Le village de l'Allemand**** ou le journal des frères Schiller de Boualem Sansal

Rachel et Malrich sont deux frères nés « au bled », naturalisés français depuis des années. Leurs parents, mère Algérienne et père Allemand, sont restés en Algérie.

Après le suicide de Rachel, Malrich « hérite » du journal de son frère, et apprend le massacre par le GIA d'une partie de la population d'Aïn Deb ainsi que le passé de leur père pendant la Seconde Guerre Mondiale, et son rôle actif dans l'extermination de masse.

« Sommes-nous comptables des crimes de nos pères... ?»

Rachel vit une descente aux enfers dans sa quête de ce que fut l'histoire de son père à travers la Shoah, et s'estime responsable et coupable d'être le fils de Hans Schiller, officier SS.

Malrich lui aussi a une véritable prise de conscience, vivant dans une banlieue où l'Imam est tout puissant (il a failli partir faire le djihad) et fait le parallèle entre l'islamisme radical et le nazisme.

Le tout appuyé par la réflexion de Primo Levi dans « Si c'est un homme ».

Un roman basé sur une histoire authentique, très bien construit avec les journaux des deux frères qui se croisent.

J'espère vous avoir donné envie de lire cette belle et cruelle histoire, malheureusement d'actualité!

«À ce train, dit un personnage,parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles.»

Eveline

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 16:47
Pardonnable, impardonnable*** de Valérie Tong Cuong

Un accident de vélo et tout bascule...

Milo 12 ans fonce, il fait la course avec sa tante qui le garde et c'est la chute, le trauma crânien.

Alors qu'il lutte pour la vie, sa famille réunie à son chevet vole en éclats. Lino son père, Céleste sa mère, Jeanne sa grand-mère et Marguerite désignée comme coupable idéale. Si tous ont des raisons de lui en vouloir pour ce drame, chacun a aussi des raisons de s'en vouloir. Et au cours des cinq parties de ce récit : la colère, la haine, la vengeance, l'amertume et le pardon, ils vont régler leurs comptes avec le passé et entre eux.

L'auteure leur donne tour à tour la parole et d'aveux en révélations, la complexité de leurs relations s'éclaire ainsi que leur histoire personnelle. Pourquoi Lino se réfugie-t-il dans l'exigence et l'alcool ? Pourquoi Céleste n'est que bonté réparatrice ? Pourquoi Jeanne est-elle incapable d'aimer sa propre fille ? Pourquoi Marguerite ment-elle ?

L'amour qu'ils portent à Milo les oblige à casser le faux ciment qui les unissait et à cesser les faux-semblants.

" ... il faut se méfier de l'euphorie. Elle nous transporte loin des monstres qui nous hantent, loin des dangers qui guettent, si loin qu'on ne revient jamais les affronter. On se croit tiré d'affaire, passé à autre chose. On décrète les dossiers classés, tandis qu'ils nous consument lentement."

L'auteure décrit avec justesse la psychologie des personnages. Son écriture est fluide et efficace. Elle permet de s'identifier à eux ou tout au moins d'appréhender leur complexité. Pour ma part, j'ai été sensible à la relation entre Marguerite et son neveu Milo et par ce qui explique la fragilité de cette jeune femme.

Un roman qui se lit avec l'urgence de comprendre et l'envie de savoir.

Inès-Marie.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 11:11
En cette journée mondiale de la femme...

En cette journée mondiale de la femme...

"PARIS. On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1m55, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M et Mme Bruder, 41 boulevard Ornano, Paris."

Bien avant de recevoir le Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano a été récompensé par le Goncourt en 1997 pour cet ouvrage inclassable qu'est Dora Bruder: à la fois enquête, chronique, autobiographie et roman tout de même, un peu...

Souvent Modiano, écrivain de la mémoire comme cela a été répété à l'automne dernier, mêle ses propres souvenirs à la fiction pour parler de ses deux sujets de prédilection: la seconde guerre mondiale, ses "effets" et Paris.

Dora Bruder a ceci de différent qu'elle est le sujet de toute une vie d'écriture. Dora hantait Modiano avant même qu'il puisse la nommer. Peut-être le hantera-t-elle toujours? L'auteur tombe complètement par hasard en 1988 sur cette petite annonce publiée le 31.12.1941 dans Paris Soir, nous sommes en 1996, il a grandi dans ce quartier proche de la Porte de Clignancourt, il connaît cette adresse: la connexion est faite.

Modiano va mettre des années à retrouver la trace de Dora Bruder et ne pouvant rédiger la chronique de l'année 1942, il va tout d'abord lui inventer une vie dans Voyage de Noces. Au fil du temps et de ses découvertes ce roman exceptionnellement fictif -par la force des choses- va devenir l'oeuvre qui fera de Dora une sorte d'Anne Frank française.

Dora malheureusement n'a pas laissé de touchant testament...

"J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau . C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps -tout ce qui vous souille et vous détruit- n'auront pas pu lui voler."

Ce livre révélation -à défaut d'être un témoignage direct- est également un document très riche sur le fonctionnement de l'Etat français sous le régime de Vichy et sur le Paris de l'Occupation.

Isabelle-Sabine

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